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A la une / Dossier

Après les vacances, les algériens rentrent chez eux

Ces arnaques, escroqueries et tromperies qui gâchent nos rêves

Ignorants leurs droits, les vacanciers sont confrontés à des abus de tous genres. © Liberté

Les vacances d’été tirent à leur fin et nos vacanciers, que ce soit ceux ayant choisi l’Algérie comme destination ou ceux ayant opté pour d’autres cieux, sont de retour chez eux.

Si les uns, l’espace de leurs vacances, ont pu vivre leurs rêves, d’autres, par contre, ne sont pas près d’oublier un vol raté, un bagage perdu, une chambre d’hôtel réservée mais trouvée non disponible, une excursion annulée alors qu’ils l’avaient bien payée dans le forfait, un appartement loué et qui s’avéra être un vide sanitaire, … Enfin toutes ces tracasseries que l’on rencontre durant les vacances.
Si ce type de mauvaises surprises n’est pas le propre de l’Algérie, il reste à savoir si le touriste algérien dispose d’un minimum de protection en sa qualité de consommateur comme c’est  la tendance ailleurs avec la montée du consumérisme. Les pouvoirs publics algériens, à travers l’armada des textes sur le tourisme, l’hôtellerie, le transport aérien, le commerce et la concurrence, assurent-ils un minimum de protection à leurs citoyens touristes ?                                      
L’essentiel des Algériens partent en vacances en formules libres en recourant à l’hébergement chez l’habitant ou en formules organisées par le biais des agences de voyages. À travers ce dossier, Liberté essaie d’aider l’opinion à se faire une idée sur la capacité des textes régissant l’hébergement chez l’habitant, le transport aérien et l’activité d’agent de voyages à protéger le consommateur algérien.
       
Des milliers de vacanciers hébergés chez l’habitant sans aucune protection
Pour des raisons à la fois socioéconomiques et culturelles, l’hébergement chez l’habitant a toujours existé en Algérie avec des moments de gloires dans les années 1970-1980.  Cette formule d’hébergement est le propre aussi bien des localités du Grand Sud que des villes de la côte. Et à l’inverse de certaines idées reçues, elle n’a pas été adoptée par les Algériens pour juste suppléer le manque en lits d’hôtels mais, surtout, parce qu’elle répond à leurs attentes en matière de prix et de confort.                                                                                            
Dans nos régions côtières, des quartiers entiers ont été construits grâce à l’activité liée à l’hébergement chez l’habitant. Il s’agit d’un véritable marché avec ses propres lois et règles. Les prix pratiqués dépendent de la période, du nombre de chambres, de l’éloignement par rapport à la mer et de la région du pays.                                                                                                 
Un marché qui a évolué dans le temps en prenant en considération l’amélioration du niveau de vie des vacanciers, la maximisation des recettes par les loueurs et la “standardisation” de l’offre.      
Aujourd’hui, la majorité des hébergements de ce types sont proposés équipés, et la tarification appliquée est à la journée et non au mois, comme ce fut par le passé.
À titre d’exemple, côté prix, un trois pièces à l’est du pays, dans un rayon de 800 mètres de la plage, est cédé à raison d’une moyenne de 5000 dinars par jour. Dans la région ouest de l’Algérie, plus prisée ces dernières années, le prix moyen est de 7000 dinars par jour. Il va de soi que ce type d’hébergement est plus demandé et fréquenté par les vacanciers algériens que l’hébergement en hôtellerie. Or, si cette dernière activité est réglementée, ce n’est pas le cas de l’hébergement chez l’habitant.
La seule tentative des pouvoirs publics d’encadrer ce type d’hébergement remonte à l’année 2012. Trois années après, on assiste à un véritable flop, et les décideurs évitent de dresser le bilan, reconnaître l’échec et changer d’approche.   
Le cadre juridique de 2012 repose sur la déclaration volontaire de l’hébergeur potentiel auprès des services de l’APC territorialement compétente. À ce jour, sur des millions de locations, aucune n’a été signalée sur l’ensemble du territoire, Igmême pour l’honneur comme disent les sportifs. Autrement dit, aucun des millions de vacanciers optant pour ce type d’hébergement, le plus en vogue en Algérie, n’est protégé contre l’arnaque, l’escroquerie et autres risques d’hygiène et de sécurité. 
Il faut     admettre que la circulaire- interministérielle portant hébergement chez l’habitant contient, en elle-même, les causes de sa non- application. Et quand un texte encadrant une activité commerciale n’est pas appliqué, ce sont les droits du consommateur qui sont bafoués.
                                     
Quelles garanties offrent les agences de voyages ?    
Dans le secteur des voyages, la protection  des intérêts du consommateur est assurée par le jeu de trois fondements : Le professionnalisme, la garantie – assurance et la responsabilité.     Toutes les législations du monde en font les trois critères de base pour l’agrément des agents de voyages avec, comme finalité, la protection du client. Qu’en est-il en Algérie ?                          
Pour le volet professionnalisme, en Algérie on peut devenir agent de voyages si l’on dispose d’une formation et/ou d’une ancienneté dans le secteur. À titre d’exemple, une personne qui justifie d’une ancienneté de 10 ans dont 5 années en qualité de cadre dans une agence de voyages, même si elle n’a aucune formation générale de base, peut devenir agent de voyages. 

Autrement dit, dans la règlementation algérienne, le professionnalisme est ramené à l’ancienneté. Or, ancienneté ne veut en aucun cas dire expérience, surtout dans un pays où le tourisme est encore à construire.   
Quand on sait que même dans les pays les plus développés touristiquement, le critère de l’ancienneté n’est plus d’actualité depuis des années, on mesure l’erreur dans laquelle nous pataugeons. Ainsi, étant donné que la formation spécialisée n’est pas l’unique critère d’éligibilité au titre d’agent de voyages, il va de soi que le fondement relatif au professionnalisme n’est pas réuni, en général, chez l’agence de voyages algérienne. Pour le volet garantie financière, selon la règlementation algérienne,  les clients sont protégés contre un éventuel manquement par l’agent de voyages de ses obligations par une garantie financière déposée auprès de sa banque.
Or, cette dernière, tellement insignifiante, elle n’est même pas exigée par les pouvoirs publics depuis des années. Le montant de cette garantie est plafonné à 120 000 dinars algériens, soit l’équivalent de 750 euros. Une somme qui ne suffit même pas pour le paiement d’un Alger – Paris – Alger en haute saison. D’où le fondement relatif à la garantie financière qui n’est pas réuni non plus.                                                                                    
Pour le volet assurance responsabilité, en Algérie, malgré leur pléthore, aucun texte ne définit les contours de cette prime. Pire, on confond cette assurance avec une autre : l’assurance voyages.  Aujourd’hui, l’assurance souscrite par les agents de voyages algériens ne reflète pas les engagements commerciaux de ces derniers,  la rendant juste une formalité.                              
La détermination de la prime est inadéquate avec le volume des engagements. Or, comme pour la garantie financière, le premier élément de détermination de la couverture reste le volume d’affaires de l’exercice antérieur. Et, à ce stade, on peut conclure, aussi, que même le troisième fondement, qu’est la garantie de la responsabilité civile et professionnelle, est absent chez l’agence de voyages algérienne.    
C’est dans ces conditions liées aux voyages libres, à travers le séjour chez l’habitant, et aux voyages organisés par le recours au réseau des agences de voyages que les Algériens passent leurs vacances d’été.   


M. K.


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