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A la une / Dossier

Le ministre Grine avait évoqué “un cercle vertueux” de la presse

Cette éthique à double vitesse

Depuis sa nomination à la tête du ministère de la Communication, Hamid Grine s’est illustré, notamment, par ses multiples sorties ressassant la nécessité de respecter les règles de l’éthique et de la déontologie par la presse. Il avait, dans ce sens, appelé éditeurs et journalistes à adhérer au “cercle vertueux de l’éthique”, pour, disait-il, “arriver à une presse professionnelle”.
En apparence, le projet du 14e ministre de la Communication sous Abdelaziz Bouteflika mérite soutien et encouragements, dans le sens où il définissait les règles d’un métier en proie à de graves dérives éthiques et déontologiques. Mais il n’en demeure pas moins que l’éthique, version Hamid Grine, souffre d’un handicap et d’un problème de taille. Dans le fond, le cercle vertueux proposé par le ministre de tutelle est biaisé, voire même oblique, car, à suivre le ministre, seuls ceux qui ne s’inscrivent pas dans la ligne éditoriale proche du régime en place risquent de paraître réfractaires à toute idée de respect de ces règles.
En l’absence d’un conseil d’éthique et de déontologie, c’est la tutelle qui s’y substitue. L’on assiste, quotidiennement, à des dérives aussi graves les unes que les autres de la part de certains médias, sans pour autant voir l’initiateur du cercle vertueux les rappeler à l’ordre ou sévir contre ces graves atteintes à l’éthique journalistique. Ces médias même s’ils diffament, dénigrent, attentent à l’honneur des autres, ils inscrivent leur ligne éditoriale dans la défense, contre vents et marées, du pouvoir.  Donc, ils sont exempts de tout châtiment, quand bien même leur action s’inscrirait en porte-à-faux du cercle vertueux de notre ministre de la Communication.
Il y a lieu d’ajouter que le ministre avait, pour rappel, défini même les critères sur lesquels “une presse professionnelle” doit être bâtie. Ces critères vont de la ligne éditoriale, qui doit être “indemne des travers et des dérives”, à l’entreprise de presse qui “jouit des conditions d'une gestion saine, moderne et compétitive”, jusqu’au journaliste, lequel ne choisit ni la diffamation ni le dénigrement. Jusque-là, et tant que cela reste dans le domaine du discours, M. Grine est à saluer, sauf que dans la pratique, c’est l’exact contraire du même discours qui est appliqué. Mensonges, diffamations, censures, manipulations… sont des pratiques qui sont légion dans plusieurs journaux et télévisions. Et au-delà de toutes ces pratiques, ce sont ces canaux d’informations qui bénéficient des largesses de l’Anep.
Ces mêmes titres de la presse nationale bénéficient aussi de l’exclusivité. Ministres et autres officiels jouent des coudes pour s’exprimer dans leurs colonnes ou sur leurs plateaux télévisés. Cette éthique à double vitesse et la pratique de la politique des deux poids, deux mesures, dans la gestion de la presse se confirme chaque jour.
L’exclusion de certains titres de la presse nationale de la publicité institutionnelle gérée par l’Anep et les attaques répétées contre les médias intransigeants démentent les “bonnes” intentions du ministre et du cercle vertueux.


M. M.


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