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A la une / Dossier

Hamid Grine, ce ministre qui…(*)

Journaliste, écrivain, ministre en 2014

Hamid Grine, ministre de la Communication. © Louiza Ammi/Archives Liberté

C’est à ce modèle brejnévien et carré de la presse, pilier de son cercle vertueux, que Hamid Grine veut amarrer de force la presse indépendante. À l’ère “avariée” de l’unicité dont il serait probablement l’un des derniers nostalgiques.

Il est atypique. A le génie de se mettre, quelles qu’en soient les circonstances, du côté du plus fort. Avec une disponibilité à servir. Chronique d’une élection pas comme les autres (2004) constituera sa porte d’entrée en politique, quand bien même il est resté fidèle à son style de portraitiste qui démontre sa maîtrise du qualificatif à outrance, jusqu’à l’admiration, et de la rhétorique de cour. Style qu’il exercera d’ailleurs même à Liberté en excellant les traits d’adoration contre rémunération, tout en étant communicant à Djezzy.
Écrivain prolifique entre deux pauses déjeuner, il sera récompensé pour ses œuvres par le prix des libraires, une consécration unique en Algérie pour ce fabriquant de best-sellers.
Son poste-clé à Djezzy lui permettra d’acheter la sympathie des éditeurs (journaux) qui ne ratent aucun de ses chefs-d’œuvre contre quelques encarts de publicité de l’opérateur. Et gare à celui qui se risque à égratigner sa littérature. Certains éditeurs seraient même enclins à le proposer au prix Nobel de littérature.
Mais ce ministre qui… a d’autres ambitions, d’autres préoccupations, son destin littéraire accompli avec, entre autres, invention linguistique à faire rougir les académiciens, “Il ne fera pas long feu”, consacré aux frasques d’un éditeur, un créneau qu’il connaît en ayant maté quelques maquignons de la presse, son destin est bien plus en dessus de cela. Et il s’y attellera jusqu’à l’obsession pour y arriver.
Il y arriva un certain 5 mai 2014 lorsqu’il est nommé ministre, avec à l’entrée son slogan mission : professionnaliser la presse écrite. Cette même presse où il a officié pendant la majeure partie de sa carrière qui ne l’aurait donc jamais été. Et pourquoi la presse écrite uniquement ? Et pourquoi exclusivement la presse écrite privée, a-t-on compris dans son projet affiné ?
Depuis deux ans, il s’est mis dans la posture du ministre de la presse multipliant, pêle-mêle et confusément, attaques gratuites et appel du pied à adhérer à son projet et à son “cercle vertueux” sans contours et virtuel. Des formules aussi recherchées que pompeuses qu’il s’évertue à vendre dans l’emballage de l’éthique et de la déontologie, deux valeurs portées par des instances qu’il bloque ouvertement parce que “d’aucune utilité”, selon lui, pour verser l’instant d’après dans le verbe le plus agressif et violent contre les journalistes et les titres de presse.
Ce ministre qui… adore les postures ambivalentes n’est pas comme les autres. Il est impossible à cerner, à comprendre tant il est dilué dans ses contradictions qu’il cultive avec une grande passion. Dire une chose et faire son contraire ne serait pas un mauvais exemple à suivre puisqu’il s’en accommode. Des critiques, il s’en moque. Elles ne peuvent atteindre sa personne, rétorque-t-il, fair-play. Mais sa nature le rattrape et reprend vite ses droits. La réaction est intempestive et exagérée. La preuve ! Des journalistes travaillant pour des titres étrangers ont vu leur accréditation sauter pour une phrase mal appréciée ou parce qu’un nom de ministre est cité. Des cibles faciles. Sur l’affaire Le Monde qui a mobilisé le gouvernement au point d’en faire un incident diplomatique, ce ministre, pas comme les autres, le plus indiqué, n’a pas pipé mot. Que dire alors de son humiliante fouille au corps à l’aéroport d’Orly ! Pas un grincement de dent. Pas même un froncement de sourcil d’indignation. La presse écrite s’est pourtant indigné tout comme elle l’a fait, avant la presse publique, sur le Tweet de Valls. Et c’est sous ce ministre, pas comme les autres, que cette presse publique puise dans un lexique outrageusement insultant pour répondre aux confrères qui critiquent la gestion gouvernementale en les traitant par procuration de “meute”. C’est à ce modèle brejnévien et carré de la presse, pilier de son cercle vertueux, que Hamid Grine veut amarrer de force la presse indépendante. À l’ère “avariée” de l’unicité dont il serait probablement l’un des derniers nostalgiques.
(*) : Clin d’œil au défunt Saïd Mekbel


D. B.

 


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