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A la une / Dossier

Marginalisée et fragilisée par les divisions politiques

La société civile libyenne sous pression

© D.R.

Dans un contexte de stabilité politique et sécuritaire, les membres de la société civile se seraient contentés d’assurer un rôle social et de sensibilisation à l’importance de la sauvegarde du tissu social. La guerre et l’impasse politique en ont malheureusement décidé autrement, la mettant ainsi devant des choix difficiles, voire périlleux pour certains de ses membres les plus actifs.

Ce qui est appelé ou désigné par la société civile subit, depuis 2011, de plein fouet les contrecoups d’une guerre politique et militaire qui est loin de servir ses intérêts immédiats ou futurs.
Que ce soit collectivement ou individuellement, la société civile libyenne est prise en tenaille par plusieurs clans politiques et armés, avec l’échec du Fayez as-Serraj et de son gouvernement d’union nationale, soutenu par l’ONU, d’achever un processus de transition plus que jamais en panne. “Quotidiennement, des activistes sont agressés ou enlevés pour avoir dénoncé les tentatives d’un retour de la Libye dans le giron du pouvoir militaire”, affirme Ramzi Darwish, président de la société Moustakbel Libya. L’alignement de membres des organisations de la société ont également eu un effet pervers et négatif sur l’action sociale des activistes qui ont refusé d’engager leurs associations dans les luttes politiques et personnelles. “Au moins une vingtaine d’enlèvements et une douzaine d’assassinats ont ciblé à Benghazi des membres de la société qui ne sont pas forcément favorables à un camp ou à un autre”, affirme M. Darwish, sans trop s’étaler sur la question, ajoutant que des femmes sont aussi victimes des violences et des viols à travers tout le pays depuis 2011. Des communiqués sont envoyés aux figures locales des mouvements associatifs, les incitants à prendre position pour tel ou tel camp politique, au risque de subir les mêmes représailles, pouvant aller de l’agression verbale au meurtre ou l’enlèvement avec demande de rançon. Des injonctions leur sont également données pour afficher leur position politique sur les colonnes des médias et les réseaux sociaux, témoignent des militants libyens en formation à Tunis, dans le domaine de l’action sociale, ayant voulu garder l’anonymat. De nombreux activistes ont subi des intimidations et les sièges de leurs associations attaqués par des individus appartenant à des camps politiques différents. Ainsi, plus de 90% de ces associations ont dû se résoudre à travailler discrètement, baisser le rythme de leurs activités publiques ou carrément arrêter, selon ces activistes. Les pressions tribales ont aussi eu raison de nombreuses associations qui ont dénoncé les trafics de contrebande et d’armes, particulièrement dans les régions du Sud. “L’absence de suivi des aides fournies aux associations et la société civile, par les membres de la communauté internationale et les organisations non gouvernementales, ont beaucoup affecté le travail de militants associatifs qui ne disposent pas de pouvoir de décision et de contrôle”, affirme un autre activiste sous le couvert de l’anonymat.


L. M.


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1 réactions
Brahms le 17/04/2017 à 20h26

Le Qatar, la France et les américains qui dirigent l'Otan ont cassé la Libye. On voit le résultat aujourd'hui. Pas un pays arabe n'a bougé laissant faire les crimes.

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