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Droits de l’homme : l’inquiétude : LA LADDH tire la sonnette d’alarme

“L’Algérie est dans une phase dangereuse”

©Liberté

Non seulement la situation ne s’améliore pas, mais, pis encore, elle s’aggrave dangereusement, ont relevé les invités à une table ronde sur le thème “Droits socioéconomiques en Algérie : quel constat ? quel avenir ?”

Un taux de chômage en constante progression, une inflation galopante, une grande crise morale qu’illustrent la disparition progressive de la solidarité, un patriotisme usé, une corruption endémique, le gaspillage, la mauvaise gouvernance et la répression : la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (Laddh), aile de Me Benissad, a établi, hier, un constat alarmant de la situation des droits de l’Homme en Algérie, particulièrement les droits socioéconomiques des Algériennes et des Algériens. Non seulement la situation ne s’améliore pas, mais pis encore, elle s’aggrave dangereusement, ont relevé presque à l’unisson les invités à une table ronde sur le thème “Droits socioéconomiques en Algérie : quel constat ? Quel avenir ?” organisée à l’occasion de la célébration de la déclaration universelle des droits de l’Homme. “L’Algérie est dans une phase dangereuse, il y a un recul assez flagrant des droits”, a estimé Mahrez Bouiche, vice-président de la Laddh. “On assiste à l’enrichissement d’une minorité au moment où les couches les plus vulnérables s’appauvrissent de plus en plus”, soutient, pour sa part, Me Benissad. Loin de confiner la situation à des considérations internes, le secrétaire général du CLA, Idir Achour, estime que “ce qui nous arrive obéit à un processus mondial”. “S’il y a des avancées au niveau mondial des droits socioéconomiques et culturels, c’est grâce aux luttes. Mais deux clivages empêchent ces avancées : les pays développés et ceux en voie de développement, entre les riches et les pauvres.” “C’est la logique d’intérêt qui est à l’origine de ces clivages. Dans ce processus mondial, ce sont les riches qui en profitent au détriment des droits fondamentaux des citoyens”, dit-il. Égrenant les multiples tares et facettes de la crise, Mohand Salem Sadali, syndicaliste, constate, lui, “qu’il n’y a plus rien à cacher”. “Ce sont les mêmes personnes qui sont en place depuis 65 ans. Elles ont pratiqué différentes doctrines : autogestion, socialisme, social-démocratie, libéralisme. Et elles sont toujours là, car leur souci est de durer. Le pouvoir assume l’entière responsabilité de la situation”, affirme-t-il. Face à cette situation, quelle est la parade et comment se présentent les perspectives ? “L’État doit mettre en place des mécanismes, des politiques publiques pour protéger les couches marginalisées, notamment les femmes et les enfants”, suggère Benissad, en appelant également à “l’implication des citoyens”. “Tout changement ne peut se faire sans la construction d’un rapport de force”, estime Idir Achour, tandis que Mohand Salem Sadali, pour qui “la descente aux enfers est engagée”, sceptique quant à la diversification de l’économie à court terme, soutient que le “moment est venu de construire une force sociale et syndicale pour contrecarrer l’UGTA et faire face au rouleau compresseur”. “Parce qu’il y a une gestion policière, un désenchantement populaire et l’inexistence d’espaces de médiation et de négociation, qu’en l’absence d’un contre-pouvoir social, l’Algérie est menacée de tous les périls. Si on ne cerne pas le magma, le volcan risque d’emporter tout le monde”, met en garde Mohand Salem Sadali.

K. K.

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