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Oran

Le haïk revisité avec ses contradictions

©APS

Le soleil d’hiver, qui a réchauffé, hier matin, la place du 1er-Novembre d’Oran, a joué à caresser de ses rayons la transparence du haïk traditionnel et typiquement algérien qui s’est affiché en public en ce début de journée. Une trentaine de jeunes femmes et d’autres plus âgées ont répondu à l’appel lancé, via les réseaux sociaux, par un groupe de jeunes filles demandant à se rassembler revêtues du haïk pour rappeler sa symbolique et son usage traditionnel et culturel.
Pour l’une des initiatrices de cette rencontre, Farah T., la date de la célébration du 8 Mars est venue naturellement “pour rappeler et montrer aux jeunes que le port du voile se pare d’une certaine élégance, d’un certain maintien qui n’a plus sa place aujourd’hui”. “Il s’agit aussi de faire renaître, le temps d’un instant, cet habit traditionnel, pour qu’il ne soit pas oublié définitivement”, dira notre interlocutrice recouverte d’un haïk soulignant sa silhouette.
De la contradiction de l’initiative, à savoir afficher dans un espace public un haïk, alors que les débats sur le statut de la femme et la question de sa protection n’ont pas perturbé les jeunes femmes qui se sont regroupées sous le regard curieux et étonné des passants. “Non, il est clair qu’aujourd’hui, il n’est pas question et pas possible pour une femme, surtout celle qui travaille, de porter le haïk”, dira une quinquagénaire. Et de rajouter : “Dans certaines occasions, tel le mariage, lors de la cérémonie du henné, c’est beau de le porter. C’est même plus pratique avec la blousa oranaise.”
Et à d’autres de surenchérir que c’est, par ailleurs, la nouvelle tendance à Oran. Des images en noir et blanc de l’Indépendance avec les femmes voilées défilant pour célébrer la victoire ou des images volées des femmes dans les rues de La Casbah, hier, à la place du 1er-Novembre, ce fut un intermède folklorique et bon enfant.
À l’écart des femmes qui posaient pour les photographes, des retraités suivaient l’événement assis sur leur banc, et de réagir : “Ces jeunes doivent aller de l’avant, qu’est-ce que c’est que de revenir en arrière ? L’avenir est devant. La loi qui a été votée, celle qui dit qu’il ne faudra plus battre la femme, lui parler dans la rue, c’est bien et pas bien”, nous expliquent nos retraités du jour. “C’est de l’éducation qu’il faut pour ce pays, avoir une bonne éducation, avoir de la morale et du respect”, diront-ils, s’amusant presque à regarder le groupe de femmes en haïk.
Néanmoins, ils se prêteront avec plaisir, eux aussi, à la séance photo pour immortaliser l’événement. Mais celui qui n’a pas manqué cette séance photo du haïk, c’est le président du MSP, Makri, présent à Oran, et qui semblait apprécier cette petite animation, y allant, du coup, de son discours et de son message sur la nécessité pour les femmes de se voiler, respectant en cela, selon lui, les préceptes de l’islam.

D. L.


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