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A la une / Dossier

Smaïl Mesbah, directeur général de la Prévention au Ministère de la santé, à “Liberté”

“Les conditions pour une transmission autochtone n’existent pas en Algérie”

© D.R.

Le responsable du ministère de la Santé avance comme argument l’absence de “densité vectorielle” à même de créer les conditions d’éclosion d’une épidémie dans notre pays.

Les risques d’apparition de la maladie à virus Zika en Algérie demeurent encore très faibles. Le ministère de la Santé rassure la population qu’aucun cas n’est à signaler dans notre pays. Cela ne va pas tranquilliser éternellement le département d’Abdelmalek Boudiaf, d’autant plus que le risque zéro n’existe pas.
D’où l’envoi par la direction générale de la prévention d’une récente instruction relative au dispositif organisationnel de préparation et d’alerte face à cette maladie à l’adresse des walis et à toutes les structures relevant du ministère.
L’objectif recherché à travers cette note est, selon Smaïl Mesbah, directeur général de la prévention et de la promotion de la santé au ministère de tutelle, d’apporter les principales données liées à cette maladie et l’évaluation du risque dans notre pays qui doivent faire l’objet d’une large diffusion auprès du personnel de santé public et privé.
“Nous voulons également préciser les modalités organisationnelles de prise en charge d’un cas suspect depuis sa détection jusqu’au lieu de son traitement”, affirme M. Mesbah. C’est l’occasion, indique-t-il, pour rappeler les dispositions ayant trait au renforcement de la lutte antivectorielle (maladie à transmission par des vecteurs comme les insectes par exemple). Il s’agit en fait, explique le DG, de l’application du plan national de préparation, d’alerte et de riposte en cas de menaces sanitaires à potentiel épidémique et d’urgences sanitaires de portée internationale.
Cela étant, “les conditions pour une transmission autochtone du virus Zika ne sont pas actuellement réunies dans notre pays”, tient-il à préciser. Smaïl Mesbah avance comme argument l’absence de densité vectorielle à même de créer les conditions d’éclosion d’une épidémie. Il s’appuie sur les enquêtes entomologiques (étude biologique des insectes) menées par l’Institut Pasteur qui ne retrouvent pas une implantation et/ou une circulation de moustiques du genre Aedes aegypti et Aedes
albopictus.
L’autre raison évoquée est la survenue avec prédilection de l’infection dans les régions tropicales et intertropicales. Mieux, l’épidémie est circonscrite en Amérique latine et aux Caraïbes, pays avec lesquels l’Algérie n’a pas de liaisons aériennes directes. L’infection à virus Zika, faut-il l’expliquer, est une maladie virale qui se transmet essentiellement par des moustiques infectés. Cette infection a été d’ores et déjà identifiée en 1947, en Ouganda.
OMS : “Une urgence de santé publique
de portée internationale”
Les spécialistes estiment qu’il y a un lien direct entre la femme enceinte infectée et la microcéphalie chez les nouveau-nés. Ce constat a été établi notamment au Brésil. Face à cette menace, l’OMS, qui s’attend à une propagation importante de ce virus, a proclamé la maladie comme étant une “urgence de santé publique de portée internationale”.
Si des mesures indispensables ne sont pas prises à temps, l’on s’attendra à une propagation rapide du virus en Algérie. La détection d’un cas cliniquement suspect de la maladie concerne toute personne qui a séjourné durant les 15 jours précédents dans les pays d’Amérique latine et aux Caraïbes, ciblés par l’épidémie. Cette personne présente des signes cliniques, tels que la fièvre, même modérée, et/ou exanthème (taches de rougeur cutanée aiguë), hyperhémie conjonctivale (inflammation de la conjonctive), arthralgie (douleurs aux articulations), myalgie (douleurs musculaires)… La période d’incubation est de 3 à 12 jours.
Les formes symptomatiques sont peu spécifiques, durent 2 à 5 jours et associent un syndrome grippal sans signes respiratoires, à savoir fièvre, asthénie, céphalées… M. Mesbah a, de ce fait, instruit tous les établissements de santé d’assurer dans la phase actuelle une large communication sur la maladie et ses risques. Ces structures sont également tenues de développer des actions de formation du personnel de santé, de désigner un point focal chargé de la maladie du virus Zika au niveau de la Direction de la santé et de la population pour diffuser les informations et les directives, coordonner la prise en charge de cas suspects, de son lieu de détection jusqu'à son arrivée à l'hôpital préalablement identifié. Les centres de contrôle sanitaire aux frontières (CSF) doivent informer et sensibiliser le personnel au sol du point d'entrée tous corps confondus, vérifier la disponibilité des moyens de protection, des thermomètres frontaux ou à distance, des solutions hydro-alcooliques… Les responsables des hôpitaux doivent, quant à eux, conformément aux directives de cette instruction, vérifier le dispositif d’accueil, d’isolement et de prise en charge des cas suspects et/ou confirmés mis en place lors des précédentes menaces sanitaires.
Ils doivent se dire, relève M. Mesbah, que ce dispositif peut être réactivé et opérationnel à tout moment. Dans une précédente instruction, la DG a même défini les modalités de prélèvements et d’acheminement de ces derniers pour le diagnostic virologique d’un cas suspect de la maladie à virus Zika.


B. K.

Publié dans : zika

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