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A la une / Dossier

Autorités de régulation et Conseil d’éthique et de déontologie

Un gel délibéré pour une anarchie programmée

Siège du ministère de la Communication. © D. R.

Le retard dans l’installation des organes de régulation n’est pas le fait du hasard, il obéit, au contraire, à une volonté politique de faire durer la situation de non-droit qui profite au régime.

S’il est une définition qui sied aujourd’hui le mieux au secteur de la communication, c’est bien celle de dire que c’est le royaume de “l’anarchie”, de “la pagaille indescriptible”. Ce sont des universitaires interrogés par la très officielle APS qui le disent. La situation apparaît d’autant plus paradoxale que la loi organique du 12 janvier 2012, votée par le Parlement algérien et signée par le président Bouteflika, était censée poser, pour l’exercice de la profession de journaliste, les balises professionnelle et éthique. On se souvient qu’après l’adoption de cette loi par le Parlement, le ministre de la Communication de l’époque, Nacer Mehal, dont il faut rappeler l’effort, “idjtihad”, en travaillant avec des experts nationaux, et en se référant à diverses expériences dans le monde, avait parlé de “réelles avancées” pour le secteur. Sauf qu’après son départ, ses successeurs se sont accommodés du statu quo plutôt que de mettre en place les organes de régulation. Quatre années sont déjà passées depuis le vote de la loi sur l’information, et il n’y a toujours pas d’autorité de régulation de l’audiovisuel, ni de la presse écrite, ni de Conseil d’éthique et de déontologie. Dans l’audiovisuel, il y a eu la tentative de mise en place de l’Arav avec l’installation, pour le moins abracadabrantesque, de Miloud Chorfi. Placé, en effet, à la tête de cet organe, à la surprise générale, l’ex-chef de groupe parlementaire du RND, fera long feu. Seul, c’est-à-dire sans le reste de la composante de l’Arav, il aura été incapable de mettre de l’ordre dans le secteur de l’audiovisuel, transformé en véritable arène où les coups les plus bas sont permis avec des dizaines de chaînes de télévision offshore qui émettent à partir de la Jordanie avec des contenus algériens. D’où provient l’argent pour payer les droits de diffusion ? Comment cet argent a-t-il été transféré ? Cela ne semble pas être le souci du gouvernement, responsable de cette situation baroque qui ne doit pas avoir d’exemple dans le monde. Depuis, Miloud Chorfi est parti comme il est venu, pour devenir sénateur dans le tiers présidentiel. Et l’Arav reste toujours en stand-by. La situation est pareille dans la presse écrite. L’instance de régulation n’a pas encore vu le jour. Peut-être même jamais, à se fier aux propos de Hamid Grine qui ne voit pas, aujourd’hui, l’utilité de cette instance. Il est vrai que sa mise en place signifierait l’inanité du ministère de la Communication. Dans son message à l’occasion de la Journée mondiale de la presse, le président Bouteflika a évoqué ces instances de régulation qui font défaut. “Nul doute que ce secteur se renforcera davantage à la faveur du lancement de l'Autorité de régulation de l'audiovisuel pour devenir l'un des vecteurs de développement de l'action d'information, conformément aux règles professionnelles et dans le respect de la loi”, dira-t-il. De même que l'établissement de mécanismes d'autorégulation pour la presse écrite, à la lumière de l'installation du Conseil d'éthique et de déontologie, confèrera davantage de sérénité aux professionnels de cette noble mission et à leur environnement, afin de promouvoir les rapports entre les composantes de la société et les institutions pour favoriser une dynamique créative basée sur l'arbitrage d'une législation juste et qui garantit à tous l'équité dans les droits et les devoirs et une éthique commune. C’est un discours déjà entendu qui vient encore dissimuler une volonté politique délibérée de laisser les choses en l’état pour prolonger, autant que faire se peut, un mode de gestion fondée sur l’injonction et le fait du prince.


O. O.

 


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