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A la une / Dossier

Violences rencontrées à AVIFE/Réseau Wassila

Une famille presque normale

Mme S. a été orientée vers le Réseau Wassila par une médecin légiste : 36 ans, 17 ans de mariage, 4 enfants de 1 à 16 ans. Dès le début du mariage, l’époux la bat. Ses grossesses ont été à chaque fois une terrible souffrance car il la frappait durement pour provoquer un avortement. Elle a eu de nombreux certificats d’ITT (jusqu’à 30 jours) avec fractures, blessures ouvertes à la tête et des hématomes sur tout le corps. Elle a porté plainte trois fois au tribunal. L’époux a fait une semaine de prison puis a été relâché. À chaque fois elle lui pardonne et retourne au domicile conjugal. Elle finit par divorcer en 2014 par kh’ol.
Quelques mois plus tard, elle vient au Réseau Wassila, accompagnée de sa sœur. Elle souffre de brûlures très graves et marche difficilement. Elle fait des cauchemars, s’inquiète du sort des enfants livrés à eux-mêmes. Elle est muette, sa sœur rapporte les faits. Trois mois après le divorce, elle sort avec ses enfants. L’ex-mari les intercepte et sous la menace d’un couteau il séquestre tout le monde dans la maison. Il la ligote dénudée et lui fait subir des tortures pendant dix jours sous les yeux de ses enfants. Il a aussi ligoté le garçon de 12 ans et le torture. La famille de Mme S. ne s’est pas inquiétée, la pensant chez son frère. Puis l’homme l’enferme dans des toilettes très étroites et verse, par un vasistas au dessus de la porte, un jerrycan d’essence et met le feu. La femme flambe, ses vêtements lui collent au corps, la porte prend feu, elle hurle. Les enfants sont enfermés dans une pièce. Heureusement l’aînée avait trouvé le portable du père tombé durant cette violence. Elle appelle à l’aide un cousin qui dut sauter par-dessus le mur pour la délivrer. Il appelle la police, l’emmène à l’hôpital où elle est plongée dans un coma artificiel pendant 12 jours, puis elle termine sa convalescence chez sa sœur.  Son fils, M. a 12 ans quand il est retiré de l’école en 6e par le père. Il est devenu très violent, il vole, se drogue, frappe sa sœur de 16 ans, menace de frapper sa mère qui se dit impuissante, a tenté de brûler la maison des voisins, boit de l’alcool et a essayé de faire boire de l’alcool à son frère de 1 an. Pourtant c’est un enfant intelligent, il aimerait bien retourner à l’école. Après quelques mois il paraît plus stable, il aimerait travailler mais il est trop jeune.  Près d’une année après sa première visite au Réseau Wassila, Mme S. est autonome, c’est la première fois qu’elle vient nous voir seule, elle est fière d’elle-même, ne fait plus de cauchemars, sa peau se cicatrise, son visage retrouve son aspect habituel. Elle rit, plaisante, elle est même euphorique et pleine de projets, elle a déposé des demandes d’emploi, fait des ménages pour les particuliers en attendant mieux, et prépare un dossier à sa fille pour une formation. Les enfants sont scolarisés et M. après un intermède chez ses oncles est retourné chez sa mère. C’est une famille presque normale. La famille de l’ex-époux a essayé d’expulser sans succès S. et ses enfants du logement. L’ex-mari a été condamné à 20 ans de prison pour tentative de meurtre. Il a fait appel. Nous espérons qu’il ne va pas bénéficier des largesses de la justice.


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1 réactions
Brahms le 22/04/2017 à 17h48

Violences conjugales. Pauvre femme qui a rencontré son malheur. Visiblement son mari ne connaissait rien à la vie, il pensait que sa femme était un objet juste pour pondre des marmots.

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