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Dossiers Economiques Mercredi, 20 Juin 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Réformes

A-t-on réellement besoin de l’entreprise productive en Algérie ?

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La transition de l’économie algérienne de l’Étatisme au marché dure depuis plus de 20 ans. Le résultat d’une telle situation est un coût énorme pour la nation

bénéficiant d’une rente importante qui le soustrait à toute contrainte budgétaire, l’État a toujours cherché à se substituer à tous les acteurs économiques, alors qu’il est censé définir les règles du jeu pour un fonctionnement efficace, cohérent et incitatif du système économique. Au final, les entreprises se trouvent handicapées par les rigidités du système, l’incohérence des politiques publiques avec leurs conséquences perverses : l’économie informelle et la corruption. Il est urgent que les choses se clarifient pour qu’enfin l’entreprise algérienne s’émancipe et joue pleinement son rôle pour le développement du pays. Il est légitime de s’interroger pour savoir pourquoi les “Réformes économiques” ne produisent pas les effets attendus. Le rétablissement des équilibres macro-économiques est sans doute un résultat appréciable après les déséquilibres des années 80 et 90. Cependant, ces équilibres sont entretenus par les recettes des hydrocarbures et non par une production effective de la richesse. En termes de vision économique, rares sont ceux qui peuvent aujourd’hui déceler une politique économique qui trace les voies d’un nouveau régime de croissance qui ne soit pas “déterminé” par les ressources des hydrocarbures. Il se trouve que les pouvoirs publics disposent d’un pouvoir législatif pour faire voter des lois, mais ne sont pas dotés d’une administration capable de conduire des réformes dans la complexité et l’incertitude et, encore moins, de relais efficaces dans la société et dans l’économie ; les managers publics sont intéressés beaucoup plus par le statu quo que par une transformation du secteur public ; les entrepreneurs privés ne constituent pas encore une force économique organisée et autonome pour jouer un rôle dans les grands processus décisionnels. On a l’impression que tous les acteurs de l’économie et de la société, par manque de projets clairs, optent collectivement et sans concertation pour le statu quo comme “stratégie”, par défaut. Dans ce statu quo institutionnel, la place des hydrocarbures s’élargit de plus en plus et celle du secteur productif industriel se rétrécit de la même manière. La question de la compétitivité de l’entreprise et celle de la diversification du système productif national se trouvent au cœur de la problématique de sortie du régime actuel de croissance dominée par la politique de la demande, dopée par les recettes des hydrocarbures. Par ailleurs, l’investissement des entreprises (hors hydrocarbures) ne représente qu’environ 7% du total des investissements. Mais l’horizon de la fin des exportations des hydrocarbures se profile autour de 2020-2025. Quel serait alors l’alternative pour l’exportation d’hydrocarbures lorsqu’on relève la parfaite corrélation qui existe entre dépenses publiques, taux de croissance et prix du baril de pétrole ? Car ce dernier détermine tout le reste. Dans ce contexte, continuer à considérer que la croissance ne peut être tirée que par la dépense publique et le secteur des hydrocarbures, c’est hypothéquer dangereusement l’avenir du pays. De même, continuer à considérer que l’intervention multiforme de l’État dans l’économie par le budget, le secteur public économique et les transferts sociaux tous azimuts peut suffire à enclencher un processus autoentretenu de la croissance, est une vue de l’esprit. Placer l’entreprise au cœur de la politique de développement économique pour en faire le moteur de la croissance est la voie la plus sérieuse. Réussir un tel challenge dans le cadre du système économique en place relève de l’hérésie.

UN CONTEXTE ÉCONOMIQUE SCLÉROSÉ PRODUCTEUR DE DÉSINCITATIONS
Le régime du fonctionnement économique a été très en deçà de ce qui est attendu en termes de croissance si l’on prend en considération le potentiel qui lui est rattaché : une demande intérieure solvable, un cadre macro-économique relativement sain, des entrepreneurs dynamiques et des ressources financières importantes. C’est plutôt l’articulation entre ces éléments qui a été déficiente. Autrement dit, les institutions économiques n’ont pas été efficaces. La rente dont a bénéficié l’économie a largement contribué à perpétuer ces blocages, mais la rente n’explique pas tout. Des pays rentiers ont mieux réussi la diversification de leurs économies. Sans minimiser les effets de la rente sur les comportements des acteurs économiques, d’autres facteurs sont aussi présents : système économique peu incitatif à l’innovation, système financier sclérosé, marchés des facteurs défaillant, secteur public économique peu concurrentiel voire limitant la concurrence… Dans un tel contexte, il sera encore difficile d’espérer le rétablissement d’un régime de croissance autoentretenu. L’existence d’un pouvoir d’achat réel entretenu par la dépense publique, relié à un chômage croissant et à un système basé essentiellement sur l’octroi de faveurs budgétaires provoque le foisonnement de TPE à forte composante informelle. Les PME, face à la concurrence de l’informel, basculent une partie de leurs activités dans ce dernier. Les moyennes et grandes entreprises privées privilégient les activités à retour rapide, réinvestissent dans la filière, se diversifient beaucoup, souvent pour accéder à la rente liée au commerce extérieur et n’ont aucun désir pour des stratégies pour la remontée progressive dans la filière. À ces anomalies systémiques s’ajoutent une segmentation dangereuse dans le système financier : le secteur bancaire public finance essentiellement le secteur public via le Trésor ; et le secteur bancaire universel privé finance le commerce extérieur du secteur privé, alors que des banques d’affaires sont quasi exclusivement tournées vers les grandes sociétés étrangères installées en Algérie. Dès lors, la capture de l’épargne se fait au profit des activités non productives ou à faible taux de capitalisation et surtout dans les branches à faible risque. Ainsi, le marché financier joue-t-il un rôle mineur dans le financement des entreprises.

BÂTIR DES ENTREPRISES COMPÉTITIVES EN ALGÉRIE, EST-CE POSSIBLE ?
L’économie algérienne se caractérise aussi par l’existence d’entreprises peu nombreuses, de petite taille, faiblement compétitives et peu innovantes. Et celles qui émergent ne se développent pas suffisamment pour devenir des champions et entraîner les autres. Dans ce tableau, la seule politique capable de transformer les conditions d’émergence d’entreprises compétitives est celle d’une rupture dans la logique de fonctionnement du système économique. Cette rupture devra s’opérer dans trois domaines : (1) la rupture du lien ombilical entre la logique de l’économie de production et les recettes des hydrocarbures ; (2) la reconfiguration du cadre institutionnel en place ; (3) la mise en place d’une véritable réforme institutionnelle autour des questions de gouvernance et de régulation. Une fois le système économique reconfiguré, il deviendra possible d’élaborer une politique de développement de l’entreprise productive qui à son tour jouera le rôle moteur pour le développement de l’économie nationale.

Déconnecter l’économie des recettes des hydrocarbures
Il ne s’agit pas de faire des hydrocarbures un secteur non concerné par le développement du pays, mais de neutraliser les effets pervers d’une rente qui inhibe toute initiative et produit une insouciance systémique de bâtir une économie compétitive ; et, plus grave encore, la rente incite à la prédation. La question doit être gérée dans un projet global de développement du pays qui, tout en s’appuyant sur les hydrocarbures, créera une économie de production compétitive. La place des hydrocarbures sera définie et les ressources excédentaires seront placées/investies à long terme : fonds d’investissement international, participations dans le capital des grandes sociétés industrielles internationales, financement des grands programmes d’innovation-recherche-développement, grands projets de formation de la ressource humaine….

Mettre de l’ordre dans le fonctionnement du système
Il est indéniable que beaucoup d’efforts ont été accomplis ces dernières années en matière de facilitations dans les enregistrements, la législation commerciale et les incitations budgétaires et fiscales à l’investissement. Il est vrai aussi que les incitations fiscales et parafiscales ont été proposées, mais les entreprises, particulièrement les plus dynamiques, attendent d’autres incitations qui sont d’une autre nature.
En effet, les seuls avantages budgétaires et fiscaux ne constituent pas des incitations fortes pour tous les types d’entreprises ; ils ont un impact plus décisif dans la phase de lancement des entreprises que dans la phase de développement de celles qui existent déjà. Les mesures prises en février 2011 ont provoqué une croissance du nombre de créations entre mars et juin 2011. Mais, de l’avis des entrepreneurs, elles n’ont pas impacté le comportement d’investissement des entreprises. Pour l’Algérie, c’est plutôt d’un “Big Business Act” dont nous avons besoin qui passe par deux décisions phares : La première décision consiste à consacrer la liberté totale d’entreprise. Ce qui suppose l’encouragement de toute initiative entrepreneuriale dans l’ensemble des secteurs ; La seconde consiste à identifier les secteurs où l’Algérie dispose d’avantages compétitifs réels pour s’imposer sur les marchés internationaux (agroalimentaire, pétrochimie, pharmacie, sidérurgie, matériaux de construction…) et pour lesquels des mécanismes de soutien publics adaptés devraient être mis en place : infrastructures, formation, fiscalité…

Mettre fin à la confusion des rôles et des responsabilités
L’État, le marché et l’entreprise sont les éléments constitutifs de toute organisation économique moderne. Ce qui est discutable ce sont les formes d’articulation entre les trois, c’est ce qu’on appelle la régulation. Quels sont les rôles de chacun ? À l’État de définir les règles du jeu, au marché d’offrir le terrain du jeu et aux entreprises de produire les biens et services.
Les règles du jeu sont les institutions, la législation, les incitations et d’une façon générale toutes les normes. Plus ces règles du jeu sont simples, transparentes et stables et plus les acteurs seront productifs. Et, inversement, lorsque les règles du jeu sont opaques, instables et compliquées, les acteurs cherchent à les contourner (sphère informelle) et à les détourner (corruption). La question centrale est donc celle de la qualité des règles du jeu.
L’État n’a pas vocation à devenir entrepreneur et l’entrepreneur n’a pas vocation à devenir régulateur. Si l’État produit une bonne régulation, les entreprises produisent de la croissance. Et c’est possible.


M. C. B.
Professeur en sciences de gestion
Membre du comité exécutif du think-tank Défendre l’entreprise
http://defendrelentreprise.typepad. com

 

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