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Foot / Dossiers sportifs

Elle a engendré un boycott massif et des pertes considérables

Hausse des billets : une coûteuse erreur

© Liberté

Même certains derbies qui se jouaient à guichets fermés dans un passé encore récent se déroulent désormais dans des stades qui sonnent curieusement creux. Les exemples sont légion : MCA-USMH, RCR-MCO, JSK-MCA, USMA-MOB, ESS-JSK, NAHD-MCA et MCO-USMBA attestent de la plus évidente des manières de cette désertion des gradins et tribunes par des galeries qui avaient l’habitude de se lever tôt le matin pour faire vibrer l’aire de jeu.
Or, depuis l’entame de l’exercice en cours, cet étrange phénomène plus proche du boycott des supporters que d’un tout autre constat de mutation sociétale est en train de marquer les esprits.
Mais s’il n’est pas nouveau, puisque déjà connu au cours de fastes périodes des exercices 2008-2009 et 2009-2010, la raison est, en revanche, bien singulière.
Car, si en 2009, l’inoubliable épopée de l’équipe nationale des Ziani, Yahia, Bougherra et autres Matmour, Meghni et Gaouaoui avait relégué au dernier plan l’esprit clubiste chez le supporter algérien, de nouveau épris de sa sélection et embarqué dans la folle course au Mondial-2010 un quart de siècle après l’homérique aventure espagnole, cette fois-ci la prise de conscience est surtout d’ordre monétaire. La conséquente hausse des prix des tickets d’entrée au stade a, ainsi, forcé une bonne partie des habitués des enceintes sportives algériennes à renoncer à leur hobby du week-end. “Les tarifs ont presque doublé ! Ce n’est plus comme avant. Déjà que 300 DA le billet pour la tribune me paraissait exagéré, que dire alors de 500 DA ? Ce n’est plus à ma portée. Je faisais certains sacrifices, renonçais à quelques extras pour pouvoir me payer le ticket à 300 DA, voire 350 DA au marché noir. Mais, franchement, 500 DA, c’en est trop. Le MCO a déjà disputé deux rencontres à domicile. Je les ai suivies à la télévision, gratuitement, de mon salon”, convient Mustapha, prototype même du supporter mouloudéen dont cette augmentation irréfléchie des prix a quelque peu tempéré la passion.Même son de cloche chez Ilyès, au chômage. “Ce serait du gaspillage pur et simple. Déjà que 150 DA pour les gradins et
300 DA la tribune couverte, c’était cher payé pour le piètre spectacle offert. Maintenant, c’est quasiment déraisonnable !”, pestera-t-il, comme pour confirmer le solennel et touchant appel des supporters de l’Entente de Sétif en marge du classique face à la JS Kabylie qui rappelaient à l’occasion que le football était “un sport de pauvres”, destiné principalement aux masses populaires et non pas (seulement) aux classes plus nanties qui ont bien d’autres loisirs pour se divertir.
 
Boycott = manque à gagner

D’autant plus que cette vertigineuse hausse n’a jamais été accompagnée d’un meilleur service, encore moins d’un spectacle plus attrayant mais plutôt par l’énorme risque sécuritaire accouché de la décision des hautes sphères dirigeantes du retrait de la police des stades.
Comble de l’incompréhension, “cette augmentation à hauteur de près de 50% viserait à assurer le payement des stadiers censés remplacer les agents de la Sûreté nationale”, comme entendu de la bouche d’un responsable de l’Office du parc omnisports de la wilaya d’Oran (Opow).
Une question se pose néanmoins : comment générer des profits au moment où la désertion des enceintes prend de plus en plus d’ampleur ? Un autre suit automatiquement : n’aurait-il pas été plus intelligent, au contraire, de songer à augmenter les recettes en concédant plutôt une légère baisse du prix du ticket de manière à cibler un plus large public que de l’augmenter à contre-courant du pouvoir d’achat et faire ainsi fuir les supporters ?
À ces deux interrogations, somme toute sommaires, la seule réponse qui semble disponible est cette désormais légendaire irréflexion des responsables algériens au moment de prendre et d’émettre des décisions, avant de se rendre compte, à la faveur d’un simple coup d’œil au baromètre de la grogne populaire, de leurs grossières et coûteuses erreurs. 


R. B.


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