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Dossiers Mercredi, 09 Mai 2012 10:00 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Des intlectuels en parlent

Par :

Hocine Belalloufi, journaliste et écrivain, auteur de  “La démocratie en Algérie : Réforme ou révolution ?” “Le 10 mai n’est qu’une bataille dans  ce long combat”
Il n’existe que trois attitudes possibles. Le boycott implique que le peuple mobilisé empêche la tenue du scrutin, car lui seul en a la force. Nous ne sommes pas dans un tel cas de figure. Le boycott est donc exclu. L’abstention revient simplement à ne pas voter. Il n’y a rien de plus facile que de rester chez soi le 10 mai. Mais, cette attitude ignore que le pouvoir aura plus de difficultés à frauder (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y parviendra pas), car il entend donner des gages de transparence à ses partenaires étrangers (grandes puissances).
Les partis politiques, eux, ont tout intérêt à faire reculer la fraude pour arracher un maximum de sièges. Au lieu de flatter les sentiments d’impuissance, de résignation et de passivité, bref de démission politique, il faut prendre part à cette modeste bataille contre la fraude. J’irai donc voter sans illusion, car la démocratie n’adviendra pas le 10 mai.
Seul un mouvement populaire conscient, organisé et convergeant autour d’une alternative basée sur la défense de la souveraineté nationale menacée, la justice sociale bafouée et la liberté malmenée sera en mesure d’imposer la démocratie. Le 10 mai ne constitue qu’une bataille, un jalon, dans ce long combat. Cette bataille vise à faire reculer la fraude, à renforcer le camp de ceux qui défendent cette alternative et à pousser les gens à faire ce premier pas, au lieu de passer notre temps à nous plaindre, à gémir et à pester contre le pouvoir, les partis, le peuple, etc.

WACINY LAREDJ, ÉCRIVAIN : “Je préfère aller voter quitte à mettre  un bulletin blanc”
Je suis pleinement conscient que ce qui se passe aujourd’hui en Algérie est, malheureusement, un carnaval, je dirais même que c’est presque une mascarade qui se fait en plein jour. On sent aussi, malheureusement, une absence totale des forces démocratiques, qui peuvent équilibrer les choses ; mis à part le FFS, je ne vois pratiquement pas d’autres partis. Je suis aussi conscient que le système, malheureusement, ne se rend pas compte des dangers qu’il est en train de faire courir au pays, c'est-à-dire qu’au lieu d’aller vers des transformations véritables, une refonte véritable de l’État algérien, on est revenu à la case départ.
C’est un petit peu rebelote avec quarante ou cinquante partis, et on refait les mêmes choses. Si au moins c’était des partis bien installés ; personnellement, il y a des partis que je croyais morts et qui reviennent au galop, c'est-à-dire qu’on les a fait bouger à l’occasion, si je ne m’abuse. En plus de cela, je suis aussi conscient qu’on essaie de nous imposer une certaine fatalité, c'est-à-dire qu’il n’y a pas de choix : ou l’islamisme avec toutes les griffes qu’il est en train de sortir avec un Djaballah et autres, ou, de l’autre côté, vous avez le système. À mon avis, on est en train de reproduire les mêmes schémas des années 90, avec d’autres circonstances, avec le poids international qui n’est plus le même de ce qu’il a été, c’est donc au pouvoir de jouer “le jeu démocratique”. Donc, je suis conscient de tout cela, mais malheureusement je ne vois pas d’autres voies. Même si on a des intellectuels, ce niveau de conscience, je ne vois pas d’autres solutions.
Personnellement, je vais voter malgré ce que j’ai présenté comme côtés néfastes de ce qui arrive aujourd’hui en Algérie. D’ailleurs, ce qui est bizarre, c’est qu’on soit en face de partis qui n’ont pratiquement pas de problèmes, qui, à les écouter, sont en possession de beaucoup de mensonges. J’étais à Alger il n’y pas longtemps, j’y suis resté une dizaine de jours, et j’écoutais surtout à la radio et un petit peu à la télévision, les programmes de ces nouveaux partis ou les partis qui étaient endormis et qui se sont réveillés soudainement. Je ne vois pas de programme véritable, je vois une série de mensonges. Une série de mensonges qui manquent même de tact et d’intelligence. C’est vraiment grossier ! Par exemple, il y a des chefs de partis qui se disent pour la liberté de la femme, mais qui disent que le mieux pour la femme c’est qu’elle reste à la maison. Ils disent lui procurer par exemple de l’argent, de lui verser une mensualité, d’environ vingt mille dinars. D’autres disent que pour les jeunes chômeurs, il faut aussi leur donner de l’argent en attendant qu’ils trouvent du travail, mais personne ne parle du volet économique. Où va-t-il trouver cet argent, dans un pays qui est en pleine défaillance, malgré les 200 milliards ? Mais si vous ne produisez rien, même si vous avez “mel Karoun”, vous n’irez pas très loin, parce qu’il suffit d’une petite crise internationale, et une partie de ces fonds partira en fumée. Donc, ce n’est pas une garantie, c’est peut être une garantie provisoire mais pas à long terme. À tout cela, j’ajoute les grands partis où on voit qu’il y a des luttes intestines et des luttes de pouvoir, comme par exemple au FLN avec ses distorsions internes. C’est comme si on était en train de préparer le terrain pour des partis qu’on ne peut pas éviter pour cette fatalité, je parle des partis islamistes.
Alors pour moi, quand on se retrouve devant ce dilemme, personnellement je fais fonctionner ma citoyenneté d’abord. Faut-il aller voter ou faut-il ne rien faire ? Franchement, je préfère aller voter quitte à mettre un bulletin blanc. C’est très important parce que quand on voit sous d’autres cieux, dans d’autres pays, qu’il y a des gens qui se battent aujourd’hui, qui meurent justement pour ce droit inaliénable et fondamental qu’est la citoyenneté, je me dis qu’il faut aller voter, qu’il faut faire cet acte tout en étant conscient des problèmes et des dérives, et qu’on va donner une certaine assise à ce pouvoir. Je vais voter en France et je suis en train de voir les listes des uns et des autres. Pour moi, l’acte de voter c’est d’abord un acquis démocratique qu’il ne faut pas laisser aux charlatans. Et en plus, c’est un acte citoyen. L’expression de ma citoyenneté passe justement par ce procédé qui à mon avis, jusqu’à nouvel ordre, est le meilleur. C’est la meilleure façon de dire son avis même si je sais très bien que les choses ne sont pas aussi faciles qu’on puisse le penser.

AZZEDDINE MIHOUBI, DIRECTEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, POÈTE, SCÉNARISTE, ROMANCIER  : “Il faut à présent approfondir les réformes”
Je vais voter. D’abord en tant que citoyen, il faut que j’assume mes responsabilités. Le vote est un droit, et je voterai parce que j’ai des convictions républicaines et des convictions démocratiques. Ce ne sont pas des choses virtuelles.
Aussi, en tant qu’intellectuel, je crois que l’intellectuel ne vit pas sur une autre planète, il vit dans cette société qui est diversifiée, sur tous les plans. Et puis j’ai expérimenté le travail à l’Assemblée puisque j’ai été député et de ce fait, je sais comment se prépare une élection, et je suis convaincu de la nécessité de cet acte de civisme.
Troisièmement, je vais voter parce que je suis militant dans un parti politique, le RND dans lequel je suis engagé depuis sa création. Je pense que les réformes du Président sont un pas essentiel dans le processus de changement. Par exemple, la forte présence de la femme est une véritable “révolution”. J’ai participé, il y a quelques jours, à un colloque à l’étranger, et j’ai parlé de l’expérience des réformes en Algérie. Les gens étaient surpris car en ce qui concerne la femme, 30% de représentation au Parlement est un fait inédit. La représentation des femmes dans tous les Parlements arabes est aux environs du quart de ce taux. Donc, ces réformes sont un début, et il faut à présent les approfondir, et approfondir également la pratique démocratique. Par ailleurs, le changement c’est aussi un changement dans les mentalités, et la question du taux de participation dépend de la capacité des gens à assimiler l’idée même du changement. Après, il faudrait ouvrir le débat avec la société civile, la presse, les associations, etc. C’est un débat continuel.
Le discours a changé, les générations ont changé. Par exemple, le discours de Lotfi Double Kanon n’est pas le discours des premières années de l’Indépendance ou celui du temps du parti unique. Le discours change et il faut prendre cela en compte.

 

Commentaires

 
#2 Liwime Mota 09-05-2012 20:20
Personnellement je me retrouve devant un dilemme. Je sais pertinemment que si je ne rends pas aux urnes avec mon gets je favoriserai que les barbus de tout bord. Tout le monde sait que leurs ouailles sont bêtes mais discipliés ils rameuuteront leur foule pour voter et ils passeront . là ils vont s'egosiller pour dire qu'ils sont majoritaires dans la société ce qui n'est pas le cas.
Allez voter c'est plébiciter le système en place , A mon sens c'est lui donner un chèque en blanc ,ce qui ne m'enchante pas. C'est ça mon dilemme ou plutot mon drame
 
 
#1 Omrane 09-05-2012 16:55
Il-y-a deux sortes d'intellectuelles ,les biens pensants avec un gros intestin digestif avalant toute sorte de couleuvre....! vivant dans leur confort...!et ceux qui on èté marginalisè pour leur honnetetè intellectuelle, qui porte l'amour pour leur pays et leur peuple d'une façon désinterressè...n'est pas intellectuelle qui veut.
Je salut ici Mohamed Benchicou,Boual em Sansal voilà des Algerien debout.
 
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