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Dossiers Jeudi, 19 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

Jeux olympiques de Londres

La médaille et son revers

Par : Lokmane-Khelil Samia

Failles dans le dispositif de sécurité, chaos dans les aéroports, risques d’émeutes, sponsoring inconvenant… À quelques jours du démarrage de London 2012, le Comité olympique britannique doit faire front à une série de controverses qui sabordent ses efforts pour la préparation du tournoi. Même le climat fait des siennes et semble engagé à déverser sur les participants et les visiteurs des trombes d’eau.


Les Olympiades de Londres ont enregistré leur premier record avant même le début de la compétition. Cette performance n’est pas l’œuvre d’un athlète mais du géant américain du fast-food, Mac Donald, qui vient d’ouvrir le plus grand restaurant du monde, dans la capitale britannique. Cet établissement devra servir  un peu plus d’un million et demi de repas pendant toute la durée des jeux. La chaîne de restauration rapide et d’ailleurs avec Coca-Cola, l’un des sponsors principaux de London 2012. Bien qu’ils financent 40% du chiffre d’affaires du tournoi, leur contribution est pourtant loin de faire l’unanimité. L’Assemblée de Londres (une instance de surveillance de l’exécutif maïoral) vient d’ailleurs de voter une motion en faveur de l’annulation des contrats de parrainage entre les deux enseignes américaines et le Comité international olympique (CIO). “Londres a gagné le droit d'accueillir les Jeux de 2012 avec la promesse de livrer un message, celui de valoriser une vie plus saine et riche en activités physiques aux enfants à travers le monde. Pourtant, le même Comité international olympique, qui a attribué les Jeux à Londres, persiste à maintenir des contrats de sponsoring avec les pourvoyeurs de malbouffe [...] qui contribuent à la menace d'une épidémie d'obésité”, a déclaré Jenny Jones, représentants des Verts ayant proposé la motion à l’Assemblée. Or, s’il accepte de se séparer de Coca-Cola (sponsor des JO depuis 1928) et de Mac Donald, le CIO risquerait de se retrouver sur la paille. “En se passant de contribution, les Jeux olympiques seraient sous la menace de graves problèmes financiers”, expliquent presqu’en s’excusant les organisateurs des Jeux de Londres. Tant pis pour Pierre de Coubertin si la devise des Jeux olympiques (un corps sain dans un esprit sain) est viciée, sans l’argent de la malbouffe, la flamme qu’il a rallumée il y a un peu plus d’un siècle en donnant une nouvelle vie aux olympiades grecques, risque de s’éteindre à jamais.
Au Royaume-Uni, ce sont surtout les mauvaises conditions climatiques qui auraient pu compromettre le parcours de la torche olympique, si elle n’était pas dotée d’un système de combustion perméable à la pluie. Les averses que les Anglais ont affublé du nom de Showers (douches) ont non seulement gâché les vacances des Anglais mais pourront aussi saboter les jeux. Selon les météorologues, le pays connaît son été le plus pluvieux depuis un siècle. Anticipant les conséquences désastreuses des précipitations sur le niveau d’affluence dans les arènes olympiques, les organisateurs de London 2012 ont commandé en catastrophe 250 000 ponchos pour protéger les spectateurs. Seuls trois-quarts des 80 000 sièges du stade olympique sont abrités. Pis, les sites d'Erreur ! Référence de lien hypertexte non valide, à Greenwich, d’aviron à Eton Dorney, de mountain bike dans l'Essex, de beach-volley aux Horse Guards Parade dans le centre de Londres ou de hockey au Parc olympique se trouvent en plein air. Au sein du gouvernement, le ministre des Sports, Hugh Robertson, tente de se montrer rassurant. Selon lui, la plupart des enceintes sportives sont résistantes aux intempéries. “Le niveau de l’eau de la Tamise doit augmenter considérablement pour que la compétition d’aviron soit menacée. Le VTT est une activité sportive de  montagne et si c’est un peu boueux, ce n’est pas grave. Le canoë-kayak va se dérouler sur une surface d’eau artificielle. Les terrains de football ne devraient pas être un problème. S’agissant du Hockey, seule une mousson tropicale est de nature à compromettre les matches. Enfin, il faut savoir que le programme des compétitions a été conçu avec une grande flexibilité. Ce qui permettra de reporter des activités en cas d’intempéries”, fait-il savoir. Fidèle au sarcasme british, M. Robertson pense qu’il “serait plus agréable évidemment si le climat était meilleur. Mais c’est totalement hors de notre contrôle. Les Britanniques eux-mêmes sont assez stoïciens. Ils ont l’habitude de regarder un match ou un spectacle de musique, habillés de cirés. Il a plu même en Grèce lorsque nous sommes allés chercher la flamme olympique. Et puis, les gens qui vont venir en Angleterre pour assister aux Jeux olympiques ne sont pas nés hier. Ils savent que très probablement il va pleuvoir pendant leur séjour. Quoi qu’il en soit, je suis sûr que nous allons tous prendre part à une grande fête qui fera passer en second plan les aléas du climat”, promet le ministre.
Si les autorités britanniques ne peuvent rien faire pour chasser le mauvais temps, il y a des aspects dans l’organisation des jeux qui risquent d’avoir un effet tout aussi désagréable  sur les visiteurs et dont la prise en charge paraît d’ores et déjà chaotique. L’un d’eux concerne la qualité de l’accueil au niveau de la Police des frontières (The UK Border Agency). Alors que les jeux n’ont pas encore commencé, les agents de l’immigration à l’aéroport de Heathrow doivent faire face à des files d’attente interminables de passagers. Selon un rapport qui vient d’être rendu public par un observatoire indépendant de contrôle des activités d’Ukba, les délais d’attente qui peuvent parfois atteindre deux heures sont dus au recrutement d’un staff complémentaire mais inexpérimenté, en perspective des olympiades. La gestion de la dimension sécuritaire des jeux semble encore plus brouillonne. À la suite de la défection d’un prestataire privé G4S (il a admis ne pas avoir réussi à recruter, former et accréditer les effectifs prévus), le gouvernement a procédé à la hâte, à la mobilisation de 3 500 militaires supplémentaires. Le contingent proviendra d'une réserve initialement prévue pour faire face à une menace terroriste grave. Des policiers ont été également appelés en renfort pour surveiller l’accès aux enceintes sportives et procéder à la fouille les spectateurs. Au total, 40 000 individus doivent veiller à l’encadrement sécuritaire du tournoi olympique. Theresa May, secrétaire d’État au Home Office estime qu’“il s’agit de l’opération la plus complexe depuis la Seconde Guerre mondiale”.
La sécurité des sites olympiques n’est pas l’unique préoccupation du gouvernement. Il craint que des émeutes semblables à celles qui se sont produites l’été dernier, soient rééditées pendant les olympiades. The London School of Economics (LSE) en collaboration avec le quotidien The Gardian vient de rendre publique une enquête sur des risques de violence urbaine et qui repose sur le témoignage d’une centaine d’agents de Scotland Yard. “Certains policiers jugent probable une nouvelle flambée de violences, en raison d'une dégradation du climat social et de la crise économique”, assure cette étude. Les éléments de l’ordre redoutent surtout de ne pas pouvoir faire face à de nouveaux troubles en raison des coupes claires avoisinant les 20% dans le budget alloué au maintien de l'ordre.


S. L.-k.

 
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