Relance économique
L’équilibre entre l’essor de l’entreprise et la préservation du pouvoir d’achat
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La cinquième édition du Salon international de l’industrie qui s’est déroulée du trois au six octobre en cours s’est tenue juste après les résultats de la dernière tripartite, qui recentre l’entreprise au cœur de la problématique du développement économique et social.
Adossée au slogan “Du développement des industries algériennes, de la promotion de la production nationale et du renfoncement des relations d’affaires et de la coopération”, cette manifestation, organisée conjointement par Batimatec-Expo et la Safex, a réuni environ 200 participants dont nombre d’entreprises étrangères.
Outre les aspects techniques et technologiques liés aux innovations que connaissent les divers secteurs industriels, ce Salon a permis à travers plusieurs conférences, de débattre notamment des conditions de développement des PME et PMI, de l’apport et de l’association des entreprises nationales à la réalisation du programme quinquennal 2010-2014. En vérité, cet événement, qui, désormais, est devenue une tradition nationale, présente de multiples intérêts. En premier lieu, il permet aux professionnels d’échanger leurs points de vue et leurs expériences en matière d’innovation industrielle, ce qui constitue pour nos entreprises une opportunité de mieux cerner leurs besoins de mise à niveau de leurs ressources humaines ainsi que de leurs techniques et outil de production, d’autant qu’elles sont appelées à évoluer dans un environnement économique international de plus en plus compétitif. En second lieu, les décisions prises par la tripartite qui visent à améliorer le climat des affaires, à promouvoir la production nationale et à booster l’investissement privé notamment, permettent à l’avenir aux entrepreneurs algériens, d’entrevoir sereinement des relations de partenariat avec les investisseurs étrangers.
C’est, enfin, un moment d’interrogation et d’évaluation de l’état du secteur industriel national qui se trouve à la croisée des chemins. Avec une participation de 5% au produit intérieur brut, contre près de 30% au début des années 80, autant dire que l’industrie nationale régresse dangereusement au profit des activités non productives, donc de la spéculation et de l’informel. Aussi, les gouvernants sont, comme depuis longtemps déjà, interpellés sur la nécessaire lisibilité de leur politique industrielle, d’autant, qu’au plan du discours, ces derniers ont affiché de façon récurrente leur volonté de se “libérer” de l’économie rentière pour s’orienter vers celle, créatrice d’emplois et de richesses. Volonté qui, souvent, n’a pas été suivie d’effets sur le terrain. Est-ce le sens du message qui a été délivré à travers l’accord gouvernement, patronat et UGTA ? Oui en partie, mais n’oublions pas que les conclusions de cet accord, ne semblent pas emporter l’adhésion des organisations syndicales autonomes qui ont été exclues du dialogue social, alors que dans les faits, leur représentativité s’encre d’avantage dans de nombreux secteurs de l’activité nationale. L’effervescence dont font montre les travailleurs de la zone industrielle de Rouiba, de même que ceux de l’éducation nationale suite aux résultats de la tripartite, est la manifestation concrète de ce qu’ils considèrent comme une exclusion sociale. Au demeurant, Karim DoudiI, ministre des Finances, dans une déclaration à la Chaîne III, reconnaît que le niveau du SNMG fixé à 18 000 DA demeure insuffisant au regard de la détérioration du pouvoir d’achat.
En fait, les travailleurs font la part des choses et ne remettent nullement en cause les mesures qui ont été décidées en faveur des entreprises nationales de production des biens et services, car il s’agit aussi de la préservation de leur emploi et de la création d’autres possibilités d’embauche. En revanche, certains milieux d’affaires, craignant, à travers ces mesures, l’émergence d’une véritable économie productive, qui remettrait fatalement en cause leurs intérêts, tentent d’exploiter le désarroi réel des travailleurs pour les “monter” contre le capital national productif. Personne n’est dupe et certainement pas les véritables créateurs de richesses. L’amertume de ces derniers et leurs frustrations se tournent et se canalisent vers et contre les milieux de la spéculation et de l’informel, qui amassent des fortunes et échappent à tout contrôle fiscal. Invoquer l’orthodoxie économique et financière en voulant lier la revalorisation du SNMG à l’amélioration de la productivité du travail est une règle à la fois louable et nécessaire, mais faut-il pour autant faire preuve d’équité, en allant chercher l’argent là où il se trouve et se niche indûment. C’est aussi cela la consolidation et la préservation de la cohésion sociale. Le retour de manivelle est à craindre, tant la frustration prend de l’ampleur.
A. H.



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