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Économie / Actualités

Marché des changes

La valeur du dinar s’érode

© Archives/Liberté

Sur le marché parallèle, la percée de l’euro et du dollar se justifie par les promesses d’une reprise plus tôt que prévu des liaisons aériennes au fur et à mesure que les États déconfinent.

L’euro et le dollar semblent surfer sur l’effet d’annonce du plan de déconfinement progressif dès le 15 juin, actuellement en préparation au sein du gouvernement. Les deux devises ont rebondi sur le marché parallèle, jusqu’ici en berne sous le coup de la fermeture des frontières en raison de l’épidémie de coronavirus à travers le monde. 
Au square Port-Saïd, plaque tournante algéroise des transactions de change parallèle, 100 euros valaient 19 000 dinars, alors qu’un billet vert de la même valeur s’échangeait contre 17 400 dinars.
Ce mouvement haussier a été amorcé il y a quelques jours déjà ; la valeur de la monnaie unique grimpant jusqu’à 19 500 dinars pour 100 euros et celle du dollar à 17 800 dinars pour 100 dollars la semaine dernière, aidée essentiellement par les rumeurs d’un déconfinement dès le 15 du mois en cours. Selon un cambiste joint par téléphone, la percée des deux principales devises, l’euro et le dollar en l’occurrence, se justifie par les promesses d’une reprise plus tôt que prévu des liaisons aériennes, particulièrement à destination de l’Europe et du Moyen-Orient. 
La demande devrait ainsi croître au fur et à mesure que les pays de ces deux régions accélèrent le déconfinement. 
Le rebond ces derniers jours des cours de l’euro et du dollar tire sa source d’une légère hausse de la demande, alors que l’offre continue à être limitée après que le marché parallèle ait été carrément laminé par l’épidémie de Covid-19. “L’euro et le dollar ont été particulièrement renforcés par les promesses d’une réouverture bientôt des frontières aériennes. Des compagnies ont d’ores et déjà annoncé la reprise de leurs vols vers et depuis Alger”, nous explique un cambiste qui, de prime abord, semble nourrir davantage d’optimisme, alors que, il y a quelques semaines, le marché parallèle des changes, implanté au square Port-Saïd, a carrément suspendu les transactions sous l’effet d’une baisse vertigineuse des cours de l’euro et du dollar. “Nous étions confrontés au choix de vendre à perte et/ou de suspendre les transactions. Nous avons opté pour le second choix tout en maintenant les opérations d’achat de devises, mais celles-ci étaient plutôt rares étant donné que la période plaidait en faveur d’une thésaurisation en monnaies étrangères”, apprend-on auprès d’un cambiste. 
Depuis le mois de mars dernier, aucune nouvelle n’est venue animer le marché parallèle des changes, la valeur de la monnaie unique et le billet vert atteignant des plus bas jamais vus depuis plusieurs années. 
Il y a un mois, dans un marché complètement à l’arrêt, ou presque, l’euro se négociait à 185 dinars, alors que le dollar s’échangeait contre 170 dinars. Peu avant la fermeture des frontières aériennes, présentée comme étant une des mesures de lutte contre la propagation de l’épidémie de coronavirus, la monnaie européenne valait 202 dinars sur le marché de 
change parallèle, alors que le billet vert était coté à 190 dinars. 
Les deux devises profitaient d’une accalmie inespérée sur le marché après les baisses amorcées depuis la mi-2019. 
Ce rebond n’était, cependant, que de courte durée, puisque la diffusion du Covid-19 est venue remettre les courbes en tendance baissière. En revanche, la Banque d’Algérie a levé le voile, dimanche, sur les cotations hebdomadaires des principales devises sur le marché officiel des changes, confirmant une tendance vers la dépréciation du dinar par rapport aux principales devises d’échange. C’est une tendance qui a été amorcée depuis le début de l’année en cours ; le dinar se dépréciant de plus en plus face au dollar et à l’euro, dans un contexte marqué essentiellement par le creusement des déficits budgétaire et courant, ainsi que par une évolution défavorable de certains fondamentaux de l’économie. 
Dimanche, 31 mai, la valeur de la principale devise du Vieux Continent a été ainsi fixée par la Banque centrale à 142,92 dinars, alors que la valeur du billet vert était fixée à 128,49 dinars. Il y a un peu moins de quatre mois, soit le 9 février dernier, la valeur du dollar était fixée par la Banque centrale à 125,48 dinars, tandis que celle de l’euro était à 138,18 dinars à la vente. Cette lente dépréciation amorcée depuis janvier coïncide avec la dégringolade des cours pétroliers dans une conjoncture marquée par une chute de la demande mondiale, conséquemment à une croissance économique morose, alors que l’offre était abondante et les stocks excédentaires.

Ali Titouche

 


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