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editorial / ACTUALITÉS

Défis


En lançant l’opération contre des manifestants sahraouis dans la région de Guerguerat, le pouvoir marocain, sans doute par calculs, a probablement provoqué et cueilli l’inverse de ce qu’il escomptait : remettre sous les feux de la rampe un conflit vieux de plusieurs décennies et concernant la dernière colonie en Afrique.

Sonner le glas d’un cessez-le-feu et réveiller le spectre de la guerre. Même si au regard de la guerre d’informations que se livrent Marocains et Sahraouis sur les réseaux sociaux — sans compter la difficulté d’accès à la région en question pour les journalistes et certains observateurs —, il n’est pas aisé d’avoir une idée assez précise sur la réalité de la situation, il n’en demeure pas moins que l’opération semble signer le retour à la case départ d’un conflit qui n’en finit pas de s’enliser.

À la violation par le Maroc du cessez-le-feu a répondu le décret d’“état de guerre” par le front Polisario, ce qui fait planer, à terme, des menaces sur la stabilité de la région au moment où le monde a fort à faire avec la pandémie de Covid-19. Ce n’est sans doute pas sans raison que plusieurs capitales ont appelé les deux belligérants à la retenue et sommé l’ONU, dont l’action est prisonnière de certaines puissances occidentales, à remplir sa mission dans la région, c’est-à-dire faire respecter le cessez-le-feu et relancer les négociations entre les deux parties.

Car une éventuelle exacerbation ou dégradation de la situation n’aura pas seulement des répercussions au niveau de cette seule région, mais dans tout le Maghreb.

Entourée d’une véritable ceinture de feu, avec la crise libyenne toujours en quête d’une solution viable et les incertitudes de la situation au Sahel où elle tente de relancer laborieusement l’accord de paix de 2015 entre Bamako, les groupes armés pro-gouvernementaux et l'ex-rébellion indépendantiste à dominante targuie du nord du pays, la Coordination des mouvements de l'Azawad, l’Algérie risque de se retrouver, avec une éventuelle dégradation de la situation à son front Ouest, confrontée à de sérieux défis sécuritaires.

Des défis immenses qui commandent la mobilisation de moyens humains, matériels et diplomatiques dans un contexte politico-économique pour le moins difficile. L’appréhension d’un deuxième terroriste, il y a deux jours, parmi ceux qui ont été libérés par Bamako en contrepartie de la libération d’otages, est à ce titre un signe sur la permanence de la menace. S’ils ne sont pas impossibles à relever, notamment pour les services de sécurité aguerris par l’expérience de la lutte des années 90, ces défis appellent, toutefois, la vigilance de tous.


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