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editorial / ACTUALITÉS

Et au-delà du “bout”, que faire ?

Nouvelle démonstration de force du mouvement citoyen, hier, pour la trente-huitième semaine de suite. Dans près d’une quarantaine de villes, les Algériens ont investi les places et les boulevards, quelquefois sous leurs parapluies qui les abritaient d’une pluie battante, pour redire non seulement leur volonté d’en finir avec un système politique qui a failli sur toute la ligne, mais aussi leur détermination à faire barrage à ce qu’ils considèrent comme une tentative du système de se régénérer, comble du paradoxe, sur le dos du hirak et même en son nom. C’est ainsi qu’un peu partout à travers le pays, les manifestants ont fait le serment d’“aller jusqu’au bout”. 

Évidemment, et comme pour dire que le sens de l’observation des Algériens est toujours à la hauteur de leur mobilisation, ils n’ont pas omis d’innover, comme chaque vendredi, en matière de choix de slogans et de mots d’ordre, pour adapter le discours du mouvement aux faits saillants de l’actualité. La dernière sortie du chef d’état-major de l’armée, la fin en queue de poisson de la grève des magistrats et la mort de trois militaires dans une embuscade ont donc été à l’ordre du jour du 38e vendredi. D’où, la réaffirmation du principe énoncé dans la plateforme de la Soummam, celui consacrant la primauté du politique sur le militaire, et donc, de fait, l’édification d’un “État civil et non militaire”. D’où, ensuite, ce réquisitoire contre les magistrats accusés de “trahison” envers le peuple pour avoir troqué l’indépendance de la Justice contre des intérêts corporatistes. 

Et d’où, enfin, ce vibrant hommage rendu par les manifestants aux soldats tombés mercredi dernier et qui, à lui seul, dément toute malveillance du peuple envers l’institution militaire, même si celle-ci est invitée à se dessaisir du pouvoir et à se retirer du champ politique. Mais, par-delà ce “décryptage citoyen de l’actualité” qu’il importe d’analyser et de lire correctement pour ne pas se tromper de solution, c’est la résolution du hirak à “aller jusqu’au bout” qui devrait interpeller les tenants du pouvoir : la tenue d’une élection présidentielle le 12 décembre prochain peut-elle constituer une issue satisfaisante pour tous, alors qu’elle est déjà massivement rejetée ? 

Voilà une question essentielle que le pouvoir ne se pose pas. Et pour cause : ce scrutin a été conçu comme le point d’arrivée de sa feuille de route, et celle-ci a été tracée sur mesure pour y parvenir. Le mouvement citoyen, lui, est sur une tout autre trajectoire. Et s’il va “jusqu’au bout”, il risque alors d’aller bien au-delà du 12 décembre. 


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