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editorial / ACTUALITÉS

“Le combat continue”

“Le combat continue”, écrivaient systématiquement les animateurs du Printemps berbère, en guise de conclusion de leurs déclarations, tout au long des années 80. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et, parce que le message d’avril n’avait pas été entendu, beaucoup de sang, aussi, a été versé. Pas seulement en 2001 et 2002 en Kabylie, mais aussi auparavant, en octobre 88 puis durant les années 90. Car le Printemps berbère n’était pas, loin s’en faut, un mouvement d’humeur passager ni un simple moment de grande colère induite par l’interdiction d’une conférence sur la poésie kabyle ancienne que s’apprêtait à donner Mouloud Mammeri. Avril 80, ce fut l’aboutissement d’un long processus de maturation, entamé dès la fin des années 60 par une poignée d’étudiants soutenus par quelques lettrés, qui, eux-mêmes, ne faisaient que reprendre le flambeau d’une revendication intimement liée à l’histoire du mouvement national — et à l’histoire tout court. Avril 80, ce fut aussi le point de départ d’un autre processus : celui de la réhabilitation et de la réappropriation d’une identité nationale ignorée, bafouée, mise à mort. Mais les animateurs du Printemps berbère avaient conscience qu’une revendication démocratique — la reconnaissance d’un droit de cité à l’amazighité comme fait d’histoire et de culture et comme fondement de l’identité nationale — ne pourrait accéder à la légitimité politique que si le pouvoir politique lui-même se démocratisait. En 80, on en était loin, bien trop loin et le pouvoir était plus enclin à étouffer les vérités qu’à les écouter et plus prompt à emprisonner les semeurs d’espoir qu’à libérer la parole. Tout le contraire de ce printemps-là qui, face à la violence subie, inventait le combat pacifique pour proposer une alternative au système du parti unique condamné autant par l’histoire du pays que par l’évolution du monde, déjà bien avancée puisque le mur de Berlin allait tomber quelques courtes années plus tard.
Près de quatre décennies se sont écoulées depuis et, à chacun de ces 37 anniversaires célébrés, la population de cette Kabylie qui a enfanté le Printemps 80 aura fait preuve d’une fidélité jamais démentie. La demande d’une reconnaissance concrète de l’amazighité reste encore d’actualité et l’alternative démocratique portée par ce mouvement demeure à l’ordre du jour. “Le combat continue”, diraient, aujourd’hui encore, ceux qui avaient infligé la première fissure au mur du mépris.


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1 réactions
Fraternity le 20/04/2017 à 14h14

Ce qui est triste et affligeant, il n'est pas d'ailleurs propre aux mouvements démocratiques berbères en Algérie, c'est le retournement de vestes de certains de ses leaders; soit en désertant la scène politique pour trouver refuge chez les nouveaux milliards en sac noir, soit repris par le pouvoir à son propre compte, pour prêcher la bonne parole! Reste à dire que le mouvement berbère, avant d'être identitaire et culturel, est un mouvement national, citoyen et démocratique;

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