Leçon
Par : Outoudert AbrousSi on prend avec sérieux les comptes rendus rapportés par nos confrères marocains suite à la rencontre qu’ils ont eue avec leur ministre des Affaires étrangères qui les a briefés sur sa visite en Algérie, la profession est encore une fois visée. Elle est accusée de semer le trouble entre les deux pays, de faire dans la désinformation, d’être à l’origine du blocage des négociations et de saborder les passerelles mises en place. Rien que cela. Aussi, les deux ministres ont appelé à “l’arrêt des hostilités médiatiques”. La presse, du moins algérienne, et dans sa majorité, ne fait que rapporter des faits comme c’est sa mission, et les quelques articles sévères publiés n’ont fait que répondre à des campagnes de désinformation touchant le pays et les citoyens par certains titres proches du palais et de certains cercles. Il ne faudrait pas que l’incapacité du politique soit mise sur le dos du journaliste.
Cet ordre intimé à la profession des deux pays, qui peine à avoir un statut et des textes pour la protéger, sera-t-il le prélude à un serrement de vis ?
Chez nous, même critiqué, un alinéa de l’article 3 de la nouvelle loi sur l’information est passé et qui stipule : l’information est une activité qui doit s’exercer dans le respect, entre autres, “des impératifs de la politique extérieure du pays”.
En clair, ne pas porter des critiques sous forme d’analyse ou de commentaires sur un secteur régalien qui engage toute la nation. Faudrait-il puiser ailleurs l’information des médias étrangers ?
Enfin, la leçon que vient de donner le ministre des Affaires étrangères à ses hôtes d’Alger, c’est sa rencontre avec des directeurs de journaux qu’il a mis dans la confidence avec certainement des clés de lecture livrées en off record. Ce qui n’est malheureusement pas le cas chez nous où c’est le black-out total, où une bribe d’information devient un parcours du combattant pour le journaliste. Depuis 1999, ni le Président, pourtant volubile, ni les Premiers ministres, ni les détenteurs de ministères sensibles n’ont, un jour, appelé les directeurs de journaux pour des éclairages importants en cette phase cruciale pour ne pas tomber, justement, dans des analyses approximatives.
O. A.
abrousliberte@gmail.com
Commentaires
Alimaz 04-02-2012 10:27
habiballah 04-02-2012 10:25
Ce n'est pas facile pour un journaliste de commenter avec discernement une information sur ce conflit avec le Maroc, qui dure depuis des décennies. J'en conviens. Mais critiquer systématiquemen t les positions du "Makhzen", je ne suis pas d'accord. On ne sortira pas de l'auberge avec des positions pareilles. Mon opinion est que des erreurs politiques énormes ont été commises des part et d'autre. Nous devrions nous rapprocher des opinions des peuples plutôt qu'à celles des dirigeants. Les peuples aspirent à la paix et à des relations conviviales basées sur la confiance et la réciprocité. Alors pourquoi ne pas donner une chance à la voix des peuples?
Je souscris entièrement ! Seuls les peuples...
habiballah 04-02-2012 10:20
Que les autorités marocaines, Palais et Gouvernement istiklaliste ou islamiste, sachent une fois pour toutes : des sondages sérieux, qui ont été récemment effectués, montrent clairement que l'écrasante majorité des Algériens et des Algériennes, ne sont pas prêts à oublier de sitôt toutes les trahisons historiques, menaces et insultes émanant des dirigeants de ce pays et de leurs sbires et ne veulent pas d'une ré -ouverture de le frontière algéro-marocaine qui ne leur apporterait que des problèmes, dont souffre considérablemen t l'Espagne voisine.
Cela n'est pas vrai : ce qui vous fait mal est que la majorité des algériens interrogés sont largement favorables à une ouverture de la frontière avec le Maroc !
CQFD
said-dziri 04-02-2012 09:11
KHOUDHOURA 04-02-2012 04:12
Pour ce qui est de la presse algérienne, elle a ses travers, mais pour ce qui est du problème algéro-marocain, elle fait honnêtement son travail, et mérite tout le respect dû au métier de journaliste!
Sirius 02-02-2012 16:33
Quant au ministre marocain des affaires étrangères qui réunit la presse marocaines pour les informer ou leur indiquer quelques consignes, si Medelci ne fait pas de même avec la presse algérienne, c'est pour la simple raison qu'il a compris que son maître n'est pas le peuple, mais autre, alors c'est tout naturellement que, dès qu'il a quelque chose à annoncer, il le fait chez J.P. Elkabbach!
Mohammed MADJOUR 02-02-2012 15:02
yacine 17 02-02-2012 14:37
Benyoucef 02-02-2012 12:38
Que les autorités marocaines, Palais et Gouvernement istiklaliste ou islamiste, sachent une fois pour toutes : des sondages sérieux, qui ont été récemment effectués, montrent clairement que l'écrasante majorité des Algériens et des Algériennes, ne sont pas prêts à oublier de sitôt toutes les trahisons historiques, menaces et insultes émanant des dirigeants de ce pays et de leurs sbires et ne veulent pas d'une ré -ouverture de le frontière algéro-marocaine qui ne leur apporterait que des problèmes, dont souffre considérablemen t l'Espagne voisine.
Oui Monsieur, les Algériens sont unanimes sur le Maroc, dont ils connaissent la haine qu'il a pour eux, largement exprimée par l'ancien Ministre des Affaires Etrangères l'inommable Fassi El FIHRI.
Rabah 3 02-02-2012 12:09



