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editorial / ACTUALITÉS

Les limites de la gestion caporaliste des conflits

Encouragé par une certaine façon de conduite des affaires publiques, du reste fondamentalement rejetée par les Algériens qui continuent, depuis presque neuf mois, de battre le pavé à travers le pays pour changer le système politique, le pouvoir en place semble avoir totalement perdu la raison. Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine qui écrabouille tout sur son passage, il poursuit sa politique suicidaire de gestion de la société en recourant à l’usage excessif de la violence sans se soucier du fossé qui s’élargit encore davantage avec des pans entiers du peuple. Ce qui s’est passé à Oran avec l’agression abjecte dont ont été victimes des magistrats à l’intérieur même du palais de justice donne en fait une idée sur cette propension presque atavique du régime à user de la brutalité, y compris lorsqu’il a affaire à un corps qui, pourtant, a toujours été partie intégrante du système qu’il protège. L’histoire nous a appris que le dialogue a rarement été son fort dans la gestion des conflits que connaît la société. Et c’est cette prédisposition à la violence qui lui est, en fait, consubstantielle, vu les conditions de son émergence au lendemain de l’indépendance par le truchement d’un coup d’état en bonne et due forme contre la volonté populaire, qui rejaillit aujourd’hui pour s’exprimer de la manière la plus hideuse. Des forces antiémeutes de la Gendarmerie nationale, parées comme pour affronter un gang surarmé, ont été appelées pour mater un attroupement de magistrats grévistes qui revendiquent, pacifiquement, l’application du principe de séparation des pouvoirs, tel que le réclame le peuple tous les jours que Dieu fait. Cette irruption d’un corps de sécurité à l’intérieur d’une enceinte judiciaire a choqué l’opinion publique, restée ébahie devant tant d’effronterie et de brutalité. Et pour cause. Les graves événements d’Oran continuent de faire le buzz sur les réseaux sociaux, écorchant durement, au passage, l’extraordinaire image de l’Algérie que la révolution populaire a façonnée depuis son déclenchement le 22 février dernier. Autant les Algériens continuent de recueillir les éloges les plus enchanteurs à travers le monde grâce à leur pacifisme à toute épreuve, contribuant à changer la perception des plus sceptiques sur l’Algérie, autant le pouvoir poursuit son travail de sape par son comportement répressif et autiste à l’égard de toutes les voix discordantes. 


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