Scroll To Top

editorial / ACTUALITÉS

Philosophie de gouvernance ou logique de régime ?

Depuis sa nomination en remplacement d’Abdelmalek Sellal, le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune ne rate aucune occasion de rappeler son attachement au dialogue et au consensus, notamment lorsqu’il s’agit de prendre des mesures ou des décisions importantes ou engageantes pour le pays. C’est ainsi que, s’exprimant sur le projet de révision du système de subvention des produits de large consommation, il avait laissé la porte ouverte à toutes les options. Il avait alors assuré que si aucun consensus ne vient conforter une quelconque nouvelle formule proposée à ce sujet, le gouvernement n’aurait d’autre choix que de…laisser les choses en l’état. C’est dire l’importance que le nouveau Premier ministre, contrairement à ses prédécesseurs, accorde à l’adhésion des “partenaires” politiques et sociaux à l’action du gouvernement.
Faut-il s’en réjouir béatement ou faut-il y voir, comme le FFS, une tentative d’“impliquer” et d’embarquer l’opposition dans des politiques antisociales et impopulaires qui, désormais, semblent de plus en plus
incontournables ? À ce stade, il est encore difficile de trancher. On ne pourra juger de la viabilité de la “gouvernance Tebboune” qu’à la lumière de sa gestion du dialogue que le Premier ministre appelle de ses vœux et du contenu concret qu’il donnera au concept de consensus qui, dans l’absolu, suppose d’emblée une volonté de dépasser les clivages et les postures de forme ou de circonstance. Il faudra donc attendre de savoir si les annonces de M. Tebboune procèdent d’une philosophie de la gouvernance ou d’une logique de régime.
L’on peut toutefois comprendre que des acteurs politiques ou sociaux se montrent, d’ores et déjà, sceptiques : rarement, dans ce pays, les actes ont été conformes aux discours et, souvent, les discours les plus “aimables” dans lesquels fleurissent les plus belles promesses n’ont servi qu’à préparer le terrain aux pires décisions et, au final, à l’exclusion de l’opposition politique et à la répression de la contestation sociale. L’on sait que le gouvernement n’a plus, aujourd’hui, les moyens d’une telle politique, d’une telle folie. L’on sait aussi qu’il doit montrer “patte blanche”, compte tenu des impératifs de la succession à l’échéance de 2019. Mais il est tout aussi vrai que le système a su mettre à profit les pires crises pour se régénérer.
C’est sans doute l’exercice préliminaire que doit résoudre, au plus vite, le Premier ministre : faire la démonstration irréfragable de ses engagements en faveur du consensus par l’action, plus que par le discours. 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER