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editorial / ACTUALITÉS

Surenchère répressive

À une situation politique déjà délétère dans le pays, en raison du coup de force que sont en train d’opérer les tenants du système pour aller au bout de leur feuille de route, charriant dans ce sillage l’incarcération de dizaines de manifestants et de figures du mouvement populaire, le pouvoir réel, représenté par le chef d’état-major de l’armée, en rajoute une couche. 
La perspective de l’organisation d’une élection présidentielle, fût-elle rejetée, dans les conditions actuelles, par des millions d’Algériens et une partie de la classe politique, aurait dicté la prise de mesures d’apaisement à même de détendre une atmosphère politique intenable. Mais le pouvoir ne l’entend pas de cette oreille, lui qui est, manifestement, prêt à tout balayer sur son passage, quitte à recourir à des procédés les plus brutaux pour faire respecter son calendrier électoral. Et pour cela, il ne s’embarrasse pas de demi-mesures. 
L’instruction donnée hier par le chef d’état-major à la Gendarmerie nationale d’interdire, les vendredis, l’accès à la capitale pour les citoyens des autres régions du pays a quelque chose de choquant, voire d’indécent, en ce sens qu’elle rappelle aux Algériens une page de triste mémoire, de leur histoire. Il n’y a que la France coloniale, à travers le fameux code de l’indigénat, adopté en 1881, qui a interdit aux “indigènes” qu’étaient nos aïeux de se déplacer dans le pays s’ils n’avaient pas sur eux un sauf-conduit. Jamais depuis l’indépendance du pays, quelle que fût leur nature despotique, les régimes qui se sont succédé n’ont commis un tel débordement. 
Au-delà du fait qu’elle va à l’encontre des souhaits de la classe politique qui continue d’appeler à des mesures d’apaisement, cette instruction constitue une atteinte flagrante à la Constitution du pays qui énonce, dans son article 55, que “tout citoyen jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de choisir librement le lieu de sa résidence et de circuler sur le territoire national (…)”. Mais le respect de la loi fondamentale du pays reste, visiblement, le dernier des soucis des tenants actuels du système qui usent et abusent du pouvoir dont ils ont hérité, faisant fi de toutes les opinions contraires qui s’expriment dans la société. En jetant en prison tous ceux qui expriment des avis contraires aux siens ou qui manifestent dans la rue, en imposant une chape de plomb sur les médias publics et privés, notamment les chaînes de télévision, le pouvoir s’enfonce dans sa stratégie du fait accompli, entraînant le pays dans les méandres d’une gestion aussi hasardeuse qu’aventureuse, aux lendemains incertains.


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