Editorial
Samedi, 04 Février 2012 10:00
Visibilité
Par : Outoudert Abrous
Jamais élections législatives n’auront pris autant d’importance aux yeux du pouvoir alors qu’elles sont connues pour être les moins courues, sauf pour certains candidats prêts à mettre le prix pour peu qu’on les affuble du titre de Monsieur le député.
La législature, qui vient d’achever son mandat, a existé malgré un taux de participation très bas et s’est illustrée par son obéissance à adopter des textes, surtout les dernières lois formant le package des réformes, malgré les propositions nombreuses et les amendements salvateurs déposés auprès des commissions. Certes, le parti d’Abou Djerra Soltani a préféré s’abstenir, pensant accroître son audience pour l’échéance de mai, l’air du temps étant à “l’islamisme modéré” que boostent les Américains et les Européens, et ce, malgré les informations qui nous parviennent de chez nos voisins tunisiens, égyptiens et libyens.
Aussi, ces appels des autorités, faits au citoyen pour accomplir son devoir électoral, suffiront-ils à convaincre l’électeur à se rendre aux urnes ? Certains y croient, même si la méthode manque de rigueur et ceux qui en font l’appel manquent de crédibilité.
Cette façon de se rappeler du citoyen, plus objet que sujet, rappelle la période socialiste où l’État décidait pour tout le monde. Malheureusement, cet état fort d’hier, même s’il était injuste aussi, a laissé place, aujourd’hui, à une administration obsolète, sans vision d’avenir, gérant au jour le jour des dates dont l’importance lui échappe et les arrière-pensées aussi.
On connaît la date des élections mais pas encore les desiderata des partis en lice, surtout les nouveaux, pas encore nés officiellement sur l’état civil d’une liste déjà longue.
Question : de quelle couleur sera la prochaine assemblée ? Quid de la suite sur le terrain des réformes annoncées, même insuffisantes ? Le dosage prendra-t-il compte de la percée des islamistes à nos frontières sans rééditer les années rouges que seuls les Algériens connaissent, eux qui en gardent encore les cicatrices.
Le citoyen veut simplement une visibilité. Quant au choix, il saura certainement le faire quand il se trouvera devant l’urne et se rappellera peut-être le prix que lui a coûté l’abstention des années 90 et celle catastrophique de cette législature qui s’en va sans laisser de regrets.
O. A.
abrousliberte@gmail.com
Commentaires
Les commentaires éclairés des intervenants m'inspirent les observations suivantes:
Malgré les assurances réitérées par les officiels d'élections " propres" et "transparentes",beaucoup de gens émettent des réserves. Cela démontre que lorsque la confiance fait défaut, les élections ne pourront pas jouer leur rôle de régulateur démocratique. Ainsi, une nouvelle fois, l'Algérie va renouer avec ses démons, l'incertitude et le statut quo. Dommage, car ce pays aurait bien mérité d'avoir un homme providentiel qui aurait tracé la voie et rassemblé les composantes du peuple pour aller vers la paix et la prospérité.
Répondre a adelil1
Vous dites "VISIBILITE" ,j'ai beau chaussée mes lunettes,mettre mes anti-broullards,rédu ire ma vitesse,mais rien n-y-fait,je suis dans le flou total.Mais un reflexe me viens soudainement,j'ai stoppè net,j'ai coupè le moteur,j'ai mis mes warning.Seul avec moi même,regardant dans le retroviseur l'histoire de mon pays depuis 50 ans..J'arrive à la conclusion suivant ;que d'illusion et de gâchi...alors j'ai décidè de faire au tant à mon tour,de ne pas répondre aux sirénes des" Bérah" je n'irai pas VOTER;se n'est pas par revanche,c'est plutôt par acte de résistance,et pour honnorer l'esprit de mes ainées des années 1954.J'ai fais acte de ne pas cautionner la fraude par l'abstention.Je m'approprie ma dignitè sans devoir quoi que se soit à qui que se soit.
Répondre a Omrane
yacine 17
04-02-2012 16:59
#5
l abstention est un message de l electorat aux decideurs nationaux et internationaux que le personnel politique actuel qu il soit au pouvoir ou dans l opposition est nul et aucun des protagoniste n est digne de meriter la confiance du peuple a moins qu on nous ramene des deputes suedois la on est preneur
Répondre a yacine 17
Shumisha
04-02-2012 14:20
#4
Un jour, un vieux Monsieur qui avait l’habitude de faire sa prière dès que le muezzin l’y invitait, s’est pris des airs flegmatiques et s’est mis à lambiner en forçant l’inertie au coin du feu. Sa femme, vielle teigne et satrape, nervi appuyée à ces moments de celui des cieux le tacla avec ce ramage sentencieux et menaçant : « A yamghar ? Tu ne l’as pas entendu ? Vas faire ta prière ! » Alors, le vieux jeta un regard oblique extroverti vers sa démoniaque de vielle moitié et lui dit : « bla…. puisque c’est toi qui le dit, bla… que je ne la ferai plus jamais ! » Je n’avais jusque là jamais douté de mon choix, mais si ce fut le cas, voila une raison pour ne pas voter !
Répondre a Shumisha
ticouc2 équeuté
04-02-2012 13:53
#3
Non, je n’ai pas comme vous l’embarras du choix, et je ne suis nullement forcé de choisir parmi des complices. Si je suis d’accord avec Madjour qui demande l’annulation de ces élections et de celles à venir, pour des raisons opposées, mais sans illusions de voir son vœu se réaliser, ce n’est que pour des raisons tactiques. Car la suite nous montrera tous ces impétrants de la vague électoraliste avec leurs vrais visages.. Si je dois aller forcé et la mort dans l’âme vers un avenir que je ne peux aujourd’hui que conjurer, j’irai peut- être, mais les pieds devant plutôt qu’à genoux devant la fatalité.
Répondre a ticouc2 équeuté
Non Monsieur, les responsables ne sont pas les abstentionniste s mais ceux qui comme vous ont participé à la mascarade anticonstitutio nnelle de 90 : candidats, votants, organisateurs et apôtres de l’électoralisme conditionné. Non Monsieur les élections, quelles qu’elles soient, n’ont jamais été des garants pour la démocratie et la liberté. Je termine en vous disant que ce n’est pas le Pouvoir ni OUYAYA, ni un quatrième mandat, le DRS, l’apocalypse, le diable, Armageddon qui me font peur, mais la perspective de me retrouver face à vous, le peuple, les zeghradates des victorieux et les pleureuses des déçus d’après les élections ! Voila , entre autres,pourquoi Monsieur je n’irai pas voter, avec vous. J’assume et advienne que pourra !
Iiiiiih, entouma thani tkhewfou fina ?
Répondre a Ticouc3
Si je n’avais pas la nostalgie teigneuse et persistante, j’aurais senti ma burne de gauche bouger sous le poids des remords qui l’aplatissent depuis mon abstention de l’année 1990. Mais hélas cette remontrance en fin d’édito en guise de morale n’a fait qu’hérisser mes neurones de boycotteur récurent Depuis que j’ai eu l’âge de voter. Cette année 90 je n’ai pas voté pour ne pas chopper la mauvaise foi de ceux qui y sont allés cautionner le scrutin pour se renier par la suite. Moi Monsieur, j’étais de ceux qui disaient « pas de démocratie avec les islamistes ». Et Maintenant que ça recommence et que vous n’avez de nouveau que votre foi de charbonnier, encore, pour des « élections libres » à nous fourguer, ce sont nos démons plus que jamais vigilants que vous tenter d’anesthésier en forçant notre naïveté de citoyens disponibles aux mascarades électorales.
Répondre a Ticouc1
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