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Le tourisme en Algérie: ce qui se passe vraiment!

Image prise du Tassili n'Ajjer/©D.R.

En 2016 plus d’un million d’algériens ont visité la Tunisie. Et Rien qu’en l’espace de 3 mois plus de 500 000 s’y sont rendus pour passer leurs vacances d’été.

Les plages algériennes ne suffisent-elles pas ou ne sont-elles pas à la hauteur de nos attentes ? Le problème est que nos plages et nos sites touristiques sont loin d’être satisfaisants, on parle parfois de décharge à ciel ouvert, on parle d’hôtels à plus de 10 000DA la nuit, on parle aussi de plages où les familles ne peuvent se baigner tranquillement. Comment faire alors pour satisfaire cette demande nationale, et qui sait, peut-être même la demande extérieure ?

Le constat en chiffres

En réalité, l’industrie touristique en Algérie, plus grand pays d’Afrique, représente 8% du PIB, l’Algérie est 118e sur un total de 138 pays en termes de compétitivité touristique selon «World Economic Forum » WEF, sur le continent africain l’Algérie avec sa côte de plus de 1200 km est 19e loin derrière le Maroc, l’Egypte et la Tunisie 3e, 4e et 9e respectivement. Ces chiffres étonneraient certainement ceux qui savent que l’Algérie est classée parmi les 20 plus beaux pays au monde en termes de paysages naturels.

Quelques causes de ce coma…

©D.R.

Le tourisme en Algérie est un secteur qui a longtemps été mis à l’écart, tout simplement parce que le pays n’avait pas besoin d’argent, les caisses de l’état étaient suffisamment remplies grâce aux recettes rentières, de ce fait les autorités n’ont alors pas jugé assez important le secteur touristique, pourquoi se fatiguer on est riche… enfin on l’était…

Les investissements touristiques sont retardés victimes de bureaucratie et de mauvaise gestion, sur 500 projets d’hôtels en 2015, 340 sont en attente de permis de construire.

Les hôtels Low-Cost et les auberges ne sont pas suffisants et voire même inexistants dans plusieurs villes du pays surtout celles du centre.

Mais le plus grave dans tout cela, c’est bien la quantité de déchets et de poubelles dans nos rues et dans la nature, comment voulez-vous qu’un hôtel puisse réussir avec une vue sur une décharge à ciel ouvert ?

De plus, Depuis plusieurs années le ministère du tourisme souffre d’une grave instabilité managériale, il est a noté que le dernier ministre du tourisme a été limogé suite à un scandale et depuis plus d’une semaine, le poste est vacant jusqu’à nouvel ordre…

La solution

Outre la volonté politique qui reste insuffisante, la volonté civile est aussi importante pour le développement et la mise en marche de cette locomotive dont l’économie algérienne a tant besoin, un investissement sur la ressource humaine donc est nécessaire.

Une combinaison doit être faite, entre l’état et le citoyen, d’un côté l’état se doit d’investir sur le plan humain et infrastructurel, créer des écoles de tourismes (actuellement on compte moins d’une dizaine) dans diverses régions du pays, investir sur les infrastructures urbaines (transport, auberges et cites aménagés) en encourageant l’investissement privé dans le secteur, un investissement qui mettrait en valeur le relief de notre beau pays.

De l’autre côté, le citoyen algérien doit être non seulement un bon citoyen mais aussi un ambassadeur de sa ville, il doit également se débarrasser de cette fierté mal-placée pour être à même de bien recevoir et d’accueillir les étrangers, car personne ne peut mieux promouvoir une ville que ses propres résidents, seuls eux connaissent ses plus beaux recoins, et ses attraits. On parle alors en termes de Marketing territorial qui est tiré du marketing, il se définit par l’ensemble des techniques marketing mises en place pour développer l’attraction des villes, en plus simple c’est mettre en valeur une région dans la volonté de faire attirer des touristes, des résidents, des investisseurs etc.

Aussi le citoyen sera obligé d’entretenir son environnement et de créer cet esprit de compétitivité entre les villes ce qui ne fera qu’accroitre l’attractivité des villes algériennes. Mais aussi d’accompagner cette campagne de communication en incitant son entourage à visiter sa ville, en effet d’après une étude du professeur-chercheur en tourisme à l'UQTR, François de Grandpré, «Les études sont formelles, les visiteurs de parents et amis (VPA) figurent parmi les plus importantes formes de séjour qui existent et sont aussi l'une des plus anciennes et des plus marquantes socialement. »

Les ruines de Timgad/©D.R.

Si l’Algérie a pu surfer sur une aisance financière pendant plusieurs années c’était grâce aux rendements des hydrocarbures, d’autres ont dit «On a eu le malheur de découvrir les hydrocarbures avant de construire notre économie».

L’heure est venue de revoir notre industrie touristique qui serait certainement le meilleur créneau dans les années à venir, qui sait et avec un peu d’optimisme et de rigueur d’ici 2030 l’Algérie pourrait bien être parmi les meilleures destinations touristiques mondiales.

Ryan TORCHE

Elite-Club (ESGCI)/ Rédaction Numérique de « Liberté »