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A la une / Enquête

Une profession en mal d’organisation

Agences immobilières ou “smasria” ?

Mourad, 24 ans, vit en Angleterre. De passage à Alger, il veut louer un petit appartement pour ses parents. Ceux-ci vivaient dans une villa aujourd’hui sujette à un problème d’héritage. Un problème classique chez nous. “J’ai vu pas mal d’agences. J’ai été outré par leur façon de te recevoir. Ils te regardent comme un client, une affaire à saisir ou un sac d’argent. Leurs visites sont bâclées et ils ne te laissent même pas le soin de poser des questions, de voir.” Un autre fait : “Tu ne vois jamais le proprio, de sorte que tu peux facilement te faire arnaquer sur le prix.” Le propriétaire d’une agence de la rue Larbi-Ben-M’hidi a 40 ans de métier. Son diagnostic est amer : “Mon père a ouvert cette agence en 1963. Nous étions à peine 5 ou 6 à l’époque. Aujourd’hui, il en pousse chaque jour. Le métier est perverti. Des agences pratiquent des méthodes déloyales. Certaines durent à peine 6 mois et mettent la clé sous le paillasson.”
De leur côté, les agences se plaignent du comportement de certains clients grossiers ou capricieux qui ne paient même pas d’honoraires (le fameux 13e mois), qui se désistent à la dernière minute et n’honorent pas leur contrat. Mme Samira Zebentout est gérante de l’agence La Résidence, une agence qui a pignon sur rue à Hydra, en activité depuis 1987. “Moi, ma politique est claire, dit Mme Zebentout, je ne laisse rien au hasard. Étant avocate de formation, je passe au crible tous les documents. Ma hantise, ce sont les papiers. On n’est jamais à l’abri de l’arnaque dans ce métier.
Dans le cas d’une location, la procédure est stricte. Je procède avant tout à l’état des lieux. On fait l’inventaire de l’appartement à louer. Ensuite, avant de signer chez le notaire, je déclare mon client à la police, comme ça, je suis tranquille. D’ailleurs, c’est grâce à la vigilance d’agences immobilières que des personnes suspectes ont été arrêtées. Nous exigeons en général un cautionnement en forme de chèque qui sera restitué au locataire à l’expiration du bail.
Ainsi, s’il y a des factures impayées ou des dégradations occasionnées, nous les défalquons de la caution. Au moment où le client vide l’appartement, nous procédons à un deuxième état des lieux pour constater les éventuelles dégradations.” En professionnelle qu’elle est, Mme Samira Zebentout déplore l’absence de formation chez moult agents immobiliers autoproclamés. “Beaucoup n’ont pas le profil requis. Le gérant d’une agence doit être du domaine : un juriste, un architecte, etc. Or, dans les faits, n’importe qui s’improvise agent immobilier. Il suffit d’un registre du commerce pour ouvrir une agence immobilière.” Le marché est juteux. Les agences immobilières poussent comme des champignons. Dans “l’annuaire des agences et cabinets immobiliers”, on dénombre 834 agences (voir : Portail algérien de l’immobilier et du bâtiment www.immo-dz.com). Rien qu’à Hydra, il y en a quelque 80. Mais beaucoup ferment au bout de 6 mois faute de professionnalisme. Ce ne sont que des “smasria” qui n’arrivent pas à se hisser aux exigences du métier et fonctionner comme de vrais cabinets d’affaires, avec une prestation conseil dans l’investissement immobilier. “Nous avons créé une association qui est l’Union nationale des agences immobilières pour mettre un peu d’ordre dans la profession, lancer des cycles de formation, codifier un peu le marché et infléchir la réglementation de manière à protéger les agences immobilières. Malheureusement, nous sommes bloqués. Nous attendons toujours l’agrément”, conclut Mme Zebentout.

M. B.