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A la une / Enquête

Élargissement du cadre du marché de l’emploi

Création des organismes privés de placement

Le marché de l’emploi en Algérie reste un domaine régi principalement par l’État. Malgré le renforcement du dispositif d’offres d’emploi et de placements, et en dépit du lancement de programmes conséquents tendant à résorber le chômage, le nombre des entreprises privées de placement des travailleurs demeure trop modeste. 
En 2009, l’État, par le biais du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, a accordé des agréments à sept organismes privés ou agences privées de placement : 4 à Alger (Emploi Partner, Halkorb-RH, El Kachef et Castle Job), 1 à Béjaïa (Pro Emploi), 1 à Tiaret (Tawassol) et 1 à Batna (Zaâboub Intérim et Management). En mai dernier, un nouvel arrêté ministériel a annoncé l'attribution des agréments à cinq organismes privés : 3 installés dans le centre du pays (Emploitic, Prospect plus placement et DZRH) et 2 à Oran (Lapem et l'organisme Bouabdellah Bechikh). Deux mois plus tard, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Tayeb Louh, a annoncé l’existence de douze agences privées agréées, excluant Castle Job (voir encadré) et incluant certainement dans la liste un nouvel organisme de placement : JOBS Algérie.
En procédant à l’enrichissement du cadre juridique du marché de l’emploi, en général, et à l’ouverture du champ aux organismes privés de recrutement, en particulier, l’État veut à la fois organiser les organismes publics chargés du traitement des demandes et des offres d’emploi, améliorer les prestations et les compétences, en introduisant la concurrence public/privé. La mise en relation des demandeurs d’emploi et des entreprises en mal de compétences est donc ouverte aux privés, appelés à travailler en partenariat avec l’l’Agence nationale de l’emploi (Anem). Même les employeurs du secteur économique, désireux recruter du personnel, sont tenus de s’adresser aux organismes publics, à savoir l’Anem et ses antennes, et aux organismes privés de placement. Cela en attendant une éventuelle autonomie dans le recrutement aux postes-clés, une idée envisagée en février dernier par Tayeb Louh.

Le poids contraignant
de la réalité
Pour rappel, le dispositif d’ouverture du champ de placement au privé, annoncé dès la fin de 2004, n’a été officialisé qu’en 2007. Le décret exécutif n°07-123 du 24 avril 2007 détermine les conditions et les modalités d’octroi et de retrait d’agrément aux organismes privés de placement des travailleurs et fixe le cahier des charges relatif à l’exercice du service public de placement des travailleurs. Dorénavant, l’organisme privé de placement peut contribuer “à l’effort national de développement et de promotion de l’emploi et à la lutte contre le chômage”. Concrètement, son rôle consiste en “des opérations d’enregistrement, de sélection et de présentation de travailleurs aux organismes employeurs en vue de leur placement, ainsi qu’aux actions de prospection, de recueil, de collecte et de diffusion des offres d’emploi” (article 3). Le cahier des charges réglementant l’activité signale que le dépôt d'une demande d'emploi se fait sans frais, car les organismes “sont rémunérés par les employeurs auxquels ils délivrent leurs prestations” (article 3). Des organismes qui sont aussi soumis au “contrôle périodique des services compétents de l’État”, notamment ceux relevant du ministère chargé de l’Emploi et de l’inspection générale du Travail (article 29).
En 2009, le décret exécutif n° 09-94 est venu compléter l’opération des placements. Il définit la périodicité et les caractéristiques des informations, de même que les données statistiques transmises à l’Anem par les agences privées agréées. Obligatoirement conventionnés avec l’Anem, ces dernières doivent notamment “transmettre trimestriellement à l’agence de wilaya de l’emploi, territorialement compétente, les données statistiques sur l’offre, la demande et le placement effectué”.
Les entreprises privées de placement des travailleurs sont de création très récente en Algérie. Elles sont encore méconnues et affrontent une réalité économique souvent pesante, qui affecte d’ailleurs d’autres sociétés algériennes, tous secteurs confondus. Sur le terrain, cette réalité se traduit par de grandes défaillances en matière de communication institutionnelle, le développement de l’informel et l’attitude incompréhensible de patrons, en particulier privés, qui continuent de privilégier le réseau de l’Anem et/ou qui ne jouent pas le jeu en matière d’embauche, malgré les mesures d’incitation et d’encouragement à l’emploi qui leur sont attribuées.
Aujourd’hui, il est difficile, peut-être trop tôt, de se faire une idée claire des activités de placement de l’ensemble des agences privées agréées et des moyens dont elles disposent réellement. Avec la nouvelle politique de l’emploi, la mise en place des règles du jeu et les énormes possibilités offertes par les secteurs pourvoyeurs d’emploi, tels que le BTPH, les travaux publics, l’agriculture et les services, il faut espérer une meilleure coopération entre le réseau Anem et les agences privées agréées, surtout un partage plus approprié du marché du travail. Pour garantir à ce dernier un fonctionnement plus efficient et plus cohérent et pour combattre plus hardiment le chômage.