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A la une / Enquête

Elles ont épousé des algériens

Des Anglaises à cœur ouvert

Qu’elles soient toujours en ménage ou divorcées, des femmes racontent leurs expériences conjugales. Elles expliquent  comment les désaccords s’installent dans leur couple et le détruisent parfois.

Il existe sur la Toile un site Internet, www.algeria-com discussion Forum, où des jeunes femmes britanniques mariées à des ressortissants algériens partagent leurs expériences et commentent leur vie conjugale. Toutes ont un point commun. Elles ont embrassé la même religion que leurs époux. Pour autant, cela ne les empêche pas de mettre un doigt sur les différences culturelles qui sapent l’entente dans le ménage. L’une d’elles, une Écossaise, se fait appeler Um Harraith et déplore l’ingérence de sa belle-famille dans son couple.
Une autre évoque des désaccords persistants avec son mari sur l’éducation des enfants. “Le mien essaye toujours d’imposer son point de vue et martèle à longueur de journée que nos enfants doivent être élevés selon la même méthode que ses propres parents ont utilisé avec lui et l’ensemble de sa fratrie”, raconte Rebecca exaspérée. Contrairement aux habituées de www.algeria-com, elle ne s’est pas convertie à l’islam. Elle n’est pas une fervente catholique non plus.
D’origine irlandaise, Rebecca est arrivée à Londres, il y a une dizaine d’années, pour suivre des études d’infirmière. Elle a rencontré Sofiane, son futur mari, au cours d’une soirée chez des amis communs. Le coup de foudre est immédiat. Après quelques mois de fréquentation, les amoureux convolent en justes noces. “Au début, tout allait bien. On s’entendait sur presque tout. Je n’avais pas l’impression que nous venions de pays et de cultures différents”, relate Rebecca. Sa première déception a lieu quand le couple fait un voyage en Algérie. “Je ne reconnaissais plus Sofiane. Il se montrait distant, sortait la plupart du temps et me laissait à la maison en compagnie de sa maman et de ses sœurs. Je me sentais comme une étrangère car je ne comprenais pas un mot d’arabe”, dit-elle. Cette mauvaise expérience la dissuade de retourner en Algérie. À Londres, la naissance des enfants — un garçon et une fille — transforme la vie du couple. Très vite, la joie laisse place à des chamailleries constantes sur la façon dont les petits doivent être élevés. Rebecca et Sofiane s’affrontent dans un dialogue de sourds. Un jour, ils décident qu’ils ne peuvent plus vivre ensemble.
Elle obtient la garde des enfants et lui, le droit de leur rendre visite une fois par semaine. “Quand on est jeune, on croit que l’amour peut gommer les différences culturelles. Mais elles existent toujours et rendent le mariage invivable parfois”, épilogue Rebecca.
Son amie Rachel a également divorcé de son mari algérien. Les deux femmes se sont connues à la piscine municipale où elles ont l’habitude d’emmener leurs enfants. Elles habitent Walthamstow, une localité du nord de Londres, à forte concentration algérienne. Rachel et son époux se sont séparés car elle a refusé de s’établir avec lui en Algérie. “C’est tellement différent là-bas”, dit-elle, sans plus de détails. Depuis, elle a appris que le père de ses enfants a réalisé son projet et s’est marié avec une compatriote. “Cela devait arriver un jour”, conclut Rachel amère.