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A la une / Enquête

Une nouvelle clientèle : les étrangers

Des loyers en euro…

“Loue un pavillon à Hydra, 300 m2 : 4 500 euros” ; “Loue uniquement pour étrangers belle villa à Dély-Ibrahim : 4 000 euros” ; “Paradou loue un F5, 170 m2 : 3 000 euros” ; “Loue F4, Staouéli (Résidence Triangle) : 1 500 euros”… On rencontre de plus en plus ce genre d’annonces dans lesquelles les prix sont affichés d’emblée en euro. “Depuis deux ou trois ans, les choses bougent. En très peu de temps, les étrangers commencent à venir en force en Algérie. Ils représentent quelque 20% de notre clientèle alors qu’il y a seulement deux ans, ça ne se bousculait pas autant”, assure Mme Samira Zebentout, gérante de l’agence La Résidence. “C’est un signe que notre pays est redevenu fréquentable. Mieux : depuis quelque temps, les étrangers demandent des immeubles, des hangars. Cela prouve qu’ils sont passés au stade de la fabrication, de la production. C’est de l’investissement direct.” Ainsi, alors qu’avant le gros des étrangers se limitait au personnel diplomatique en poste à Alger, aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à venir en Algérie. L’arrivée en force des entreprises étrangères a créé, on le devine, une tension sur le marché locatif, particulièrement dans les quartiers résidentiels, censés être les plus sécurisés, ce qui explique la flambée des prix à Hydra, à El-Mouradia, à El-Biar et compagnie. Avec l’apparition de cette nouvelle clientèle, les baux des quartiers chics ont connu un pic phénoménal. “Ils (les étrangers) trouvent Alger trop chère, plus chère que des villes comme Nice ou la Côte-d’Azur”, souligne Mme Zebentout. Même si ces quartiers ne sont le plus souvent que des quartiers ordinaires aux normes des pays développés, ici, ils ont la valeur, toutes proportions gardées, de quartiers huppés. Hydra, c’est le 16e arrondissement d’Alger. Là où on trouve un ascenseur, une boîte aux lettres, une cage d’escaliers propre, une minuterie et autres accessoires somme toute banale qui sont le smig d’un immeuble correct, chez nous, c’est le luxe. “Dans ces quartiers, les produits manquent. Quelqu’un qui possède un appartement à vendre ou à louer n’a même pas besoin de passer par une agence : il suffit qu’il ouvre la bouche et le produit s’envole”, ajoute notre interlocutrice. Comme les quartiers résidentiels sont saturés, les clients étrangers sont de plus en plus nombreux à s’excentrer loin de ces endroits cossus. Avant, ils avaient des limites géographiques à ne pas dépasser pour des raisons de sécurité. Aujourd’hui, ils n’hésitent pas à explorer d’autres sites. C’est ainsi que des quartiers comme Dély- Ibrahim, El-Achour, Oued Romane, Draria ou même Tipasa sont devenus la nouvelle cible de cette clientèle qui préfère se frotter aux gens, aux clameurs de la ville plutôt que de s’emmurer au Sofitel ou au Sheraton.

M. B.