Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Enquête

M. Benzine, directeur du service décharges de Netcom, à liberté

“La fermeture du site d’Oued-Smar est envisagée”

Selon lui, la situation sécuritaire au niveau  de la décharge échappe totalement à Netcom  qui se fixe actuellement pour priorité de sécuriser au moins le poste  de contrôle par lequel passent 700 camions par jour.

Liberté : La présence des chiffonniers en grand nombre sur le site de la décharge d’Oued-Smar pose un grand problème sécuritaire. Comment le gérez-vous ?
M. Benzine : C’est sûr qu’il y a un problème sécuritaire que nous ne maîtrisons pas. Ce sont les autorités concernées qui prennent en charge ce volet. Nous, c’est la gestion des casiers, des plateformes et l’embellissement de la décharge qui sont de notre ressort. Concernant la sécurité à l’intérieur de la décharge, cela nous échappe énormément. Nous ne pouvons pas prendre en charge les mille chiffonniers qui sont ici. En fait, la gestion sécuritaire de la décharge se scinde en deux parties : l’État, à travers la police et la gendarmerie, veille sur le périmètre extérieur de la décharge. À l’intérieur de la clôture, nous avons des agents de contrôle dont la mission est notamment d’assurer la sécurité du matériel de Netcom, car nous avons un parc important à l’intérieur qui abrite nos engins. Auparavant, il y avait douze agents de la brigade communale au niveau de l’accès principal, mais leurs supérieurs ont pris la décision d’évacuer la brigade fin 2007.

Quel était leur apport ?
Éviter des agressions, veiller à ce que les chiffonniers ne prennent pas d’assaut les camions transportant les déchets dès l’entrée de la décharge.

Avez-vous fait part de vos craintes aux autorités concernées ?
Nous les avons à maintes reprises avisées. Nous redoutons même le vol de camions, car les engins de Netcom entrent partout, même à la présidence. Il y a trois ans, on nous a subtilisé un camion que nous avons retrouvé trois ou quatre jours plus tard.

La décharge a plusieurs accès, pourquoi ne pas mettre une clôture ?
 Je peux même dire que le périmètre entier est un accès. Notre priorité est de sécuriser le poste de contrôle où accèdent 700 camions/jour, pour les privés moyennant 500 DA pour les déchets non encombrants (terre, gsab, branches...) et entre 750 et 3 000 DA pour les déchets ménagers.

L’activité parallèle de ces chiffonniers, dont un grand nombre d’enfants, entrave-t-elle le travail des agents de Netcom ?
 En aucun cas ils entravent le travail des agents de Netcom. D’une certaine manière, cela nous arrange qu’ils récupèrent tous ces produits. C’est une sorte de prolongation de vie de la décharge. En l’absence d’autres décharges, dont certaines sont en cours de réalisation. Je pense à celles de Corso et de Hamissi. La durée de leur réalisation est de 15 à 20 mois. Donc, nous aurons d’ici 24 mois les décharges de Corso et de Hamissi. Toutefois, c’est une expérience que nous ne tentons pas de reconduire au niveau de la décharge d’Oulad Fayet. Car si nous permettons l’entrée des chiffonniers au niveau de l’office d’Oulad Fayet, nous risquons de perdre le contrôle de la décharge. Et pourtant, si nous faisons nous-mêmes le tri, les résultats seront incomparables. Eux ont leurs réseaux de vente, nous, non. Ils travaillent pour leur compte, donc ils travaillent plus et gagnent plus.

La fermeture de cette décharge étant envisagée, pouvez-vous nous avancer une date ?
Ce n’est pas du ressort de l’exploitant de décider de fermer la décharge. Cela dépend de la direction de wilaya de l’environnement et du ministère de l’Environnement. Ce sont les autorités qui prennent la décision de fermer la décharge. Nous pouvons dire que la décharge est partagée en compartiment et celui qui est consommé, nous le libérons pour les autorités. Comme vous le voyez, il y a une plaque juste au niveau de l’autoroute signalant la réhabilitation et la fermeture de la décharge d’Oued-Smar. Donc, il y a une entreprise qui a été retenue pour prendre en charge ces travaux qui vont commencer probablement dans les prochains mois. Pour notre part, nous avons libéré officiellement 65% de la superficie. Tout le côté nord de la décharge est libéré en vue de l’aménagement d’un jardin botanique.
Donc, l’entreprise en question peut d’ores et déjà entamer ses travaux de fermeture. Il est envisagé l’ouverture d’une décharge à Corso. Elle sera à 45 kilomètres d’Alger. L’énigme est là. Netcom assure la collecte des déchets au niveau de la wilaya d’Alger, mais comment  allons-nous transporter les déchets vers Corso ? C’est long pour nous. Il y a une réflexion de la part de la direction de l’environnement pour l’installation d’une rupture de charge. Les camions de la rupture de charge, ce sont des camions spécifiques de grand tonnage entre 30 et 40 mètres cubes. Donc, ce sont eux qui vont assurer le transport vers Corso.
 
Qu’est-ce qui retarde justement la fermeture de la décharge d’Oued-Smar, puisque les mesures de substitution sont prises ?
 Je préfère que vous posiez cette question au ministère concerné.

Quel sort sera réservé aux chiffonniers une fois la décharge définitivement fermée ?
ll Il y a une réflexion engagée au niveau du ministère de l’Environnement pour s’occuper de ce volet social. Ce dossier est pris en charge. Il y aura peut-être des experts et des sociologues qui vont se déplacer à la décharge pour avoir une vision sur le terrain de l’activité des chiffonniers.

Cette décharge qui fonctionne depuis des années est arrivée à saturation...
 Initialement, sa superficie était de 32 hectares et vu l’extension, nous sommes à 40 hectares. Effectivement, il y a saturation. Par rapport au niveau de la mer, nous sommes à 62 mètres et par rapport à l’autoroute, nous sommes à 40 mètres.
C’est le sommet, nous sommes en train d’exploiter ce qui reste exploitable au niveau de la décharge. Pour le déversement, nous avons 2 200 tonnes de déchets ménagers chaque jour et environ 400 tonnes de déchets encombrants, comme les branches d’arbre, et nous avons dans le cas des gravats et terre jusqu'à 1 000 tonnes/jour. Nous avons environ 700 camions/jour.
D’une part, nous entreprenons les travaux d’embellissement, d’autre part, nous consommons tous les casiers qui restent à exploiter. Quant à la durée de vie qui reste à ce lieu, nous ne pouvons le dire que si nous connaissons la date d’installation de l’entreprise en charge de la réhabilitation. Tant qu’il n’y a pas de date, nous laissons ouverte la décharge.

Que peut-on faire pour éviter les maladies et l’accentuation de la pollution ?
 La meilleure solution est de couvrir les déchets avec la terre végétale et quelques gravats pour engloutir les ordures et éviter les fumées à l’intérieur de la décharge. Plus tard, il faut penser à la solution de l’incinération des déchets. C’est du ressort de la direction de l’environnement. En tant qu’exploitant, si l’on nous donne un incinérateur, nous travaillerons avec. Si l’on nous oriente vers une autre décharge ou vers un autre centre d’officement, nous travaillerons là-bas.

Pourquoi le problème d’Oued-Smar ne se pose pas au niveau de la décharge d’Oulad Fayet qui, elle, est mieux organisée ?
 C’est le résultat d’une bonne stratégie du ministère de l’Environnement à travers le territoire national. Il existe actuellement presque une centaine de centres d’officement des déchets. Quelques-uns sont exploités, d’autres en cours de réalisation. C’est la meilleure solution pour éliminer les décharges sauvages à titre provisoire.
Nous nous heurtons par ailleurs à un problème de terrain. Qui acceptera qu’une décharge soit sur le site où il habite ? La décharge d’Oued-Smar est une décharge ancienne. Celle de Beni Messous était une décharge sauvage mais elle est devenue contrôlée. Celle de Blida, la même chose. Même si le président d’APC délibère pour un terrain, il aura des problèmes avec la population et les associations.

Quelle peut-être la parade ?
 Il faut réfléchir. Opter pour l’incinération, pour le recyclage et pourquoi ne pas engager une sensibilisation pour la récupération en amont au niveau des appartements. Chacun trie ses ordures et les met dans des sacs différents ; interviendront ensuite les microentreprises pour tout récupérer. Même les déchets organiques peuvent être utilisés comme engrais.

N. H.