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A la une / Enquête

Soumeya Bensalem, avocate et médiatrice familiale

“L’autonomie de la femme provoque un choc culturel”

Ancienne juge en Algérie de 1986 à 1999, Soumeya Bensalem est actuellement avocate au barreau de Montréal. Ayant beaucoup travaillé dans la médiation familiale, Me Bensalem a une idée précise sur le divorce des Algériens établis au Canada. D’abord, pourquoi il y a autant de divorces ? “Ce n’est pas le même mode de vie, ni pour l’homme ni pour la femme. Parce qu’on est au Canada, en Amérique du Nord, la femme découvre la liberté. On découvre de nouvelles habitudes et coutumes qui sont complètement différentes des nôtres. La femme trouve donc ce qu’elle n’avait pas auparavant : autonomie, liberté de sortir, etc.”, explique notre interlocutrice.
Généralement, la femme semble s’intégrer facilement, alors que l’homme, lui, trouve des difficultés, ajoute-t-elle. Selon elle, citant Statistique Canada, presque 70% des plaintes à la police et à la justice proviennent de familles algériennes. Bien entendu, cela ne débouche pas nécessairement sur le divorce.
Au sujet de la pension alimentaire, Me Bensalem évoque le cas où le père refuserait de la verser. “Supposons qu’il y ait un jugement qui déclare le divorce puis ordonne au mari de payer une pension alimentaire pour le bénéfice des enfants. Si ce mari est citoyen canadien, même s’il ne peut pas payer et décide de retourner au pays, théoriquement la pension alimentaire le suit. Comme il n’y a pas de convention entre l’Algérie et le Canada pour pouvoir exécuter les jugements, le mari une fois sur le sol algérien, il n’y a rien qui l’oblige à verser la pension alimentaire. Conséquence : il perd sa citoyenneté canadienne et ne peut plus rentrer au Canada. Ça devient une dette gouvernementale, c’est le gouvernement qui prend en charge la maman”, fera-t-elle observer. Selon l’avocate, la loi protège les enfants et la femme.
Par exemple, en matière de logis. Le gouvernement a mis en place des règlements et des lois qui autorisent d’octroyer un logement à la femme gratuitement si la femme suit des études. “Dans le cas où le couple serait propriétaire, vous savez, dans la loi québécoise, la maison fait partie du patrimoine familial. Et le patrimoine familial est partagé en deux en cas de divorce. Donc, qu’est-ce qui arrive ? La maison doit être mise en vente, on doit rembourser l’hypothèque, et le reste est partagé entre les deux conjoints. Si l’un des deux est capable de rembourser l’autre pour garder la maison, il peut le faire aussi. Il n’y a aucune loi qui stipule que la femme doit garder la maison et l’homme doit continuer à payer. À moins qu’elle ait des enfants en bas âge et qu’elle n’a pas de revenus. Dans ce cas, le tribunal ordonne pour une certaine période à la femme de garder la maison, même si elle est au nom du mari. Donc, elle peut garder la maison, en attendant que les enfants grandissent”, soutient Bensalem.
Dans le cas d’une location, à en croire les explications de l’experte, une fois le couple séparé, tous les meubles de la maison sont partagés en deux, à parts égales. Et celui qui veut continuer à occuper le logement, doit s’adresser au propriétaire pour un transfert de bail s’il n’est pas à son nom.


Y. A.