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A la une / Enquête

UN RÉSEAU DE TRAFIC QUI DÉPASSE LES FRONTIÈRES

Le pillage du corail algérien se poursuit

Durant l'année 2006 et le premier semestre 2007, selon des chiffres officiels, plus de sept cents kilogrammes de corail ont été saisis par les services des   Douanes et de la Gendarmerie nationales, dans la seule wilaya d'El Tarf, plus précisément du côté de la plage d'échouage d'Echatt, située à la limite des wilayas de Annaba et d'El Tarf, sur la bande frontalière de cette dernière wilaya avec la Tunisie. Ces saisies se sont soldées aussi par l'arrestation d'une centaine d'individus, entre exploitants illicites de corail et “passeurs”. Le cerveau du réseau du trafic de corail réside à l’étranger. Cette “tête pensante”, qui a ses hommes de main en Algérie, a constitué un véritable réseau qui lui permet de piller les richesses sous-marines sans être inquiétée. Qui arrêtera ce massacre ?


epuis plus d’une décennie, l’environnement sous-marin est frappé de plein fouet par des pratiques néfastes et pernicieuses qui causent des effets irréversibles à l’ensemble du fond maritime du littoral algérien, plus particulièrement à celui de l’extrême nord-est. La côte d’El Kala (El Tarf), au même titre que celles de Annaba et de Collo (Skikda), riches par leurs jardins de mordjane (corail), se trouve à présent dévastée par la maffia du corail qui cause un ravage aux conséquences désastreuses pour le patrimoine que recèle surtout le récif corallien d’El Kala. Les quantités du corail saisies chaque année, opérées par les différents services de sécurités, qui se chiffrent en centaines de kilogrammes de corail brut, sont des plus édifiants. La plus grande prise réalisée cette dernière décennie a été opérée, rappelle-t-on, en l’an 2000, au niveau de la plage La Caroube de Annaba, où quelque deux tonnes de corail ont été saisies avec, en prime, l’arrestation en flagrant délit d’un important réseau de trafiquants, dont trois Italiens.
Depuis, la filière de la “Mama”, une veille dame napolitaine en charge du corail algérien, est mise à l’index à l’occasion de chaque prise. Durant l’année 2006 et le premier semestre 2007, et selon des chiffres officiels, plus de sept cents kilogrammes de corail ont été saisis par les services des Douanes et de la Gendarmerie nationales, dans la seule wilaya d’El Tarf, plus précisément du côté de la plage d’échouage d’Echatt, située à la limite des wilayas de Annaba et d’El Tarf, sur la bande frontalière de cette dernière wilaya avec la Tunisie. Ces saisies se sont soldées aussi par l’arrestation d’une centaine d’individus, entre exploitants illicites de corail et “passeurs”.
C’est au moyen d’un labourage systématique que le corail est “ramassé”. Les trafiquants ratissent large en déracinant, au moyen de “griffes”, les pousses de corail.
Par cette pratique, tout écosystème, estiment des écologistes, est bouleversé.  “L’environnement est ainsi transformé de fond en comble et, au lieu d’une richesse halieutique, nous nous trouvons confrontés devant une opération de "désertification" de notre fond marin”, précise-t-on de même source. À qui incombe la faute ? Qui est responsable de ce massacre ? Cette agression contre la nature ne doit-elle pas cesser ?
Les services investis de la mission de veiller à la sauvegarde de notre patrimoine sous-marin et autres sont-ils dotés d’outils adéquats pour mettre un terme définitif à cette spoliation ? Autant de questions qui n’exigent, en fait, qu’une seule réponse.
C’est d’ailleurs l’avis de beaucoup d’experts en la matière : apporter un remède radical à ce mal, à savoir amputer le monstre, qui est la maffia, de ses tentacules, véritables “pompes aspirantes”, qui refoulent des déchets toxiques et virulents lesquels causent d’énormes dégâts au sein de la société et, particulièrement, sa frange juvénile. “Car, faut-il le souligner, l’on ne peut faire une quelconque différence entre le trafic de drogue et l’exploitation de la crédulité des jeunes, en leur faisant miroiter l’éden de l’autre côté de la méditerranée, en leur proposant la "formule" harraga et, enfin, le trafic du corail”, explique un officier des Douanes algériennes. Selon des sources dignes de foi, le cerveau du réseau chargé du trafic de corail à partir du littoral de l’extrême est de l’Algérie réside hors du territoire national, plus précisément sur l’autre rive de la Méditerranée. Cette “tête pensante”, qui a ses hommes de main en Algérie, a mis en place son réseau, bien encadré, qui exécute les ordres à la lettre en veillant à éviter les “fausses notes” qui pourraient mettre en péril toute cette organisation maffieuse.
Quel remède apporter ? Faut-il créer une cellule de lutte contre ce trafic ? Aux yeux de certains cadres et responsables d’associations de sauvegarde de l’environnement, il faut mettre en place une brigade anti-gang qui aura pour principale tâche de traquer le “gros gibier”, les prédateurs de grande taille “qui nuisent à la société et minent l’ensemble de ses rouages. Depuis des années, l’économie nationale est durement frappée par le phénomène du trafic en tous genres. L’on ne peut accorder une priorité au détriment d’une autre”, estime-t-on. Les trafics de drogue, de carburant, de cheptel, de certaines espèces représentant la faune et la flore du pays, la contrebande des cigarettes… ne peuvent être dissociés les uns des autres. Tous participent à la destruction lente de l’économie nationale.
Le fisc en premier lieu se trouve être en ligne de mire de la maffia, cette sorte d’hydre aux mille têtes. Il ne suffit pas de couper une seule tête pour claironner avoir décapité le monstre, dont les tentacules opèrent dans d’autres secteurs.

B. B.