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A la une / Enquête

Ils ne rechignent pas devant les prix affichés

Les Algériens malades de “la griffe”

Les bourses modestes de la grande partie de la population ne constituent aucunement
un frein pour s’offrir ce qu’il y a de meilleur…

Mango, Dixit, Aldo, Triumph, Tatou, Celio, Etam, Carré Blanc, et la liste n’en finit pas. Il suffit, d’ailleurs, d’une simple virée du côté du quartier dit huppé de Sidi Yahia pour se rendre compte de la présence des ces marques de renommée internationale dont les boutiques au style attractif ornent désormais nos ruelles.
Naziha est accompagnée de sa mère pour l’aider à choisir. “Elle a une meilleure connaissance du produit”, reconnaît-elle. Toutes deux rencontrées au magasin Carré Blanc de Sidi Yahia, spécialisé dans la literie (couettes, draps housse, serviettes, sorties de bain, etc) s’en donnent à cœur joie, remplissant généreusement leur panier. La housse de couette à elle seule coûte pourtant 13 000 DA et
la petite serviette de cuisine environ 1 500 DA.
“Oui, en effet, les prix peuvent surprendre plus d’un, mais lorsqu’on veut s’offrir la marque, je vous assure que c’est sans  pincement de cœur que je débourse mon argent, à plus forte raison que c’est le trousseau de ma fille”, nous confie fièrement la maman de Naziha qui reconnaît qu’elle est prête à s’endetter auprès de ce magasin pour avoir ce qu’elle veut. En effet, la maison accepte ce type de procédé tenant compte du coût de ses produits qui peut paraître exorbitant pour certains, voire inaccessible.
“D’abord, la marque et la qualité ont un coût et puis les droits et taxes dont nous sommes obligés de nous acquitter rubis sur l’ongle ne nous permettent pas d’afficher d’autres prix que ceux-là”, nous a déclaré Mme Benmiloud, détentrice de cette franchise. Elle n’a pas manqué d’exprimer son optimisme quant au développement de cette activité en Algérie pour peu que l’environnement juridique soit plus organisé.
“Vous n’imaginerez jamais ce que les femmes algériennes sont capables de débourser pour leur bien-être et, croyez- moi, elles demandent la marque”, dira-t-elle, assurant que la marchandise est rapidement écoulée autant pour Carré blanc que pour Geneviève Lethu, spécialisée dans la vaisselle, verrerie, couverts, linge de table coordonné, décoration, accessoires professionnels. Notre interlocutrice n’a pas manqué, cependant, de pointer un doigt plutôt accusateur vers les  Douanes algériennes et leurs procédés. Un vrai “casse-tête chinois”, évoqué également du côté de Dixit qui soutient que ces tracasseries freinent l’essor de cette activité, pénalisée, par ailleurs, par des blocages qui, dans la plupart des cas “ne sont même pas justifiés”.
Certains franchisés parlent même de “conjugaison mal faite de la franchise”. “Souvent, ils nous sortent des lois et des instructions dont on n’a jamais été informés au préalable et cela retarde la sortie de la marchandise qui a une durée de vie déterminée car elle obéit au rythme des saisons”, nous a expliqué un franchisé.   
“Dans notre business, tout est clair et vérifiable car nous collaborons avec des marques de renommée internationale qui ne supportent aucune combine illicite car il y va de leur réputation”, précise-t-il.
Des franchisés qui ne sont pas toujours bavards prétextant des déplacements qui n’en finissent pas, comme c’est le cas pour le représentant de la marque Celio qui est en même temps représentant d’Etam qui semble connaître actuellement des soucis. Certaines indiscrétions parlent même de liquidation. Du côté de Quick, on ne s’embarrasse même pas pour dire : “Non, on ne parle pas à la presse”, sans la moindre explication. C’est que Quick présent au centre d’Alger et à l’aéroport ne semble pas avancer plus loin, aussi loin que prévu, notamment depuis la mésaventure locale de Sidi Yahia dont l’ouverture avait été annoncée en grande pompe en présence de la presse. Pour le moment, l’exploitation semble poser quelques problèmes.
La franchise dans les services reste pourtant l’une des variantes les plus intéressantes car elle peut générer de nombreux postes d’emploi. M. Hamid Acherir, qui détient la franchise de la marque Hippopotamus du groupe Flo, en parle avec beaucoup d’enthousiasme et d’intérêt sans manquer d’aborder les entraves qui pénalisent le développement de la franchise en Algérie.
“Pour être plus juste, parlons plutôt de contrat technique que de franchise”, corrige-t-il avant de vanter les mérites de cette activité commerciale dans le domaine des services laquelle peut générer de nombreuses opportunités de travail et de carrière. “Lorsque nous avons ouvert, nous avons eu recours au savoir-faire étranger, notamment pour l’encadrement de nos jeunes éléments sur lesquels repose aujourd’hui tout le fonctionnement”, explique M. Acherir dont l’établissement Hippopotamus au Sofitel compte aujourd’hui un personnel 100% algérien.
L’encouragement des compétences nationales est un souci chez Hamid Acherir qui  parle de débouchés de travail. La même démarche sera reproduite pour le second Hippopotamus d’El-Biar dont l’ouverture doit avoir lieu ces jours-ci.  
“L’essence même de la franchise c’est de réussir le transfert du savoir-faire pour nos jeunes et surtout consommer algérien, et le plus judicieux c’est d’arriver à constituer une centrale d’achat algérienne ; je suis sûr qu’avec l’effort de tout un chacun dans son domaine respectif, nous y arriverons”,  assure le patron de Hippo Algérie
Très à l’aise, contrairement à certains détenteurs de master franchise dans le domaine de la distribution ou celui des services qui ont refusé de se prononcer,  Nesk Algeria, pour sa part, accepte de nous parler de son business et semble très optimiste quant à l’avenir de cette activité en Algérie. Nesk Algeria, qui fait dans le développement des franchises entre achat et développement des marques, active dans notre pays depuis 2007 sous la bannière de la célèbre marque espagnole Mango qui opère dans le design, la fabrication et la commercialisation de vêtements et accessoires pour femme.
Il en est de même pour Aldo, enseigne canadienne de chaussures homme et femme, sacs et accessoires, et depuis juillet dernier Triumph, leader de la lingerie féminine, et bientôt Springfield prévu pour mars prochain. Un credo qui semble bien réussir au groupe Nesk qui aspire à étendre sa palette non seulement sur la capitale mais également dans les grandes villes d’Algérie telles que Annaba et Oran, pour ne citer que celles-ci. Celui qui se veut chic et fashion ne lésine pas sur les moyens pour afficher la plus belle façade du quartier de Sidi Yahia. Aussi luxueux de l’extérieur qu’à l’intérieur, Mango présente des produits de qualité à différents prix. “Tout client algérien est important pour nous et nous tenons à toucher
tous les segments (toutes les bourses)”, nous a déclaré un responsable de Nesk Algeria promettant bien des surprises dans un avenir proche. 
“Les droits et taxes nous reviennent à peu près à 35% du coût d’achat sur l’article mais ceci n’empêche pas le marché algérien de demeurer pour nous un terrain favorable aux affaires”, résume-t-il, tout en  exprimant la volonté du groupe de consolider sa position en Algérie même si le processus d’installation et de fonctionnement s’avère souvent compliqué.
“Ce n’est point un facteur décourageant. Le marché algérien s’organise, la concurrence s’installe et c’est tant mieux car la demande existe bel et bien”, soutient-il nuançant, cependant, cet élan d’optimisme en abordant le système bancaire qui semble rassembler aussi bien les franchisés que les franchiseurs. Dire que l’aspect juridique n’a jamais freiné l’essor de la franchise en Algérie, comme soutenu du côté du ministère du Commerce, est ainsi vite démenti compte tenu de la réalité du terrain à laquelle vient s’ajouter la cherté des locations. La marque de parfums de luxe Beauty Shop, quant à elle, fait également son entrée en Algérie et en partenariat avec le Sheraton d’Oran. Elle devra tenir des activités aussi riches que variées au grand bonheur des amateurs de bonnes senteurs.
Ainsi contre vents et marées, l’activité de la franchise gagne du terrain et va jusqu’à toucher la formation avec l’intervention de Pigier Algérie, école d’informatique, de marketing, management et assistanat. Présente en Algérie depuis 2007, l’école française de renommée, spécialisée dans la formation aux métiers du secrétariat, de la comptabilité et du commerce a assuré l’ouverture de pas moins de 50 établissements en l’espace de cinq années.

N. S.

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