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A la une / Enquête

à la veille du Ramadhan

Les Algériens saignés à blanc

Alors que les pouvoirs publics ont rassuré le citoyen sur la régulation du marché avant et durant ce mois sacré, les prix des produits de large consommation ont connu une flambée considérable à la veille du Ramadhan. L’augmentation qui a touché même les fruits, les épices et les olives va dans certains cas jusqu’à 100%.

Une virée dans les différents marchés de fruits et légumes de la capitale nous a permis de constater, qu’effectivement, pour une bourse moyenne, on peut dire que les prix sont excessivement élevés.
Ils ont doublé, voire triplé dans certains cas. La pomme de terre, qui reste l’élément de base dans l’alimentation, est d’ores et déjà cédée à 55 dinars le kilo dans certains marchés alors qu’elle était à 25 DA. Le pire est que le produit n’est pas du tout de bonne qualité. “C’est du congelé, mes enfants aiment les frites chaque jour pendant le Ramadhan, mais je me vois incapable de les satisfaire tous les jours”, affirme une ménagère.
L'oignon, autre légume nécessaire, varie entre 25 et 35 DA le kg. Si le prix de la carotte est de 35 DA dans les marchés informels, il est de 60 DA au marché Ali-Mellah (Bazar), soit une hausse de 5 à 10 DA le kilo. “La carotte et la courgette sont nécessaires pour la chorba mais que faire avec ces prix ? Une chorba sans légumes !” marmonne une dame. Une autre vieille nous déclare : “Mon mari suit un régime, je lui fais généralement un bouillon mais regardez le prix du navet, c’est devenu un fruit.” En effet, le navet, légume que consomment beaucoup de familles en ce mois de Ramadhan, est à 120 DA tandis qu’il est cédé à 100 DA au marché informel (marché tnach à Belcourt). Le haricot vert est à 120 DA alors que le haricot rouge se situe entre 120 et 150 DA, soit une augmentation de 50 DA, le chou-fleur est à 100 DA le kg, quand à l’ail rouge, il est cédé à 500 DA le kilo.

Des tomates de mauvaise qualité à 50 DA et la salade à 100 DA
Les tomates, un autre légume essentiel de la fameuse chorba, oscille entre 35 et 50 DA. “Non seulement les tomates sont chères, mais en plus elles sont de mauvaise qualité”, nous confie un chef de famille. “Il y a trois jours, les tomates étaient à 20 DA le kg alors qu'aujourd'hui, le kilo est à
40 DA, soit 20 DA d’augmentation en l’espace d’une semaine. C'est trop !” nous dit-il. Suivant la même cadence, la courgette est vendue entre 40 et 60 DA alors que la laitue, le charme de la table d’été, un hors-œuvre nécessaire pour une jolie table de Ramadhan, est cédée à 100 DA alors que la moitié est à jeter. Le seul produit stable est celui du poivron vert avec 70 DA le kg dans certains marchés alors que dans l’informel, les prix sont abordables. Ils varient entre 50 et 60 DA le kg tandis que le citron est à 160 DA. Quant aux fruits, ces derniers ont également connu une augmentation vertigineuse y compris la pastèque et le melon. Le prix d'un kilo de pomme verte ou rouge est fixé à 200 DA, alors qu’on pouvait l’avoir avant à 120 DA et de bonne qualité. Celui de la poire varie entre 180 et 200 DA le kg,  les pêches sont cédées à 120 DA soit une augmentation de 100% alors qu’elles étaient cédées à 50 DA le kg il y a moins d’une semaine. Même chose pour le raisin noir qui est vendu à 160 DA le kg alors qu’il était à 80 DA. Les prix de la pastèque et du melon ont connu également une hausse. La  pastèque est passée de 25 DA à  30 et 40 DA le kg. “C’est de la bonne qualité, elle est de l’Ouest”, justifie un commerçant alors que les ménagères se rabattent sur la figue de Barbarie cédée à 50 DA pour 10 pièces. Le prix des dattes est passé aussi de 300 DA à 400 DA le kg. Concernant les autres produits, les plus prisés durant le mois sacré, comme de coutume, à savoir les fruits secs tels que les pruneaux et les raisins, les prix sont affichés respectivement entre 350 et 380 DA le kg, pour les raisins secs et 360, 450 et 550 DA pour les pruneaux et 550 DA pour les abricots. Les viandes, la bête noire des ménages à petites bourses, ont été touchées comme d’habitude par cette flambée. Le prix du poulet est fixé à 380 DA le kg soit une augmentation de 130 DA par kg.

La viande indienne et  la polémique des fetwas
La viande rouge varie entre 850 et 1 000 DA et l’agneau à 850 DA selon les morceaux. Hier au marché Ali-Mellah, il y avait des pères de famille cherchant timidement les points de vente de la viande indienne. Un boucher nous a affirmé qu’il ne vendra pas cette viande. “J’ai ma clientèle qui opte pour la viande locale”, alors que plusieurs consommateurs nous ont déclaré qu’ils n’ont pas l’intention d’acheter la viande indienne après la polémique des fetwas, mais de la viande locale congelée. “On ne sait pas, alors on préfère s’abstenir”, disent-ils. Les olives sont plus chères, surtout les olives noires, qui sont passées de 160 à 250 DA le kg. Même les cornichons sont cédés à 480 DA. Un homme rencontré au marché Meissonnier fait remarquer que “les commerçants n’affichent même pas les prix. On ignore l’augmentation réelle et on se contente d’acheter pour une certaine somme. Moi, par exemple, j’achète pour 50 et 100 DA pas plus”. Les jus de fruits très demandés ne sont pas en reste, eux aussi ont connu une augmentation considérable, ainsi le jus concentré de 4,5 litres est passé de 280 à 380 DA dans les supérettes. Les ménagères que nous avons rencontrées n’ont pas caché leur crainte face aux rumeurs faisant état d’une pénurie prochaine de pain d’autant que les queues devant plusieurs boulangeries avant le Ramadhan ne signalent rien de bon, nous dit-on.
Il est vrai que beaucoup de boulangers ont dû baisser leur rideau ou changer carrément d’activité en raison des conditions économiques qui rendent cette dernière peu rentable mais le retour des queues, synonyme de rareté du produit, laisse penser à une situation difficile durant le mois sacré. C’est un avant-goût de ce que sera ce mois de la “rahma” avec les dépenses qui dépasseront largement un salaire moyen  surtout que la fête de l’Aïd coïncidera avec les rentrées sociale et scolaire.