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A la une / Enquête

Les revenus supérieurs peinent à s’approprier un logement

Les exclus des aides de l’État

Ni assez démunis pour ouvrir droit aux aides de l’État ni assez riches pour acquérir aisément un bien, vendu au prix fort par un particulier, les cadres moyens, voire supérieurs, peinent à accéder à la propriété immobilière. Le crédit bancaire, le seul recours qui leur reste, n’est pas vraiment adapté  à ces primo-accédants au marché immobilier.
Salima et Aymen, mariés et parents de deux enfants, gagnent relativement bien leur vie. Salariés dans une multinationale, ils cumulent, à eux deux, un revenu mensuel légèrement supérieur à 100 000 DA, soit dix fois le salaire national minimum garanti (SNMG).
Dans leur entourage, on les cite en exemple de réussite aussi bien familiale que professionnelle. Un cliché qu’ils n’aiment pas trop s’approprier tant la réalité n’est pas, au regard du couple, si reluisante. “C’est vrai que nous avons une voiture, c’est vrai que nos enfants ne manquent de rien. C’est vrai aussi que nous vivons dans un bel F3. Sauf que cet appartement ne nous appartient pas. Nous le louons pour 30 000 DA par mois”, raconte Salima. Elle résume, en ces quelques mots, une situation qui l’angoisse énormément. “Tant que nous n’avons pas un logement à nous, je ne dormirais pas tranquille. Mon esprit n’arrête pas de triturer cette histoire. Nos principales causes de disputes de couple, c’est le logement, car j’ai l’impression que mon mari ne fait pas assez d’efforts pour nous garantir à moi et à nos enfants un toit.”  La situation de ce couple est assez typique de centaines de milliers de ménages aux revenus moyens, qui ont d’énormes difficultés à accéder à la propriété immobilière. Ils ne sont éligibles à aucune aide de l’État pour l’obtention d’un logement. Pour ouvrir droit au logement socio-locatif, les revenus mensuels du couple doivent être inférieurs à 24 000 DA et pour le logement social participatif (LSP), ils doivent être inférieurs ou égaux à six fois le SNMG, soit 72 000 DA mensuellement (le Smig est actuellement à 12 000 DA).
La seule formule qui a réussi à caser des milliers de cadres moyens ou supérieurs est la location-vente (AADL). Malheureusement, l’État se limite actuellement à parachever les programmes déjà lancés, sans en prévoir de nouveaux. Deux options se présentent alors pour ces primo-demandeurs de logement : la promotion immobilière ou l’acquisition d’une habitation auprès d’un particulier. Dans les deux cas, les prix sont tellement élevés, qu’ils deviennent carrément dissuasifs. “Nous n’avons pas d’autre choix que de nous rabattre sur la location. Ce sont 360 000 DA qui partent ainsi en fumée chaque année. C’est un moins pour la cagnotte que nous mettons de côté pour acheter un appartement. En sus, nous souffrons de l’instabilité. Le propriétaire peut augmenter ses prix à l’expiration du bail ou refuser de le renouveler”, poursuit Salima.
Il faudra au moins vingt ans, estiment les experts, pour qu’un salarié, potentiellement bien rémunéré, économise assez pour acheter cash son logement auprès d’un particulier. Le souci majeur des jeunes couples consiste, à ce titre, à disposer d’un petit pactole qui leur permettra   d’honorer l’apport initial (minimum 10% de la valeur du bien), exigé par les banques qui accordent un crédit immobilier. “Parfois, le couple est en mesure de s’acquitter de mensualités de remboursement de crédit élevées, mais ne possèdent pas le montant de l’apport initial au moment où ils formulent la demande de crédit. C’est notre cas. Nous pouvons rembourser jusqu’à 30 000 DA par mois, mais les banques ne veulent pas nous financer le logement à 100%, et nous, nous n’avons pas d’argent de côté. Nous devons patienter pour avoir des économies substantielles avant d’avoir notre logement. Entre-temps, nous perdons beaucoup d’argent dans la location”, témoigne Hayat, jeune médecin et aussi jeune mariée.
Autre contrainte, la promesse de vente, également exigée par les institutions financières dans le dossier du crédit immobilière. La majorité des propriétaires rechignent à la faire pour une raison simple : ils ne veulent pas déclarer la vraie valeur de la transaction au moment de son enregistrement auprès du notaire.
La situation s’est normalisée, un tant soit peu, selon M. Aouidat, vice-président de la Fédération nationale des agences immobilières. “Les vendeurs sont plus enclins à faire la promesse de vente  car la loi de finance pour 2009 a supprimé l’impôt sur le revenu global de l’ordre de 2%. Cela a encouragé les propriétaires à déclarer la totalité de la valeur de bien”, indique-t-il.