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A la une / Enquête

Le bébé Batata, disparu en 1987 à la maternité de Belfort, est retrouvé 18 ans après

Sa famille demande de l’aide pour des tests ADN

Le 13 février 1987, un nouveau-né, Rabah, âgé à peine de deux jours, est volé par une inconnue à la maternité de l’hôpital de Belfort, selon une démarche qui rappelle, de manière troublante, le kidnapping de Yacoub.  Une jeune femme, vêtu d’une blouse blanche, s’approche de la maman et prend le nourrisson pour lui mettre des gouttes dans les yeux. Le bébé est, dès lors, introuvable. Commence alors le combat de ses parents pour retrouver le fruit de leurs entrailles. Une galère qui dure dix ans. En 2005, la famille Batata retrouve, en effet, les traces de l’enfant perdu, à Marseille, chez une femme, appelée Rina, qui a des attaches familiales à Alger, plus précisément à El-Harrach. Mais jusqu’à présent, l’histoire de Rabah (porté à l’état civil sous le nom de Mehdi G.) ne livre ses secrets que par parcimonie. “Nous ne connaissons pas jusqu’à présent la vraie histoire de notre fils, ni nous savons pourquoi les gens, qui étaient au fait de la vérité, se sont tus pendant toutes ces années”, s’interroge Mme Batata.  C’est, à vrai dire, par le biais d’une émission de télévision, “Wa koul chi moumkin”, que la famille entrevoit, pour la première fois, le bout du tunnel.  Au bout du second appel à témoin, des personnes, qui connaissaient visiblement la vérité, se sont manifestées pour donner des informations cruciales sur Rabah. De fil en aiguille, les investigations des parents les conduisent chez une certaine Akila B., qui habitait dans un immeuble en face l’hôpital de Belfort, et chez qui le bébé a été caché pendant quelques semaines, avant d’être emmené en France. D’autres noms seront évoqués, dont celui de Rina, la mère adoptive de Rabah/Mehdi.  Quatre ans s’écouleront, avant que le couple Batata ne puisse être réellement en contact avec leur fils, qui venait de fêter ses 18 ans. “Dès le départ, il était persuadé que nous étions ses parents. Nous aussi. Il a de grandes ressemblances avec nos traits de famille. Nous avons été chagrinés d’apprendre qu’il a vécu l’enfer avec cette Rina. Elle ne l’a jamais instruit et elle le faisait passer pour un handicapé pour obtenir une allocation”, rapporte la maman, qui ajoute que le mari de cette femme ignorait que le garçon n’était pas son fils légitime. “Dès qu’il a su, il a porté plainte contre sa femme.” Aujourd’hui, quasiment toutes les personnes impliquées dans le rapt de l’enfant sont identifiées. “L’affaire a révélé un réseau de femmes qui kidnappe des enfants, avec des complicités interne à l’hôpital”, enchaîne le père de Rabah. Pourtant, aucune poursuite judiciaire n’est engagée contre elles. De leur côté, les parents livrent un ultime combat pour obtenir l’autorisation de faire des tests ADN et prouver légalement la filiation de Rabah.  “Nous avons entamé la procédure. Mais c’est long et coûteux. Notre souhait est d’avoir de l’aide pour les tests ADN”, terminent les parents.