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Enquêtes sport

“L'armée était l'otage du pouvoir”

Liberté : Monsieur Nezzar, dans votre dernier livre Un Procès pour la vérité : l'armée algérienne face à la désinformation, vous affirmez, citant l'ancien conseiller économique de Chadli Bendjedid, Ghazi Hidouci en l'occurrence, que le Président et Mouloud Hamrouche ont organisé et déclenché les manifestations d'octobre 1988...
Khaled Nezzar : Je ne veux pas parler de Chadli et Hamrouche uniquement mais de tous les réformateurs. Vous faites bien de le préciser du reste parce que cela ne vient pas de moi mais du pouvoir. Hidouci lui-même l'a reconnu. Je soutiens effectivement : ils ont été derrière les évènements et rien de tout cela n'était spontané. Il s'est passé qu'ils n'ont pas pu maîtriser la suite. Ce que je dis a été confirmé par d'autres versions.

Les Algériens ont donc été trompés puisqu'on a toujours “vanté” la “spontanéité” de ces évènements ?
Mais pourquoi voulez-vous qu'en octobre 1988, les Algériens, subitement, s'insurgent contre leur État ? Qu'est-ce qui pouvait le justifier ? Certes, le ras-le-bol était perceptible mais pas au point de tenir une vraie contestation populaire, organisée et encadrée, encore moins librement réfléchie.
Non, je dis que les évènements ont été organisés et déclenchés par les réformateurs. Ils ont fait bouger le peuple. Je n'invente rien. Je ne dis que la vérité.

Selon vous, ces évènements ont eu lieu par la faute d'un “pouvoir civil incompétent et irresponsable... ” N'est-ce pas là une manière de dédouaner l'armée ?
Absolument pas. Le pouvoir civil, détenu bien sûr et exercé par le Front de libération nationale (FLN), était, à l'époque en tout cas, incompétent et irresponsable.
Je prends même le risque de dire que l'armée était l'otage de ce pouvoir. L'ex-parti unique avait bien les commandes du pays en main. J'insiste là-dessus.

Quatorze ans après Octobre 1988, quelle analyse faites-vous de la situation du pays, notamment du règne de M. Abdelaziz Bouteflika ?
Je ne vous répondrai pas. De toute façon, entre nous, tout le monde sait que c'est la catastrophe. Je préfère ne pas en dire davantage. J'en ai tellement dit à ce sujet que je ne voudrai pas en rajouter.
Il arrivera le moment où j'en révélerai des choses. Sachez seulement que je tente de dire la vérité. Juste la vérité.

L. B.