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Foot / Enquêtes sport

Enquêtes sport

Le MCO attend Naftal et… Sellal

Basculant en mode professionnel après que la FAF et la LNF eussent rendu public le 12 juillet 2010, le fameux cahier des charges relatif aux obligations techniques devant être souscrites par les clubs éligibles au professionnalisme, le Mouloudia d’Oran ne s’est, cependant, pas encore acclimaté à son nouveau statut. Société sportive par actions, le MCO compte actuellement 19 actionnaires pour un capital social estimé, d’un côté “à seulement 4,5 milliards de centimes”, et d’un autre, “à 8,7 milliards”, chaque estimation étant mentionnée sur un procès-verbal sanctionnant la tenue d’assemblées générales des actionnaires.
Illustrant parfaitement l’entre-déchirement des responsables oranais, cet imbroglio juridico-administratif est né à la fin du mois de mai de l’année qui vient de s’écouler, lorsque moins d'une semaine après la tenue au Méridien Hôtel de l'assemblée générale des actionnaires qui a destitué le PDG, Larbi Abdelilah, et le DG, Hassan Kalaïdji, et désigné à leur place Youssef Djebbari et Belhadj Ahmed, une autre réunion des responsables mouloudéens, sous la forme d'un conseil d'administration, s’est tenue à l'hôtel El-Mouahidine, décidant d'inclure, sous forme d'actions dans le capital social de la SSPA-MCO, les dettes de Youssef Djebbari qui s'élèvent à 4,2 milliards de centimes. Abdelilah et Kalaïdji, destitués pourtant par le trio Djebbari-Mehiaoui-Belhadj, ont, ainsi, fait du même Youssef Djebbari l'actionnaire majoritaire de la société sportive avec 4 510 000 000 de centimes, loin devant Belhadj Ahmed et ses 2,5 milliards de centimes. Du coup, malgré les contestations des autres membres du conseil d’administration qui ont même saisi la justice à cet effet, c'est le capital social de la SSPA-MCO qui s’en trouve augmenté, passant de 4,5 à 8,7 milliards de centimes. Une augmentation du capital qui ne sera, toutefois, pas sans conséquence, puisque, désormais, pour racheter 75% des actions et devenir l'actionnaire majoritaire au Mouloudia d'Oran, la société pétrolière Naftal devra débourser non plus 13,5 mais plutôt 26,1 milliards de centimes, dans la mesure où la filière de Sonatrach devra investir le triple du montant représentant les actions détenus par le MCO. Pour ce faire, la procédure réglementaire l'oblige à attendre que le conseil d'administration de la SSPA-MCO se réunisse pour établir et signer le procès-verbal, confirmant ce qui est notifié dans le protocole d'accord signé, et officialiser, ainsi, l'augmentation du capital social du club avec l'avènement de Naftal et ses 26,1 milliards. Le document devant être déposé chez le notaire avec, comme pièce jointe, le fameux chèque contenant cette somme, Naftal attendra ensuite la publication officielle des nouveaux statuts de la société sportive par actions pour devenir, concrètement, le nouveau propriétaire du Mouloudia d'Oran.
Ceci pour ce qui est de la première étape. La seconde n'interviendra qu'après l'évaluation des biens immobiliers et matériels du CSA-MCO afin de les intégrer de nouveau dans le capital social de la SSPA. Après, il incombera à Naftal de “participer” encore une fois à l'augmentation du même capital en investissant une autre somme à même de redevenir actionnaire majoritaire à hauteur de 75%.

Cacophonie au MCO,  silence de Naftal
Un expert en immobilier désigné par le tribunal ayant estimé à dix milliards de centimes les biens immobiliers du Mouloudia, dont le principal est le siège administratif et historique du club, sis au boulevard Abane-Ramdane (ex-boulevard des Chasseurs) en plein centre-ville d'Oran, Naftal aura ensuite la possibilité, via son conseil d'administration, d'approuver le montant qui lui sera communiqué incessamment et d'effectuer ensuite les démarches y afférentes pour continuer à demeurer actionnaire à hauteur de 75% en investissant encore la somme calculée sur la base du nouveau capital de la société après l'intégration des biens immobiliers et matériels du club sportif amateur ainsi que les dettes que le futur actionnaire majoritaire s'engagera à échelonner. Encore faudrait-il que la société nationale de commercialisation et de distribution de produits pétroliers se manifeste et confirme son intention de racheter le Mouloudia d’Oran.
Or, jusqu’à présent, aucun indice ne le prouve. Le silence radio de Naftal et son refus de répondre à leurs nombreuses missives et sollicitations a, d’ailleurs, poussé les responsables mouloudéens à interpeller directement le dirigeant le plus en vue du pays actuellement, le Premier ministre.
Une lettre détaillée a ainsi été envoyée à M. Abdelmalek Sellal. Il y est fait mention de tous les problèmes que rencontre le club professionnel, notamment ceux liés à la difficulté de subvenir aux besoins financiers que requiert un tel ambitieux projet. Mais l’accent a surtout été mis sur le non-respect par Naftal du protocole d’accord signé voilà maintenant une année et demie, plus exactement le  26 septembre 2012 au siège de l’entreprise à Alger et portant participation de Naftal dans le capital social de la SSPA-MCO à hauteur de 75%. Or, jusqu’à présent, rien n’a été fait et rien n’a bougé d’un iota. Contrairement au Mouloudia d’Alger, au Chabab de Constantine et à la JS Saoura, pris respectivement sous l’égide de Sonatrach et de ses filiales Tassili Airlines et Enafor, le Mouloudia d’Oran continue d’attendre son rachat par Naftal. Pour quelles raisons ? Personne au MCO ne le sait vraiment. En réponse au mutisme des responsables de Naftal, bon nombre de rumeurs et de supputations circulent, mais aucune information ou indication officielle ne nous est parvenue. “Ce dont nous sommes en revanche persuadés, c’est que le Premier ministre M. Abdelmalek Sellal a reçu notre courrier et a même chargé son secrétaire général de faire une petite enquête et de recueillir le maximum d’informations à ce sujet. Nous tenons même de source autorisée que la direction de Naftal a été saisie par le secrétariat général du Premier ministre à ce propos. En revanche, nous ignorons si la filiale de Sonatrach a remis sa réponse et le contenu de celle-ci”, révélera un membre du conseil d’administration du club d’El-Hamri. En fait, les dirigeants du Mouloudia d’Oran et une bonne partie de son large public misent énormément sur une attendue virée du Premier ministre à El-Bahia, dans le cadre de ses visites de travail et d’inspection dans les quarante-huit wilayas en amont de la campagne électorale d’avril prochain pour être officiellement fixée à ce sujet. “Pour avoir déjà été wali d’Oran, M. Abdelmalek Sellal sait pertinemment l’importance du Mouloudia pour les Oranais. Il n’ignore aucunement qu’un MCO compétitif réglerait bien des problèmes en ville et ferait oublier bon nombre de tracas à ses habitants. Il se pourrait, d’ailleurs, que l’annonce de l’officialisation du rachat du MCO par Naftal soit la bonne surprise de M. Sellal aux Oranais lors de sa prochaine visite à la wilaya”,  espère, optimiste, le même responsable.


R. B.