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Sahara Occidental

Zapatero reçoit le président de la Rasd à Madrid

Le président de l’Exécutif espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, recevra officiellement le président de la République arabe sahraouie démocratique, Mohamed Abdelaziz, ce vendredi au palais Monkloa, à Madrid.

Cette entrevue, qui intervient dix mois seulement après l’élection de Zapatero à la tête du parti socialiste, constituera-t-elle  un prélude à des actions concertées entre l’Espagne et le Front Polisario (et la Rasd), pour dégager une solution dans le cadre onusien et permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination ? L’Espagne devra inéluctablement saisir cette occasion historique pour clarifier sa position sur la question. Le délégué sahraoui à Madrid a, d’ailleurs, souhaité, après l’annonce de cette rencontre, que l’Exécutif de Zapatero se prononce définitivement sur une question de décolonisation, pour hâter la résolution d’un conflit qui n’a que trop duré. Jusque-là, les réunions tenues entre l’ancienne puissance colonisatrice et le peuple sahraoui ne dépassaient pas le stade parlementaire et/ou celui de la société civile. On retiendra, à ce titre, que quelque 600 communes ibériques soutiennent le mouvement sahraoui de libération nationale. Une telle rencontre n’est-elle pas une reconnaissance de fait de la Rasd ?  Au niveau de la société civile, il faut noter que des anciens de la droite espagnole activent dans des associations de solidarité, dans l’espoir d’effacer la dette du général Franco, qui avait offert en 1975 sa colonie aux Marocains. Un autre élément, et pas des moindres, est l’émergence d’une nouvelle génération de la gauche socialiste espagnole. 
D’aucuns s’accordent à dire que la rencontre de ce vendredi reste le fruit d’un long combat pacifique mené par la société civile espagnole : les pressions exercées depuis des années par les innombrables associations de soutien au peuple sahraoui ont amené le gouvernement de Zapatero à revoir sa copie vis-à-vis d’un peuple et de son représentant légitime. Une opportunité pour rembourser la dette morale de Franco. Des observateurs avertis soutiennent que parmi les dossiers prioritaires de la diplomatie ibérique figurent, au premier plan, la région du Maghreb et l’espace euroméditerranéen. Pour cela et pour jouer un rôle prépondérant à ce niveau, la nouvelle politique étrangère de Madrid vise, en premier lieu, à asseoir une certaine stabilité dans le royaume marocain. Les attentats du 11 mars dernier en Espagne, œuvre de terroristes marocains, et les effets de l’émigration clandestine sont autant d’arguments persuasifs pour amener les responsables politiques à œuvrer dans le sens de la stabilité de son allié traditionnel. Par le passé, les Espagnols pensaient que le péril venait de l’Algérie, alors que le danger émane du Maroc. Pour le pays de Cervantès, l’instabilité de Rabat reste une source à problèmes, d’autant que des budgets colossaux sont dépensés par le Makhzen pour maintenir son hégémonie sur le Sahara occidental, au détriment du développement socioéconomique du peuple marocain. Cependant, on est loin d’affirmer que cette nouvelle stratégie est dénuée des considérations historiques et politiques qui lient l’Espagne à son allié de toujours, le royaume chérifien. La preuve demeure au niveau du nouveau concept diplomatique de référence par rapport à la question sahraouie : au lieu de l’organisation d’un référendum d’autodétermination, les officiels politiques espagnols utilisent le terme de “solution politique”. Rappelons que Zapatero, lors de sa visite à Alger en juillet dernier, a évoqué un accord ou “un plan concerté” entre “toutes les parties concernées”, pour débloquer la situation au Sahara occidental. Une insinuation, on ne peut mieux, au fait que le plan Baker est dépassé. Cette insinuation est loin d’être partagée, notamment par Alger, qui ne cesse de rappeler le cadre de l’ONU, en refusant d’être le tuteur du peuple sahraoui. Le nouveau rôle de médiateur auquel aspire jouer Madrid exhorte les autorités ibériques à entretenir de bonnes relations avec la Rasd, dans le cas où Rabat se soumettrait enfin à la légalité internationale. Dans tous les cas de figure, tous les chemins de la légalité internationale mènent inévitablement à l’autodétermination du peuple sahraoui.

R. H.