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Économie / Entreprise et marchés

Parlons management !

Meilleurs employeurs, quels enseignements ?

Smail Seghir

Le 21 janvier 2016, on décernait les trophées des meilleurs employeurs en Algérie. Une initiative pleine d’enseignements sur le management des hommes dans l’entreprise algérienne.

L'institut américain Best Companies organisait le 21 janvier dernier dans les salons de l’hôtel Sofitel d’Alger une cérémonie pour la remise des trophées aux entreprises algériennes consacrées “meilleurs employeurs en 2015”(1) . Une première en Algérie alors que ce type d’initiatives est courant dans le monde.
L'institut Best Companies organise lui-même régulièrement la même opération dans de nombreux pays. Sans beaucoup de surprise, les cinq lauréats en 2015 sont toutes des filiales de grandes multinationales implantées en Algérie : Bayer, Ooredoo, DHL, Novo Nordisk et Ericsson. Ces multinationales sont en effet connues pour leur forte culture managériale.
Il était donc naturel de les retrouver sur le podium des meilleurs employeurs en Algérie. Mais ce qui doit être souligné c’est que le personnel de ces filiales est formé à plus de 90 % d’Algériennes et d’Algériens recrutés pour la plupart sur le marché du travail ici-même en Algérie. Ce résultat démontre de façon irréfutable que, placé dans une culture managériale orientée sur les hommes, l’Algérien n’éprouve aucun complexe culturel ou sociologique à exprimer son savoir-faire et son talent au service de l’entreprise. Bien au contraire, lorsque le management de l’entreprise sait utiliser les bons leviers de la motivation, l’Algérien est parfaitement capable d’atteindre l’excellence. Certains objecteraient peut-être que ces performances seraient dues au fait que les managers dans ces filiales seraient des expatriés. En réalité, même le top-management des cinq entreprises lauréates est composé majoritairement d’Algériens et d’Algériennes.
Plus encore, leurs directeurs des Ressources humaines sont tous Algériens dont deux sont des Algériennes ! Pourquoi donc ne trouve-t-on aucune entreprise algéro-algérienne dans ce palmarès ?
La réponse est assez évidente : la plupart d’entre elles sont régies par un système de management traditionnel, fortement marqué par l’approche bureaucratique du type Command and Control qui privilégie le formalisme sur la recherche de la motivation des hommes. Du reste, comme l’ont révélé les organisateurs de la cérémonie du 21 janvier, sur une centaine d’entreprises algériennes sollicitées par l’institut Best Companies, seules une vingtaine ont accepté de participer à l’enquête pour désigner parmi elles les meilleurs employeurs.
Il faut préciser que l’enquête comporte deux volets : recueillir aussi bien les appréciations du management de l’entreprise que celles des autres collaborateurs. Or, chacun peut comprendre qu’il est souvent difficile pour les managers algériens de révéler ce que leurs collaborateurs pensent de leur comportements managériaux et des méthodes de gestion RH de leur entreprise. Se regarder dans un miroir est parfois une expérience douloureuse pour des managers habitués à un style de management traditionnel. On mesure ainsi combien le besoin de changement dans l’entreprise algérienne est grand. Il passera nécessairement par une refonte profonde de son mode de management. Et dans cette direction, c’est d’abord le top-management qui devra faire le premier pas en reconsidérant de façon radicale ses pratiques managériales pour les orienter vers un leadership véritable qui croit dans la valeur des hommes. Ainsi, contrairement à une opinion généralement répandue chez les managers algériens, il n’y a aucune tare originelle qui priverait les Algériens de viser des performances exceptionnelles dans leur entreprise. Du reste, bien qu’elles ne soient pas médiatisées, des réussites managériales existent bien dans plusieurs entreprises algériennes, publiques et privées, où les équipes de top-management adoptent au quotidien des comportements exemplaires, fondés sur un style de management centré sur les hommes. Pour ceux qui restent encore attachés au style de management traditionnel, il s’agit de prendre conscience que le changement vers la performance commence d’abord par eux-mêmes.
Une anecdote récente vécue par l’auteur de ces lignes montre que cet objectif est loin d’être illusoire. À l’issue d’un séminaire sur le management d’équipe qu’il animait pour des patrons d’entreprises privées dans l’Est algérien, un des participants, jusque-là plutôt dubitatif sur la praticabilité des méthodes prônées dans ces formations, a eu cette réflexion d’une grande lucidité : “Finalement, je comprends maintenant que le problème n’est pas dû à nos collaborateurs ou à l’environnement mais à nous les dirigeants !”. Tout espoir n’est donc pas perdu. À ce propos, répétons encore une fois que le précepte bien connu de notre tradition musulmane selon lequel El meslem yebda b’nefsou veut dire en réalité que le vrai changement commence par soi !

S. S.
1- Site donnant des informations sur l’opération : www.meilleuremployeurenalgerie.com


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