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A la une / Entretien

Farès Kessasra, spécialiste en hydrologie et hydrogéologie à «Liberté»

« Le plan de prévention de risques d’Inondation au site de Bellara est nécessaire»

La Société de réalisation des infrastructures (INERGA) a fait savoir dans un article publié par un journal francophone, que les retards de la réalisation du complexe sidérurgique est « dû à certains problèmes techniques sur le site ». Tout en ajoutant que le  projet est « situé sur un lit d’oued ». Une information de taille pour Farès Kessasra, maître de conférences et chercheur à l’Université de Jijel. Docteur en hydrologie et hydrogéologie,  il se spécialise dans la modélisation numérique des contaminants dans le sol et les aquifères ainsi que les études d’impact sur l’environnement.

 

Entretien réalisé par Imène AMOKRANE

Liberté : Quelles sont les conséquences sur la construction du complexe de Bellara?

Farès KESSASRA : Le site de Bellara est en cours d’implantation, et au fur et à mesure, d’autres facteurs se déclencheront systématiquement. Un Plan de Prévention de Risques d’Inondation (PPRI) est donc nécessaire. D’ailleurs, ma question aux concepteurs pour plus d’échanges avec la communauté scientifique est : quelles sont les mesures prévues pour la protection du site industriel?

L’apport des affluents et surtout la nappe aquifère qui continue son écoulement dans les alluvions, favorisé par des circulations souterraines d’origine karstique des massifs calcaires, nous renseigne sur la richesse de la région en eau. Nous sommes dans le pays du karst (un relief particulier associé aux plateaux calcaires, ndlr), et ces écoulements karstiques sont mal-connus et finissent en partie dans la nappe en bas (exsurgences et résurgences). Sur le site lui-même, l’un des futurs facteurs qui aggravera le risque d’inondations est l’imperméabilisation des sols (Bâtiments, usines, parkings,…etc.), cela favoriserait de surcroit le ruissellement des eaux de pluie au détriment de l’infiltration mais aussi la recharge de l’aquifère (fuites d’eau du réseau AEP, assainissement), donc un volume d’eau supplémentaire (ruissellement et nappe) retournera à l’oued déjà en plein régime, il sortira ainsi de son lit mineur pour rejoindre son lit majeur.

Les roches ne laissent pas passer l'eau de la même manière, qu'en-est-t-il du sol de Bellara?

L’aveu de l’INERGA (Société de réalisation des infrastructures), chargé de la partie génie civil, est précieux pour nous scientifiques, ça sonne comme un retour à l’évidence. Le premier qui soulève la particularité du site, qu’il soit implanté, je cite, « sur un lit d’oued ». Conscient des caractéristiques physiques d’El Milia, son climat humide (950 mm/an de pluie), et sa forte densité de drainage (6.61 Km/km2), car le Kébir et son bassin-versant est le système hydrologique le plus important de Jijel et son coefficient de torrentialité des plus élevés (96.6). En effet, le site est implanté sur son lit majeur avec ses terrasses fluviatiles associées, très perméables et renfermant une nappe aquifère superficielle. Elle affleure souvent lorsque le sol est saturé d’eau après les fortes averses entre novembre et mai, pour évacuer son trop plein, l’inondation se produit. Ce phénomène concerne particulièrement les terrains bas et mal drainés à cause de la présence des argiles.

Qu’en est-il du barrage de Béni Haroune, installé à l’amont du site industriel et qui représente le plus grand ouvrage hydraulique du pays ?

Ce barrage régule déjà le débit du Kébir, ses lâchers d’eau sont pris en compte, lesquelles prévisions permettraient de dimensionner les ouvrages de protection à l’aval. Le fait qu’il soit connecté à d’autres ouvrages hydrauliques (barrages d’oued Athmania et Boussiaba), le risque serait amoindri car en cas d’évènements extrêmes (débordement, dépassement des volumes de lâchers,…) des transferts seront envisagés.

Est-ce qu'il n'y aurait pas de risques de contamination de ces eaux ?

Vous savez, pour que les gens le sachent, le risque zéro n’existe jamais. Le site sera doté d’une station d’épuration des eaux usées industrielles et cela devrait atténuer le risque de pollution du Kébir mais à condition que l’entretien de la station puisse se faire régulièrement de telle manière à éviter les pannes et donc des rejets à charge polluante dans l’oued. La nappe, quant à elle, n’est pas épargnée, le lessivage des installations par les pluies conduirait à sa contamination aux métaux lourds. De telles espèces dans une eau, à toxicité élevée et persistance dans le milieu, la rendent non-potable. L’oued et la nappe forment un écosystème très fragile où les échanges se font régulièrement dans les deux sens selon la saison hydrologique. Puisque il existe des échanges, la présence d’un polluant dans un compartiment entraînerait son transport vers l’autre.

I.A

 


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