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A la une / Entretien

jean françois fauveau, patron de la compagnie à Alger, se confie à Liberté

Les projets d’Air france en algérie

Après la Corée, les Philippines, la Thaïlande, la Martinique, le globe-trotter d’Air France a choisi l’Algérie pour y poursuivre une carrière déjà riche de 30 années d’expérience. L’Algérie est son choix parce qu’il affectionne particulièrement ce pays qu’il a connu dans sa jeunesse. Il y revient aujourd’hui en remplacement de Bruno Grégoire à la tête d’Air France en Algérie, la tête pleine de nouveaux projets et avec l’intention de mettre en place de nouveaux services.

Liberté : Air France affiche, notamment depuis sa fusion avec KLM, les meilleurs résultats du monde. Peut-on connaître les raisons de ce succès ?
J-F Fauveau : Les résultats affichés dernièrement sont, en effet, excellents puisque au premier semestre 2006 nous avons réalisé un bénéfice de 980 millions d’euros correspondant à une hausse de 30%. Nous sommes, en effet, très satisfaits. Les raisons du succès découlent du fait que Air France-KLM est le 1er groupe de transport aérien en termes de chiffre d’affaires. C’est aussi le 1er groupe européen en parts de marché. Il n’y a pas vraiment de secrets mais plutôt des raisons bien connues. Nous disposons du meilleur club d’Europe, le 1er d’ailleurs avec Paris- Roissy fort de 20 000 opportunités de correspondances en moins de deux heures. C'est-à-dire, dans les deux sens, 800 vols par jour, et couplé au hub d’Amsterdam- KLM et donc deux réseaux de deux compagnies, articulés autour de deux poumons qui sont complémentaires (partir avec un opérateur et revenir avec l’autre). Nous nous adressons à une clientèle très fidélisée à travers le “Flying Blue” qui consiste à cumuler des miles qu’il peut utiliser sur l’ensemble des compagnies du Sky Team. Nous sommes aussi la 1re compagnie aérienne au monde à se lancer dans la démarche de la qualité des services en 2001 pour être certifiés quelques années plus tard. De gros efforts ont été fournis aussi par rapport à la clientèle avec des services comme le ROC (Rappel opérationnel des clients) qui fonctionne 7/7 et 24/24 et consiste à prévenir les clients en cas de retard ou d’annulation par le biais de SMS, mail, fax, ou carrément par téléphone. L’introduction du billet électronique et des réservations,  achats et enregistrements sur Internet fait partie des raisons du succès.
   
Les parts du marché d’Air Algérie ont sensiblement baissé en 2006. On s’aperçoit, cependant, qu’Aigle Azur en a tiré profit beaucoup plus qu’Air France. Est-ce à dire que votre compagnie est moins offensive en l’Algérie ?
Non, pas du tout. Nous avons une clientèle différente et avec 48% d’augmentation du trafic, nous sommes très satisfaits. D’autant plus avec notre clientèle dite de haute contribution (hommes d’affaires) qui s’intéresse à la ponctualité, la régularité et à un réseau étoffé (Sky Team). Elle reste une clientèle reconnaissante à des programmes de fidélisation. Cela s’est traduit d’ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière, par l’obtention d’un trophée “Voyages d’affaires 2006”  dans la catégorie “ Transport ” .
Ceci ne doit pas laisser supposer un désintéressement pour les autres catégories de clientèle. Celle des loisirs nous importe aussi pour preuve que nous lui offrons des tarifs attractifs à l’exemple de Alger-Paris-Alger qui est à 33 164 DA ou encore Alger-Montréal-Alger à 97 579 DA.

Où en êtes-vous avec le partenariat Air France-CAAR en matière d’assurance voyage et quels pourraient être les effets commerciaux de ce type d’association ? 
Nous avons effectivement un partenariat avec la CAAR et cela consiste à offrir à nos clients un tarif attractif en souscription d’assurance pour couvrir l’ensemble de leurs déplacements. C’est un petit plus qu’on offre à l’ensemble de notre clientèle pour voyager dans les meilleures conditions, mais c’est là un geste indépendant des effets commerciaux qui n’obéit à aucun objectif de vente particulier, sinon celui d’offrir le confort.
   
Après KLM et Transavia et bientôt Alitalia, cette orientation européenne dans la stratégie du groupe pourrait-elle un jour être élargie à une orientation euroméditerranéenne, vers le Maghreb, notamment ?
Commençons par Transavia. Il s’agit, en fait, de la création d’une filiale pour le groupe d’AF-KLM qui devra occuper un créneau de voyage de loisirs vers des destinations de soleil, principalement, méditerranéennes, avec des vols réguliers et à la demande. Ça sera fait avec une flotte de Boeing 737-800 équipés de 190 sièges que nous avons parfaitement adaptés. L’initiative intervient, d’ailleurs, en réponse à une clientèle de loisirs sur le Bassin méditerranéen puisque la première année démarrera avec une dizaine de vols qui couvriront principalement l’Italie, l’Espagne, le Maroc, la Tunisie, pour s’étendre à l’Égypte. Le nombre de vols passera à quinze pour 2007-2008 afin de pouvoir étendre et multiplier les fréquences à d’autres pays.

 Qu’en est-il pour l’Algérie ?
C’est simple, il appartient aux professionnels du tourisme de formuler la demande. Pour ce qui est d’Alitalia, c’est toute autre chose.
Pour l’heure de nombreuses rumeurs circulent sans fondement. Le Président a pourtant dit à plusieurs reprises à ce propos qu’Air France n’est qu’en phase exploratoire soumise à des préalables qui se résument aux questions suivantes : savoir si Alitalia a un plan pour se rétablir, se demander aussi si Air France-KLM et Alitalia ont la même vision en termes de métier et enfin, en cas d’une intégration, quelles sont les synergies possibles, si synergies il y a. Si les réponses sont positives, le Président demandera à son conseil d’administration la possibilité d’ouvrir les discussions avec Alitalia.
Le Maghreb, quant à lui, n’est pas du tout d’actualité et ne figure pas du tout dans l’agenda d’A.F. En revanche nous avons l’intention de développer notre exploitation dans le Maghreb dont l’Algérie, évidemment.

Cela signifie-t-il que vous n’êtes pas du tout intéressé par l’ouverture du capital de la compagnie algérienne nationale Air Algérie ? 
La question ne se pose même pas.
      
Quel bilan faites-vous de la saison estivale écoulée et qu’est-ce qui distingue Air France des autres compagnies ?
L’année 2006 a été pour nous doublement intéressante. Au point de vue chronologique, l’année est marquée par l’ouverture du vol Paris-Roissy, fin mars dernier, qui implique l’accès de l’Algérie au marché européen et au long courrier d’A.F. avec accès au 1er hub européen (800 vols /jour). 2006 a connu aussi des chiffres très satisfaisants : 24% d’augmentation des sièges et 48% d’augmentation sur le chiffre d’affaires. Des réalisations d’autant plus appréciables qu’elles correspondent à l’ouverture du nouveau terminal d’Alger. C’est extraordinairement intéressant parce que ça permet un développement à venir pour l’Algérie. Voilà une très belle réalisation, un très bel outil pour les professionnels et surtout pour nos clients et nos passagers. Il faut savoir que 70 m sépare le passager de son véhicule à son avion, ce qui constitue un record remarquable à même de nous permettre d’être plus performant. Pour ce qui est du second aspect de votre question, je répondrai simplement par “ réseau très étoffé, alliance, le hub, le programme fréquence plus, ponctualité, régularité ”, et c’est ce qu’exige de nous notre clientèle.
     
Quel est l’impact de l’ouverture de la ligne Alger- Paris-Charles-de-Gaulle ?
Avec l’accès à 149 pays dans le cadre de l’alliance SkyTeam, 729 destinations au départ de Roissy, je peux dire que l’effet a été immédiat puisque nous avons réalisé une augmentation de près d’un quart en termes de sièges et près de 50% du CA.
 
Le fait que la nouvelle aérogare d’Alger soit gérée par une entreprise, dont Air France connaît bien les protocoles, constitue-t-il un atout pour la compagnie ?
Nous connaissons, en effet, ADP en tant que prestataire de services et ils nous connaissent en tant que gros client, mais notre relation s’arrête à ce niveau. Nous n’avons aucun traitement de faveur. Mais au-delà de cette concession, je dois dire que ce nouvel édifice nous donne entière satisfaction en termes de sûreté et de sécurité et en termes de fluidité, de facilité et de confort pour notre clientèle.
Cela nous permet par ailleurs de réduire le temps de traitement des passagers et l’heure limite d’enregistrement.
   
Les caractéristiques du ciel algérien (semi-ouvert) mettent les compagnies aériennes qui y activent en situation d’oligopole. Ne pensez-vous pas que cela sanctionne le client algérien en l’empêchant de profiter des avantages d’une réelle concurrence ?
Je récuse totalement le terme d’oligopole parce que j’estime que s’il existe un marché, où la concurrence est déjà bien présente, c’est bien l’Algérie. Il n’y a qu’à voir les compagnies qui sont déjà là et celles qui ont annoncé leur arrivée prochaine.
C’est vraiment un marché très concurrentiel et qui a encore des potentialités fantastiques. En revanche, si le ciel algérien est ouvert, semi-ouvert ou ouvert totalement, cela dépend du seul ressort des autorités algériennes. Nous opérons dans un pays qui définit par lui-même ses propres règles et réglementations et nous n’avons pas de commentaire à faire à ce propos. 
   
Qu’en est-il des perspectives pour l’Algérie ?
2007 promet en effet de nombreuses nouveautés à l’image du billet électronique (0 papier, juste un numéro) dont l’introduction est prévue pour le 10 janvier. Nous ambitionnons aussi d’arriver rapidement à diminuer le temps de l’enregistrement et le ramener à une heure seulement et, pourquoi pas, moins. Il est question aussi d’un site Internet vendeur et d’enregistrement.
Le 7 avril 2007, Air France fêtera le 60e anniversaire de sa présence en Algérie. Nous avons l’ambition d’être la compagnie la plus jeune sur le plan technologique et offrir ce qu’il y a de meilleur.

Un quatrième vol sur Paris ?
Trop prématuré de parler de cela. Tout ce que je peux dire c’est qu’il existe des études en cours et cela peut intervenir en effet en 2007.

N. S.