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A la une / Entretien

Hadjer Kouidri, auteure d’un roman sur le corsaire algérien, à Liberte-algerie.com

«Raïs Hamidou fait partie de notre histoire» (Vidéo)

©Imène AMOKRANE/Liberte-algerie.com

Hadjer Kouidri, tout en étant doctorante, est une jeune romancière algérienne auteur de deux romans. Son dernier, « El-Raïs »est sorti pendant le Sila aux éditions « El ikhtilaf ». Liberte-algerie.com l’a rencontré lors de la vente dédicace organisée au Sila. Elle revient sur les péripéties de son nouveau roman, et sa relation avec l'histoire de l'Algérie. 

Entretien réalisé par Salim KOUDIL

 

« El-Raïs » est votre second roman après « Nawress Bacha » (éditions Anep), qui a eu le prix littéraire Tayeb-Salih, au Liban, en 2012. Et encore une fois vous revenez sur la période ottomane. Pourquoi ce choix ?

J’ai voulu écrire sur cette période ottomane parce qu’elle est très fertile. C'est également pour avoir un projet romanesque. Par exemple je veux produire une trilogie sur l’histoire ottomane. C’est une époque méconnue, et l’algérien s’arrête à l’époque coloniale. On ne connait rien de ce qui s’est passé avant.  Mes écrits sont avant tout mes propres créations mais je me referais à des faits historiques et des parcours personnels, à l’instar de ce second roman, qui concerne Rais Hamidou.

Pourquoi le choix de ce personnage ?

C’est le seul amiral algérien à son époque.  Pour arriver à ce grade il fallait être soit un turc, soit un Kourougli, né d’un mariage mixte entre un turc et un algérien, soit un "Euldji", quelqu’un venu d’Europe et qui s’est converti à l’Islam. Raïs Hamidou est un enfant de la ville des Issers (wilaya de Boumerdes, ndlr). Un Kabyle dont le père était un couturier. Il est venu à Alger et a cru en ses potentialités jusqu’à devenir un Raïs. J'ai essayé de présenter une biographie existentialiste si on peut dire ça et je laisse l'histoire aux historiens. 

On croit déceler dans votre roman des faits pouvant faire référence à certains événements contemporains…

Je ne fais pas de projections. Je veux plutôt emmener le lecteur d’un monde, celui de 2015, à un autre. Je veux donner du plaisir à ce lecteur en lui changeant de monde. Concernant les projections,  c’est un autre  point de vue. Mais je peux vous dire que pour ces projections on peut prendre l’époque des derniers Deys, tel que Dey Ahmed El Ghassal, ou encore dey Omar Bacha. En leur temps la diplomatie algérienne s’était beaucoup détériorée et la guerre avait été décrétée contre tous les pays européens. A tel point qu’il y a eu « la guerre des barbaresques », entre nous et les Etats-Unis. D’ailleurs c’est lors de cette bataille que l’amiral Hamidou lui-même trouvera la mort au cours de cette bataille. L’escadre américaine était menée par un Stephen Decator, venu du Congrès, en 1815, et a déclaré la guerre contre l’Algérie  avec l’intention d’écraser Raïs Hamidou et sa flotte maritime. Donc, ça peut être une projection mais ce n’est pas ma mission. La mienne s’arrête à l’écriture.

Vidéo réalisée par Salim KOUDIL/Liberte-algerie.com

Dans votre roman on a remarqué que vous avez donné une grande importance dans le choix des prénoms de vos personnages et également dans les noms des lieux. Est-ce le résultat de recherches documentaires ou le fruit de votre imagination?

Je prépare un doctorat en Communication et donc j’ai une méthodologie de recherche et investigation. Pour écrire ce livre il m’a fallu trois ans de recherche et j’ai lu plusieurs livres dont la plupart était des écrits militaires. Donc je me suis référé à des dates historiques et à l’atmosphère générale de l’époque. Je prends mes repères dans ces indices pour mettre dedans mes personnages.

« El Rais » est écrit en plusieurs séquences, ce qui nous fait pensez à un scénario. Est-ce pour une éventuelle adaptation au Cinéma ?

Exact. J’ai écrit le livre en un découpage séquentiel. Je suis très influencé par le 7e art. je veux vraiment entrer à travers cette porte (le cinéma, ndlr). Je n’ai pas envie de prix parce qu’on n’y arrivera pas. C’est des rêves. Peut être j’attendrai toute ma vie et je ne les aurais pas. C’est pourquoi j’ai envie de transformer ce livre en un film, un feuilleton. Raïs Hamidou fait partie de notre histoire. Il ressemble à tout le monde, dans sa dignité, dans son courage, et dans ses prises de position.  Donc, à ceux qui disent que les scénarios manquent, voici mon livre. S’il est mis entre les mains d’un réalisateur, le découpage technique est déjà prêt. Il ne manque que les dialogues, rien d’autres.

Est-ce qu’on vous a déjà fait la remarque que le titre de votre roman, « El Raïs », ressemble un peu au dernier roman de Yasmina Khadra « La dernière nuit du Raïs » ?

Il peut même ressembler  à d’autres livres,  de Ouassini Laâredj, mais j’ai choisi ce titre en l’appuyant par une photo en dessous qui est très significative. Je ne pouvais titrer ce roman avec un autre que « Raïs ».

Vous l’avez écrit quand ?

Je l’avais déjà annoncé dans les colonnes de la presse il y a de cela trois ans déjà.

Que pensez-vous de la jeune génération d’écrivains algériens ?

Je suis contente de cette jeune génération…

Existe-t-elle vraiment ?

Evidement. D’ailleurs plusieurs plumes féminines se distinguent du lot.

Pouvez-vous nous en citer quelques unes…

Il y a entre autres Amel Bouchareb, Saliha Guetaï, et bien d’autres. Il y a une certaine continuité. Si on faisait des statistiques dans ce salon, on trouvera dix nouveaux livres des écrivains femmes, mais le défi  est de les retrouver dans d’autres salons.  C’est la continuation qui est le véritable challenge.

 

Salim KOUDIL

@SalimKoudil

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