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A la une / Environnement

Retour sur le Salon Revade 2016

Beaucoup reste à faire

Cette première édition du Salon international de la récupération et de la valorisation des déchets industriels organisée par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), en collaboration avec l’Agence nationale des déchets (AND) et de la GIZ (coopération allemande), a montré l’immense retard accumulé par le pays dans un domaine devenu désormais stratégique.
La part incongrue du secteur est parfaitement illustrée à travers les stands d’exposition dominés par les classiques établissements publics pour la plupart à caractère administratif : Netcom, Cegetal, Extranet, ANCC, CNTPP, ONID, ANBT, Amenhyd, Seaal… Des opérateurs dont le métier est la valorisation ou la récupération sont encore peu représentés.
Ce constat est parfaitement résumé par le ministre des Ressources en eau et de l’Environnement, Abdelkader Ouali, en déclarant d’emblée, au cours de sa visite : “Aujourd’hui, la gestion des déchets se fait de manière administrative, la collecte et le dépôt des déchets au niveau des décharges, mais il est temps de passer à une gestion économique”, ajoutant que la valeur des déchets non récupérés avoisine 38 milliards DA annuellement.
C’est loin des affirmations du directeur des installations industrielles, M. Baba, lors de sa communication, ou du directeur de l’AND, M. Ouamane, pour lesquels le rythme de “progression” dans la mise en place d’une filière de récupération et de valorisation des déchets industriels suit des phases normales (prévues) après la mise en place des dispositifs réglementaires depuis 2001 et les différents plans (Progdem…).
Mais il y a tout de même ceux qui entreprennent loin de l’administration, à l’image de la Sarl Houara de Mila qui récupère les pneus usagers pour produire des granulats ou de l’Eurl Tedjar, installée à Beni Yenni et Bordj El-Kiffan et spécialisée dans la collecte de produits dangereux dont les films de radiographie usagés ou ratés pour fabriquer des bijoux de fantaisie notamment. De tels opérateurs sont d’ailleurs assaillis par les visiteurs pour s’informer sur leurs activités.
À travers les stands on note aussi la présence du cimentier Lafarge et de filiales de firmes internationales spécialisées dans la décontamination des sols ou le traitement de déchets dangereux ainsi qu’une entreprise tunisienne qui fabrique des équipements et des machines destinés aux entreprises de récupération et de valorisation des déchets industriels.
Au sujet des cimenteries, la firme française se contente de donner les chiffres à l’international comme “plus de 20% de l’énergie calorifique et plus de 5 millions de tonnes de matières premières nécessaires à la fabrication des ciments Lafarge proviennent de la valorisation des déchets industriels, de la biomasse, de pneus usagers et de déchets de ménages”.
Chez nous, on sait simplement qu’une quantité de produits pharmaceutiques périmés est brûlée en guise de co-incinération, mais le pouvoir calorifique des médicaments est pratiquement négligeable, par contre l’opération participe sans conteste à leur élimination.

Le problème des déchets dangereux
Sur la question des déchets dangereux, des firmes présentes en Algérie et qui ont pris part au Salon, à l’image de Geen Sky, offrent en catalogue plusieurs services dans le traitement des déchets dangereux (évaluation quantitative et audit technique, analyse chimique, transport, traitement…).
Par contre, à nos questions sur des sites déjà décontaminés, à l’image de ceux contaminés par l’amiante un peu partout dans le pays ou par des PCB, nos interlocuteurs expliquent qu’ils sont nouvellement présents dans le pays.
Pour rappel, les opérations de désamiantage lancées par le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement depuis 2006 n’ont pas trouvé preneur, à ce jour, malgré la diffusion régulière de cahiers des charges.
C’est le cas pour les sites de Bordj Bou-Arréridj, de Gué de Constantine ou de Mascara. Dans un autre domaine, la question des matières premières secondaires a dominé la communication du professeur Tedjar.
Il a mis en évidence la place des pays qui ne disposent pas de ressources naturelles mais qui sont devenus des producteurs de “matières premières” grâce à la maîtrise de la récupération et du recyclage. C’est le cas des terres rares (lithium…).
Enfin, l’initiative du Salon est avant tout la promotion de l’industrie de valorisation et du recyclage des déchets industriels à travers la diffusion des techniques et la popularisation des équipements pour mettre en lumière les opportunités et susciter des vocations. Attendons donc la prochaine édition pour en faire une appréciation.


R. S.


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