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A la une / Environnement

Le phénomène du vol de sable n’épargne aucune région

En Algérie, un état des lieux préoccupant

Rien qu’à parcourir les rubriques qui rendent compte des activités de la cellule de protection de l’environnement de la Gendarmerie nationale, on se rend  compte que les délits et infractions liés au “vol” du sable sont à la fois réguliers et en bonne place. Le phénomène n’épargne aucune région. Les principales sources qui alimentent une demande sans cesse croissante sont le programme public d’infrastructures et la construction. L’extraction sauvage cause évidement des ravages pour l’environnement mais aussi avec  l’usage répendu  du sable marin (plage) sans rinçage, c’est la quasi-certitude de l’écroulement des constructions, avant terme, sous l’effet de la corrosion.
Le président du Comité national des marins pêcheurs (Cnmp), estime que  “depuis les années 2000, nous avons perdu 35 km de plage à cause du vol de sable du littoral”, mais les statistiques font défaut. Notre tentative de joindre la direction de l’APPL par le biais de la wilaya d’Alger n’a pas abouti. Pour des associations de défense de l’environnement “c’est une question de temps, les plages du littoral algérien sont condamnées à mourir”. Les prélèvements de sable dans les rivières ou sur la plage sont en principe soumis à autorisation mais la mafia qui contrôle ce trafic bénéficie de complicité à plusieurs niveaux de l’administration ; cela va de l’inscription de projets de construction fictifs à la facilité dans l’acheminement moyennant le payement de dîmes qui alimentent aussi des réseaux terroristes. Les grossistes du sable agissent à visage découvert. Les réseaux sont sophistiqués, les camionneurs pris en flagrant délit par la gendarmerie et passibles d’amendes et d’emprisonnements sont assurés de percevoir leur salaire (les familles) pendant toute la durée de la détention. Toutes les villes sont touchées (Tlemcen, Oran, Mostaganem à l’Ouest, Tizi Ouzou, Boumerdès et Tipasa au centre, Béjaïa, Jijel Collo, Skikda et Annaba à l’Est sont des plateformes où la violence et l’argent régentent un trafic intense).
L’interdiction édictée en 2005, gelée jusqu’en  2007 et encadrée par le décret d’application de 2009, ne semble pas avoir un effet dissuasif sur le terrain. La progression de la demande et les difficultés à offrir d’autres alternatives aux opérateurs économiques pour les différents chantiers ouverts n’arrangent rien.

Quelles alternatives ?
Il n’existe pas une alternative “toute faite” pour réduire le recours au sable des rivières et des plages. Par contre, la mise en œuvre d’activités de recyclage,  l’encouragement à l’ouverture de carrières, la substitution de matériaux locaux (au sens du territoire) est le dispositif  idoine à côté d’une législation qui oblige les opérateurs à utiliser ses sources (cela se fait déjà pour certains projets). On peut citer  trois filières principales de recyclage pour produire des granulats. Les matériaux issus de la  démolition des bâtiments et autres constructions ou chaussées (liberte-algerie.com/environnement/cest-limbroglio-dans-la-wilaya-dalger-225251), la récupération du verre pour le broyage, et  la récupération de certains types de  déchets industriels (aciéries…). Quant aux solutions locales, beaucoup de pays, africains en particulier, développent localement des terres stabilisées pour différents usages dans la construction. Assurer une exploitation durable de ressources naturelles soumises à une forte demande, c’est mettre en place les arbitrages nécessaires dans un domaine forcément conflictuel. Entre les opérateurs économiques qui cherchent un accès à la ressource au moindre coût, les chômeurs qui font vivre leurs familles en puisant illégalement dans la ressource et les populations locales qui se voient dessaisies des services écologiques que procure cette ressource, le laisser-faire est la pire des alternatives ; c’est celle  des mafias et des dommages environnementaux parfois irréversibles.


R. S.


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