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A la une / Environnement

Rapport de la BM sur l’Énergie durable

La lecture partielle de la presse publique

L’Afrique subsaharienne, la région la moins électrifiée. ©D. R.

La presse publique et parapublique s’est saisie du rapport de la Banque Mondiale (BM) sur les indicateurs de l’énergie durable RISE (Regulatory Indicator for Sustainable Energy, riseworldbank.org) pour encenser l’Algérie pour ces performances. Qu’en est-il au juste ? Ce rapport périodique de l’institution financière internationale, rendu public le 15 février, est conçu comme un outil permettant aux décideurs de comparer les cadres politiques nationaux pour l'énergie durable et d'identifier les opportunités pour attirer les investissements. Il est basé sur l’évaluation de trois domaines majeurs de l’énergie durable – l'accès à l'énergie moderne, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Il concerne 111 pays (96% de la population du globe) ce qui offre des possibilités de comparaison très larges. En introduction, la BM note que de plus en plus de pays en développement s’imposent comme des champions de l’énergie durable grâce à des politiques solides en faveur de l’accès à l’énergie, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. “Mais si le Mexique, la Chine, la Turquie, l’Inde, le Vietnam, le Brésil et l’Afrique du Sud ont su prendre ce virage, l’ensemble des régions du monde, en particulier l’Afrique subsaharienne, peuvent faire beaucoup mieux”. La dépêche de l’APS reprise par la plupart des titres qui ont évoqué le rapport met l’Algérie dans ce lot. “L’Algérie émerge comme l’un des champions de l’énergie durable (BM)”, écrit l’agence officielle.

Une performance toute relative
Certes, globalement plusieurs pays en développement envieraient le score de l’Algérie, mais pour un pays producteur de pétrole et de gaz le mérite est tout relatif, car l’indicateur d’accès à énergie peut doper le reste, et c’est le cas pour notre pays. Pour évaluer la politique d’efficacité énergétique et de promotion des énergies renouvelables, il faudrait s’intéresser à leurs indicateurs propres. Mais avant cela, voyons les performances globales d’autres pays. Pour les pays en développement, l’Algérie réalise un score de 69 sur 100, le même que le Maroc mais beaucoup moins que la Tunisie (73) ou l’Égypte avec 71 points. L’Afrique du Sud qui traîne le fardeau de l’apartheid (accès à l’énergie encore limité pour de nombreuses populations noires) fait 70 points grâce à l’indicateur du développement des énergies renouvelables. Dans ce lot des pays en développement, le Vietnam fait le meilleur score (78) et la Jordanie, un pays aux ressources limitées, réalise 76 points. Dans le reste, la Grèce pointe à 80, la France à 86 et l’Allemagne 89. On peut mesurer encore plus la modestie de la performance de notre pays en prenant l’indicateur sur le développement des énergies renouvelables. Dans ce domaine, l’Algérie fait un score de 51 sur 100, l’Égypte 65, le Kenya 63 et l’Afrique du Sud 68. On est loin de la qualité d’un leader en la matière ! Notons que Rachel Kyte, directrice générale du programme et représentante spéciale auprès du Secrétaire général des Nations unies dans ce domaine, a déclaré que “la transition mondiale vers une énergie propre est en marche. Le recours accru aux énergies renouvelables constitue un élément essentiel de cette transition”.

Le drame des populations subsahariennes
Si notre pays a la chance de disposer de ressources naturelles (hydrocarbures) pour assurer un accès à l’énergie à sa population, ce n’est pas le cas de nos voisins du Sud. Le rapport note que l’Afrique subsaharienne est la région la moins électrifiée : 600 millions de personnes n’ont toujours pas l’électricité. Plus de 40% des pays d’Afrique subsaharienne couverts par le rapport n’ont mis presque aucune mesure en place pour accroître l’accès à l’énergie, contre moins de 10% pour les pays asiatiques. Enfin, le rapport souligne que de nombreux pays, en particulier parmi ceux en développement (56 sur 100 pour notre pays), sont loin de prêter autant d’attention à l’efficacité énergétique qu’aux énergies renouvelables. “Or ce sont précisément les mesures de maîtrise de l’énergie qui présentent généralement le meilleur rapport coût-efficacité pour la transition écologique dans le secteur énergétique. Des exemples comme celui du Vietnam, dont les mesures de planification sectorielle ont donné la priorité à l’efficacité énergétique en réponse à l’explosion de la demande dans les années 90, témoignent des progrès qu’il est possible de réaliser dans ce domaine.” L’étude des sous-indicateurs au nombre de 80 révèle encore plus les forces ou les faiblesses des politiques nationales en la matière.

R. S.


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