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A la une / Environnement

Développement durable

L’année 2015 fera-t-elle date ?

Les changements climatiques sont tels, qu’agir reste notre seule issue. ©D. R.

Dans ce dernier numéro de l’année, la tentation est grande de le dédier à l’événement le plus marquant dans le domaine de l’environnement en 2015. Dans ce sens, l’accord intervenu lors de la CoP21 est le fait positif le plus marquant malgré ses faiblesses.
Il se trouve que Liberté a, à travers cette rubrique et aussi la couverture du déroulement de la CoP21, consacré plusieurs papiers à l’événement tout au long de ce mois de décembre. Par contre, il est fortement utile de faire une revue des approches qui parfois s’affrontent pour juguler le phénomène du réchauffement du climat et partant des risques réels d’emballement des processus de la nature et le danger de leurs irréversibilités et, donc de la menace de la vie sur notre planète. Il est donc question de développement durable.

Les tenants de la technologie
Durant toute cette année, dans le sillage d’une CoP21 que tout le monde s’accordait à ne pas rater, de grandes entreprises ont multiplié des annonces sur la faisabilité d’une alimentation électrique à 100% renouvelable (éolien, solaire, biocarburant de deuxième génération…) et de révolutionner l’efficacité énergétique. En marge du sommet mondial sur le climat, un forum d’entreprises est organisé pour orienter les investissements vers les technologies bas carbone, la promotion de l’économie des processus industriels plus propres et intégrés (économie circulaire), le captage des gaz à effet de serre et leur valorisation ou stockage….
Le Groupe intergouvernemental pour l’évolution du climat (GIEC) lui-même a fini par inscrire l’option (technologie) comme une des possibilités.
Pour certains cette attitude du groupe de l’ONU annonce peut-être un changement de paradigme dans la lutte contre les changements climatiques. Mais le sauvetage de la planète par la technologie porte un nom : la géo-ingénierie. La géo-ingénierie va plus loin dans le modèle “curatif”. Il s’agit de développer aussi des techniques permettant de modifier elles-mêmes le climat. C’est au début des années 2000 que des scientifiques se sont rangés dans la croyance qu’il est vain de lutter contre le changement climatique avec les moyens traditionnels. Sans être exhaustif, les techniques envisagées sont la capture et le stockage du carbone mais aussi le développement (cultures) dans les océans d’algues qui permettent de séquestrer de grandes quantités de CO2, l’envoi dans l’espace d’écrans pour réduire les rayons du soleil, la peinture en blanc des surfaces urbanisées (réfraction). Cela va jusqu’à la modification de l’axe de la Terre (naturellement pas stable, il est sensible aussi à des séismes de grande amplitude). Il faut savoir que des laboratoires travaillent sur ces pistes et que des milliardaires comme Bill Gates financent de tels travaux.

Les tenants des réformes économiques
Là aussi il y a ceux qui pensent que le sauvetage du climat passe par des réformes profondes dans le système de financement des investissements pour encourager le développement de technologies propres et ceux qui sont convaincus que sans un changement de paradigme dans le système financier international rien n’est possible. Une chose est sûre, la faiblesse des investissements dans des projets “amis” du climat est un fait. L’ONU par le biais du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) a publié un rapport à la fin du mois de mai de cette année pour alerter sur le fait que la maîtrise du dérèglement climatique a besoin d’une réforme du système financier. Pour diriger une plus grande partie des 37 billions de dollars d’infrastructures dédiées à l’énergie dans les 20 prochaines années vers une transition énergétique à faible carbone, le document (unep.org) identifie les mesures à mettre en œuvre. La Banque mondiale estime qu’en plus des 89 billions de dollars d'investissements dans des infrastructures pour les villes, l'énergie et les systèmes d'utilisation des terres, il faudra 4,1 billions de dollars supplémentaires dans les 15 prochaines années pour la transition faible en carbone. Le problème est que le système financier évolue jusque-là dans sa propre bulle. C’est ce qui fait dire aux militants écologistes que sans l’abondant de la croissance économique à tout prix on ne peut sauver la planète.

Les tenants du changement du paradigme économique
Le mouvement qui milite pour une décroissance économique et un système plus juste n’est pas homogène. Il y a ceux qui veulent “fracasser” le système financier mondial qui, à leurs yeux, est le seul moyen de prendre en compte les risques climatiques et la gestion des ressources naturelles en général. Il y a ceux qui militent pour une sobriété. Dans cette catégorie, Pierre Rabhi, qui vient de publier un ouvrage intitulé “La sobriété heureuse”, est une figure emblématique. Le célèbre chantre de l’agroécologie déclarait à la veille de la CoP21 qu’“Il ne sortira rien de cette énième grand-messe. J’ai du mal à croire que les changements structurels nécessaires y soient actés. Il faut entrer dans une nouvelle ère, celle de la modération : modération de la consommation et de la production. Les États vont-ils décider d’arrêter la pêche industrielle et l’agriculture intensive, et ainsi cesser de piller les océans ou la terre ? Ce que je reproche à la COP21, c’est de faire croire que ces discussions permettent de résoudre les problèmes, alors qu’on ne s’attaque pas aux sources des déséquilibres” (Le Monde du 28 décembre 2015). La prise de conscience des dangers sur la planète parait, jusque-là, insuffisante pour mettre sur les rails des mesures suffisantes et adoptées par tous.

R. S.


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