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A la une / Environnement

Crise écologique

Le Forum de Davos débat de l’économie responsable

©D. R.

Dans leurs projections, les organisateurs de ce rendez-vous estiment qu’une économie “plus responsable pourrait générer 12 000 milliards de dollars et créer 380 millions d’emplois d’ici 2030”.

Le 47e Forum économique mondial de Davos (WEF) a battu le record de participation : 3000 personnalités entre décideurs politiques, entrepreneurs et représentants d’organisations internationales (ONU, OMC, G20, FMI…) dont 1000 dirigeants de sociétés et 70 délégations nationales. Chez nous, contrairement aux années 2000 où le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika, avait fait des haltes remarquées dans la plus haute ville d’Europe, l’événement 2017 n’a pas attiré particulièrement l’attention des médias. Pourtant, les sujets mis en débat ne sont pas des moindres au regard de la conjoncture mondiale dominée par une crise écologique et de nombreux questionnements fondamentaux sur la globalisation. Le président Xi Jinping qui a ouvert les travaux est le premier président chinois à monter à la tribune de Davos. Il a, dans son discours, loué la mondialisation, en affirmant qu'elle est irréversible, et que la Chine defend le libre-échange et qu'elle est très favorable à l'Accord de Paris sur le climat. D’aucuns pensent que l’offensive de la Chine est directement liée à l’impossibilité du leadership traditionnel des États-Unis en raison d’une sorte de vacance de pouvoir à Washington induite par la fin de mission de l’Administration Obama et l’attente de la prise de possession des lieux par l’équipe Trump. Dans le détail, on discutera de “la revitalisation de l’économie, de la réforme du capitalisme, du réexamen de la coopération internationale et de la préparation d'une quatrième révolution industrielle”. Les 400 rencontres qui se sont déroulées ont été placées sous le slogan “Pour une politique réactive et responsable”. Dans leurs projections, les organisateurs de ce rendez-vous estiment qu’une économie “plus responsable pourrait générer 12 000 milliards de dollars et créer 380 millions d’emplois d’ici 2030”. Rappelant que dans l’économie responsable qui découle du concept RSE (responsabilité sociale ou sociétale des entreprises), la démarche pour les entreprises consiste à prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de leurs activités pour adopter les meilleures pratiques possibles. C’est la notion de développement durable.

De quoi s’agit-il ?
Ce n’est pas la première fois que le Forum inscrit la problématique du développement durable à son agenda. En 2014, l’environnement était le thème majeur en compagnie de la santé. Le WEF, en partenariat avec les Nations unies, se proposait de promouvoir la coopération entre les secteurs public et privé en faveur d’initiatives portant notamment sur la déforestation, l'efficacité énergétique et l'investissement vert.
À l’ouverture de cette session 2017, Klaus Swhab, patron et fondateur du WEF, qui a estimé que durant la dernière décennie les dirigeants d’entreprises se sont plus occupés à résoudre des crises, invite les patrons à “être réactifs et responsables (...). Plus que jamais, le leadership implique la prise de responsabilités”. Global Risks report 2017, édité annuellement par le Forum et qui analyse, depuis 2006, avec le concours de 750 experts, les principaux risques qui menacent la planète, présente les inégalités de richesses et les risques environnementaux (changement climatique, crises de l’eau, environnements météorologiques extrêmes, etc.) comme les défis majeurs auxquels les dirigeants du monde vont être confrontés les prochaines années. Les rédacteurs du rapport estiment que la voie à suivre est dictée par les 17 Objectifs de Développement durable des Nations unies (éradication de la pauvreté, lutte contre le changement climatique, accès à la santé, égalité entre les sexes…). “À condition que les entreprises avancent dans la même direction, ces objectifs définissent le seul modèle viable pour une croissance à long terme”, notent-ils. Les secteurs clés de la croissance sont l’énergie, les villes, l’agriculture et la santé. “Ils comptent pour quelque 60% de l’économie réelle et sont essentiels à la réalisation des objectifs mondiaux.”

Incertitudes et interconnexion des menaces
Si plusieurs intervenants ont souligné que la question du changement climatique est une clé de la gouvernance, ils n’omettent pas de relever que les inquiétudes se croisent avec un grand nombre de risques mondiaux interconnectés. Le rapport met lui-même en avant l'immigration incontrôlée, les tensions géopolitiques qui sont à leur plus haut niveau depuis la fin de la guerre froide (la mer de Chine méridionale, Russie et l'Ukraine, intervention militaire en Syrie…), les craintes terroristes, l'incertitude économique persistante en Europe, le ralentissement des économies BRICS (émergeants)... Dans ce contexte, les entreprises sont confrontées à des projets annulés, des interruptions de la production et de l'approvisionnement en énergie, des restrictions sur diverses activités et, potentiellement, des attaques à motivation politique contre leurs employés et leurs installations. “Les tensions géopolitiques détournent également les ressources et l'énergie des autres questions d'intérêt commun, y compris le changement climatique, tout en politisant les débats autour de questions clés, telles que la réglementation des marchés, la cybercriminalité et la sécurité mutuelle.” Les tentations protectionnistes observées çà et là comme aux États-Unis avec l’élection de Donald Trump ou le Brexit qui a fait l’objet d’une communication à ce Forum sur les modalités de sortie de l’Europe de la part de Theresa May, la Première ministre britannique, augurent-elles une tendance lourde dans le monde développé ? La “nouvelle Dame de fer” entend construire un Royaume-Uni fort, entendre “libéré de la soumission aux lois et juridictions européennes”. Pour ce qui de l’environnement, il y a longtemps déjà que les militants écologistes affirmaient que “c’est la mondialisation qui a tué l’écologie, car les problématiques environnementales sont piégées par la déréglementation et le libre-échange”. Enfin, il semble que les autorités algériennes ne se soient pas déplacées – ou n’ont pas communiqué sur le sujet – en Suisse pour la tenue de ce Forum. Le site internet du FCE signale la présence de Ali Haddad pour prendre part à un “Panel sur les infrastructures” lors de ce rendez-vous.

R. S.


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