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A la une / Environnement

Démission du haut responsable de l’IAER

Le rôle de la France pointé du doigt

Le haut responsable de l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (IAER), Youba Sokona, a démissionné de son poste et accuse la France, par le biais des interventions de Ségolène Royale de détourner les projets énergétiques élaborés lors de la CoP21 pour l’Afrique, au profit de la France et de l’Europe. C’est ce que révèle le site internet climatehome qui publie de larges extraits de la lettre de démission du haut responsable africain qui écrit que “les donateurs ont mis sur pied une stratégie pour imposer aux Africains des projets automatiquement sélectionnés par les Européens” et “qu’il y a eu un mépris évident, et un abandon, des principes de l’IAER”. Dans ce programme de promotion d’énergies propres doté de 10 milliards de dollars et lancé lors des discussions de l’Accord de Paris (CoP21), la ministre française de l’Environnement est accusée de miner le leadership africain par un comportement qui rappelle une “gouvernance d’une autre époque”. Le haut responsable africain ne lance pas ces accusations en l’air. Dans sa lettre, il évoque le “détournement” (reformulation) de projets dans le domaine du rail et de la transformation du caoutchouc sur lesquels l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables a eu à délibérer à Conakry, en Guinée, le 4 mars 2017. Il s’agit de 19 projets approuvés par le conseil, d’une valeur de 4,8 milliards d'euros (5,2 milliards de dollars). L’intervention des Européens est contraire aux principes de fonctionnement de l’IAER, note Sokona. “Il y avait un mépris et un abandon évidents des principes de l'AREI”, avait-il écrit.
Bon nombre des projets choisis par les représentants de la Commission européenne ne sont ni nouveaux, ni renouvelables ni détenus par des Africains. Allant plus loin, il ajoute que la ministre française de l'Environnement Ségolène Royal et le commissaire européen au Développement international Neven Mimica ont dirigé la délégation non africaine à cette réunion. “C’est les responsables de l'UE qui ont choisi les projets et Royal s’était chargée de lui demander de les présenter au conseil d'AREI”.
Comble du mépris, le haut responsable africain n’a été mis au courant des projets imposé par l’UE que “deux jours avant la réunion”. Climatehome écrit que “les représentants de haut niveau en provenance d'Égypte, la Banque africaine de développement - qui héberge le personnel de l'AREI - et l'Union africaine ont exprimé leurs préoccupations lors de la réunion du conseil d'administration sur le contournement du processus de sélection de l'IAER. Mais les présidents des anciennes colonies françaises Tchad et Guinée, Idriss Deby et Alpha Condé, se sont alignés sur les Européens en demandant aux membres de faire avancer les travaux”.  200 organisations de la société civile africaine ont signé une lettre ouverte (pacja.org) dans laquelle ils dénoncent ce “détournement” de l’initiative par l’Union européenne (UE). “Ces comportements récents sont totalement inacceptables. Le recyclage de projets existants en tant que 'nouveaux' pour l’IAER risque de laisser les Africains dans l'obscurité”, lit-on dans la lettre.
Ces organisations interpellent l’UE et la France afin “d’abandonner toute aspiration à diriger l’initiative et à respecter l’autonomie du projet”. “L’IAER doit être dirigée par les Africains, pour les Africains. L’ingérence dans la gouvernance africaine appartient à une autre époque” concluent-elles.
Rappelant que l’initiative se propose d’augmenter la capacité installée du continent africain de 10 GW d’ici 2020 et de 300 GW d’ici 2030. Dix bailleurs (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et UE) se sont engagés à mobiliser 10 milliards de dollars entre 2016 et 2020 pour atteindre cet objectif.

R. S.


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