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A la une / Environnement

Lutte contre le changement climatique

Les entreprises américaines sauveront-elles l’Accord de Paris ?

© D.R.

“Si les États-Unis deviennent un paria à l'écart du reste de la planète en se coupant de l'Accord de Paris, ça aura un impact très fort à long terme sur la croissance américaine”, estime Andrew Light, ancien conseiller de l’administration Obama, aujourd'hui expert du think-tank World Resources Institute.

The Business Council for Sustainable Energy (BCSE) ou le Conseil des entreprises pour l'énergie durable est une coalition de sociétés et d'associations professionnelles des secteurs de l'efficacité énergétique, du gaz naturel et des énergies renouvelables. Il comprend aussi des producteurs indépendants d'énergie électrique, des services publics détenus par des investisseurs, des utilisateurs finaux d’énergie et des développeurs de projets et fournisseurs de services pour les marchés environnementaux.
C’est en 1992 que des dirigeants de l'industrie des secteurs de l'efficacité énergétique, des énergies renouvelables et du gaz naturel se sont réunis et constitués en coalition pour peser sur la politique énergétique américaine dans le sens de l’innovation et de la durabilité en vue aussi de garantir au secteur des parts d’un marché (montant) en interne et à l’international. Ils viennent de saisir, par lettre datée du 12 avril, le Secrétaire d’État à la diplomatie, Rex Tillerson, pour lui demander de ne pas sortir des engagements signés lors de la CoP21 (bcse.org). Le BCSE souhaite exprimer son soutien à la participation continue des États-Unis dans l'Accord de Paris sur les changements climatiques et la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), écrivent-ils en introduction de leur missive. “L'Accord de Paris donne aux entreprises un cap à atteindre et le cadre sûr dont elles ont besoin pour faire des investissements d'avenir en matière d'innovation et d'infrastructure.” Elles estiment que l'engagement du gouvernement des États-Unis dans l’Accord de Paris et la CCNUCC sont bénéfiques aux entreprises américaines et protégeront les emplois américains. Selon Andrew Light, ancien conseiller de l’administration Obama, aujourd'hui expert du think-tank World Resources Institute, cité par Novethic, le danger à court terme pour les créations d'emplois dans le secteur des énergies renouvelables et dans tous ceux liés à l'Accord de Paris est réel. Le secteur des énergies renouvelables employait 800 000 Américains en 2016 et l'industrie solaire progresse à un rythme annuel de 25%. À plus long terme, les experts estiment que les pays signataires de l'Accord de Paris devront investir entre 14 et 33 000 milliards de dollars pour atteindre les objectifs fixés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Autant de marchés à conquérir. “Si les États-Unis deviennent un paria à l'écart du reste de la planète en se coupant de l'Accord de Paris, ça aura un impact très fort à long terme sur la croissance américaine”, ajoute l’ancien conseiller, selon la même source. Dans leur plaidoyer, les entreprises américaines estiment qu’un portefeuille d'énergie intégré, diversifié et à faible teneur en carbone pour les États-Unis serait l'épine dorsale d'un réseau sécurisé, fiable et source d’une d'énergie abordable pour le pays. Reprenant à leur compte la défense des emplois mise en avant par le président Trump lors de sa campagne électorale, les membres de BCSE affirment qu’“ils font partie intégrante de l'économie américaine, fournissant des solutions qui soutiennent non seulement le secteur de l'énergie, mais aussi l'aérospatiale, l'aviation, la construction, les télécommunications et les secteurs du transport”.

Un vrai dilemme pour le président américain
Parmi les entreprises qui appellent Donald Trump à ne pas sortir de l'Accord de Paris obtenu à la CoP21, des multinationales emblématiques dans l’exploitation des énergies fossiles se sont mises en avant, à l’image des géants américains comme le pétrolier Exxon Mobil que dirigeait auparavant Rex Tillerson, le chef actuel diplomatie américaine, les charbonniers Peabody et Cloud Peak et le leader du gaz naturel liquéfié Cheniere Energy. En tout cas, quelles que soient les motivations de ces grandes firmes, le président Trump ne peut pas longtemps rester moins sensible aux risques du changement climatique que les principaux contributeurs américains à l’accumulation des gaz à effet de serre (GES) qui soutiennent et expriment leurs préoccupations pour la construction d’un schéma énergétique plus durable et conforme aux engagements internationaux des États-Unis. La panoplie des techniques à développer et dans lesquelles les entreprises américaines ont lourdement investi vont de perspectives de croissance liées à la technologie de la capture et séquestration du CO2 (CCS - carbone capture and storage). Dans ce domaine, le charbonnier Cloud Peak ne veut pas que ses équipes de recherche prennent du retard par rapport à leurs concurrents étrangers. Pour Exxon, les États-Unis ont réussi à réduire leurs émissions en utilisant mieux le gaz naturel et estime que “ce succès peut être reproduit à l'échelle mondiale”.  “Parmi les entreprises des énergies fossiles, il faut distinguer celles avec une vision étriquée et nationale qui continuent à penser que suivre le chemin tracé par l'Accord de Paris n'est pas dans leur intérêt. Et les multinationales qui commencent à comprendre que nous vivons dans un monde qui a déjà changé et qui veulent que tout le monde joue avec les mêmes règles du jeu”, constate Andrew Light. C’est dire l’importance d’un cap pour une politique industrielle audacieuse, ce n’est pas encore le cas chez nous. Les nouvelles déclarations de notre ministre de l’Énergie sur l’exploitation du gaz de schiste ne peuvent se limiter à une lecture “d’un retour au bon sens”. Elles dénotent précisément cet absence de cap (voir notre article sur cette même page).


R. S.

 


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