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A la une / Environnement

CoP22, élection de Trump et prix du pétrole

Les primes de 2016 au réchauffement climatique

Le réchauffement climatique, une triste fatalité. © D.R

L’année 2016 ne sera probablement pas inscrite comme une étape vers la maîtrise des émissions de dioxyde de carbone et donc de l’atténuation du réchauffement climatique.
L’absence de décisions pour entreprendre l’action lors de la CoP22 à Marrakech, l’élection du président américain Donald Trump, ouvertement climato-sceptique, et la persistance d’un prix des énergies fossiles relativement bas concourent plutôt à maintenir la “chauffe” qui va de record en record. En effet, après que l’année 2015 a subtilisé son record  des températures les plus hautes depuis 1880 (date à laquelle ont commencé les premiers enregistrements météorologiques) à 2014, l’année en cours s’achemine vers la même performance. C’est ce que confirment deux rapports d’institutions américaines, la NOAA (ncdc.noaa.gov) et la NASA / GISS (nasa.gov) qui indiquent que “cette année pourrait surpasser 2015 sur plusieurs indicateurs du réchauffement climatique”. Pour la NASA, les mesures satellites et les observations au sol de la première moitié de cette année confirment que c’est la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne de 1,3°C au-dessus de la moyenne du 19e siècle. De son côté, la NOAA relève que les températures moyennes dépassent de 1,05°C la moyenne enregistrée au 20e siècle, “battant le record précédent de 0,20°C. Celui-ci avait été obtenu en 2015, battant celui de 2014, lui-même celui de 2010”. Dans ces conditions l’objectif fixé lors la CoP21 de Paris, qui consiste à limiter le réchauffement climatique “bien en-deçà de 2°C et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C” par rapport à la période préindustrielle, apparaît, de plus en plus, hors de portée de l’humanité. Concomitamment les concentrations atmosphériques de CO2 atteignent de nouveaux sommets en 2016. Elles ont franchi le cap des 400 ppm (partie par million). Juin 2016 enregistre une concentration proche de 407 ppm, 4 ppm de plus que juin 2015. “Dans tous les cas, les teneurs actuelles en CO2 sont inégalées depuis au moins 800 000 ans, les teneurs en CO2 ayant varié entre 180 ppm et 280 ppm selon que la Terre se trouvait dans une période glaciaire ou interglaciaire.”

Que révèle l’échec de la CoP22 ?
On savait qu'il n'y aurait pas de décision spectaculaire ni d'avancée brutale lors de cette CoP22, mais le renvoi de l’ensemble des questions à 2017, voire 2018 en Pologne, est peu rassurant (et si Donald Trump n’était que le “cache-sexe” de l’échec ? Liberté du 14/11/2016). Déjà, limiter le réchauffement de l'atmosphère à 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle semble tout simplement infaisable, l’objectif de son maintien en dessous de 2°C s’éloigne en conséquence. C’est ainsi que les pays réunis à Marrakech ne se sont pas bousculés pour accueillir le prochain sommet, la CoP23. Signe que l’engouement et l’enthousiasme autour de la CoP21 (Paris) et auxquels les médias ont prêté main-forte, faut-il le relever, sont derrière nous, selon tous les observateurs. Une solution de dernière minute a finalement été trouvée. Elle se déroulera à Bonn sous la présidence des îles Fidji tandis que la prochaine aura lieu en Pologne. Il est utile de rappeler ou de savoir que les États-Unis et la Chine, les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) du monde, n’ont jamais organisé de conférence sur le climat, tout comme la Russie ou l’Australie d’ailleurs.

L’élection de Donald Trump
Si l’élection de Donald Trump n’est pas la raison essentielle de l’absence de décisions à Marrakech – les pré-négociations n’avaient guère avancé –, elle pèsera par contre sur le devenir de l’accord de Paris lui-même. Les observateurs estiment que de toutes les promesses, jugées difficiles à tenir, du nouveau président américain, celles concernant l’énergie et l’Accord de Paris, ne représentent pas des risques importants sur la gouvernance interne.  Contrairement aux commentaires rassurants, privilégiés par la gouvernance française de la CoP21 (Ségolène Royale et Laurent Fabius en particulier) qui veulent qu’il faille à compter de l'entrée en vigueur de l'accord, trois ans pour que le nouveau président des États-Unis puisse le dénoncer, puis encore un préavis d'un an avant que la dénonciation ne prenne effet (article 28), cela peut se faire au bout d’une seule année. Et l’équipe du président Trump travaille sur cette option. Son alinéa 3 (article 28) stipule que tout pays qui viendrait à se retirer de la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) serait considéré comme non concerné par l'accord de Paris. Le site d’information français Médiapart rapporte que, selon Reuters, “cette option, qui est la plus agressive et la plus conforme aux violentes saillies de Donald Trump, semble être celle privilégiée par Trump et son équipe”. Dans cette perspective, le président n’a pas besoin de l’aval du Congrès. Cette décision, si elle venait à être prise, porterait un coup à toute l’histoire des négociations climatiques. Mais le président des USA a aussi une autre carte, puisqu’aucun dispositif contraignant n’est prévu dans l’accord : il lui suffit de revoir à la baisse les fameuses contributions décidées au niveau national (INDC) communiquées par Obama et qui sont  de 26 à 28% de réduction des émissions d'ici 2025 par rapport à 2005. Dans tous les cas, il est difficile de penser que la nouvelle administration américaine qui prendra le relais à partir du mois de janvier 2017 restera insensible au lobby climatosceptique qui a lourdement contribué au triomphe du candidat républicain.

Le prix des énergies fossiles
La chute sévère des prix des énergies fossiles ne peut pas ne pas avoir un impact sur les politiques climatiques des grands pays émetteurs. C’est simple, par rapport à 2011, les prix ont chuté de manière spectaculaire respectivement de 60% pour le charbon, 60% pour le pétrole et  40% pour le gaz (Iddri.org). Cette tendance s’inscrira dans la durée selon l’Agence internationale pour l’énergie (AIE) et le FMI (imfdirect.imf.org) pour plusieurs raisons, dont le ralentissement drastique de la croissance économique dans les grands pays émergents comme la Chine (moitié de la consommation mondiale de la houille), le marché pétrolier est plombé par une offre excédentaire, “il va commencer à se rééquilibrer à partir de 2017 avec une remontée progressive des prix qui pourraient toutefois s'envoler à moyen terme faute d'investissements suffisants pour renouveler la production. En 2017, nous observerons enfin un alignement de l'offre et de la demande, mais les stocks énormes accumulés freineront le rythme du redressement des prix”. Pour le gaz, la plupart des contrats sont indexés au pétrole, les prix devraient donc rester bas. La probable reprise vigoureuse de la production charbonnière et du gaz de schiste aux États-Unis, après le départ de l’administration Obama, ne peut qu’accentuer cette tendance au gonflement de l’offre avec ses conséquences sur les limites d’une reprise des prix. Dans ces conditions c’est les programmes des énergies renouvelables qui se trouvent contrariés à cause de leur coût de revient en comparaison d’une énergie fossile abondante et à bon marché. Nombre d’économies ne résisteront pas à soutenir (subventionner) des productions propres à des écarts exorbitants. Car, en fin de compte, pour qu’elles deviennent une solution viable et politiquement durable, les énergies renouvelables devront être progressivement intégrées sur les marchés de l’énergie à des prix déterminés par le marché de l’énergie lui-même. C’est toute la difficulté pour établir un marché du prix des externalités environnementales, le CO2 dans ce cas, qui intègre les vertus climatiques des énergies renouvelables.

À quoi faudra-t-il s’attendre ?
Si l'urgence climatique est présentée comme le plus grand défi planétaire de ce début de siècle, c’est bien les grandes puissances qui fixent les lignes rouges. En attendant, selon Planète-info,  200 millions de personnes, en moyenne, sont touchées chaque année par les catastrophes naturelles et environ 70 000 en périssent. L’intensification des catastrophes naturelles à l'échelle mondiale est un fait. Alors qu'il était enregistré un peu moins de 50 événements significatifs par an sur la période 1970-1985, depuis 1995 on en compte environ 120.


R. S.


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